CHAPITRE VII – Qu’il faut fuir le vain espoir et la vaine gloire

Voir note Saint Augustin appelle cupidité cet espoir des choses vaines, c'est-à-dire vides, creuses.

I

1 Qu’il est vain celui qui met son espoir dans les hommes ou dans les créatures !

2 N’aie point honte de servir les autres pour l’amour de Jésus-Christ, ni de paraître pauvre en ce monde.

3 Ne t’appuie point sur toi-même, mais établis en Dieu ton espérance.

4 Fais selon tes forces et Dieu secondera ta bonne volonté.

5 Ne te fie point à ton savoir ni à l’habileté d’âme qui-vive, mais plutôt à la grâce de Dieu, qui aide les humbles et humilie les présomptueux Jac., IV, 6 ; Judith, VI, 15. .

II

6 Ne te glorifie pas dans les richesses si tu en es favorisé, ni dans tes amis, si puissants soient-ils. Mais glorifie-toi en Dieu Jer., IX, 23 ; I Cor., I, 3. qui donne tout, et désire se donner Lui-même par-dessus tout.

7 Ne te vante point de la taille ou de la beauté de ton corps, qu’une légère infirmité altère et flétrit.

8 Ne te complais point en ton habileté ou en ton talent pour ne pas déplaire à Dieu ; de Lui provient tout ce que tu as reçu de bon, par nature.

III

9 Ne t’estime point meilleur que les autres, de peur de passer pour pire devant Dieu qui sait ce qu’il y a dans l’homme Joan, II, 25. .

10 Ne t’enorgueillis pas des bonnes œuvres, car les jugements de Dieu sont autres que ceux des hommes ; souvent ce qui Lui déplaît plaît aux hommes.

11 S’il y a en toi quelque bien, crois, afin de conserver l’humilité, qu’il y en a davantage en autrui.

12 Te placer au-dessous de tous ne te nuira point, mais te mettre en avant d’un seul te nuira grandement.

13 L’humble demeure en une inaltérable paix, par contre la jalousie et la colère Il s'agit ici de la passion de l'espoir appartenant à la puissance irascible – donc commune à l'homme et aux animaux – et non de l'espérance, vertu théologale (cf. Iaae-II°, q. 40). sont fréquentes dans le cœur de l’orgueilleux.