CHAPITRE VIII – Qu’il faut se garder d’une trop grande familiarite

Voir note Ce chapitre traite de la vertu d'affabilité qui gouverne, dit saint Thomas, la manière d'être de l'homme avec ses semblables (IIaae-II, q. 114). Bien qu'écrit pour des religieux, ce chapitre n'en est pas moins valable dans le siècle.

I

1 Ne découvre point ton cœur à tous les hommes, nais traite tes affaires Eccli., VIII, 22 ; Prov., XXV, 9. avec un homme sage et craignant Dieu.

2 Sois rarement avec les jeunes gens et les étrangers Prov., XXV, 9. L'auteur entend bien dire : les étrangers, comme suite à la citation des Prov., XXV, 9 du verset précédent, et non «les personnes du monde», comme on traduit souvent. .

3 Ne flatte pas les riches et ne parais point volontiers devant les grands.

4 Prends pour compagnons les humbles et les simples, les âmes ferventes et obéissantes A la volonté de Dieu ou à leur supérieur. Morigeratis signifie litt. : complaisant. . Que tes entretiens soient édifiants ! Rom., XIV, 19.

5 N’aie de familiarité avec aucune femme ; mais recommande à Dieu, en général, toutes les femmes de bien.

6 Ne souhaite la familiarité qu’avec Dieu et ses Anges, et évite le commerce des hommes.

II

7 A tous tu dois la Charité, mais la familiarité ne convient pas aaeum Saint Thomas précise (II-II, q. 25, 6, 5) que les débutants doivent éviter la société des pécheurs à cause du danger qu'ils courent d'être pervertis par eux. Seuls les «parfaits», qui ne craignent guère la corruption, sont louables d'entretenir des relations avec les pécheurs, en vue de les convertir. .

8 Il arrive parfois qu’une personne inconnue s’auréole d’une bonne réputation tandis que, présente, elle blesse les yeux de ceux qui l’observent.

9 Quelquefois nous supposons plaire aux autres par notre fréquentation : c’est alors, surtout, que nous commençons à leur déplaire, par suite des défauts qu’ils remarquent en notre conduite.