CHAPITRE XVI – Qu’il faut supporter les defauts d’autrui
I
1 L’homme doit supporter avec patience, jusqu’à ce que Dieu en dispose autrement, ce qu’il n’a pas la force de corriger chez lui-même et chez les autres.
2 Pense que peut-être cela vaut beaucoup mieux pour éprouver ta patience, sans laquelle tes mérites ne pèseraient pas beaucoup.
3 Tu dois cependant supplier Dieu qu’il daigne te soutenir en de tels empêchements, afin que tu puisses les supporter de bon cœur.
II
4 Si, après un ou deux avertissements, quelqu’un ne se rend point, ne conteste pas avec lui. Confie le tout à Dieu, afin que Sa volonté et Son honneur s’accomplissent en tous Ses serviteurs, Lui qui sait parfaitement convertir les maux en bien II Timoth., II, 14 ; Gen., I, 20. .
5 Apprends à supporter avec patience les défauts d’autrui et ses faiblesses quelles qu’elles soient, car toi aussi tu en as beaucoup que les autres doivent tolérer.
6 Si tu ne parviens pas à devenir tel que tu voudrais, comment pourrais-tu obtenir le prochain selon ton gré ?
7 Nous tenons volontiers les autres pour parfaits et cependant nous ne corrigeons pas nos propres défauts.
III
8 Nous voulons que les autres soient rigoureusement corrigés, et nousmêmes n’acceptons pas la correction.
9 Les larges permissions accordées aux autres nous déplaisent et cependant nous-mêmes n’aimons pas qu’on nous refuse ce que nous demandons.
10 Nous voulons garrotter les autres par des règlements et nous-mêmes ne souffrons pas d’être contenus plus étroitement.
11 Il apparaît ainsi combien rarement nous pensons à notre prochain comme à nous-mêmes.
12 Si tous étaient parfaits, qu’aurions-nous souffrir pour Dieu de la part d’autrui ?
IV
13 A présent, Dieu en a ainsi disposé afin de nous apprendre à porter les fardeaux les uns des autres. Car personne n’est sans défaut, personne sans fardeau, personne ne se suffit et n’a assez de sagesse à lui seul ; mais nous devons nous supporter mutuellement, nous consoler mutuellement Gal., VI, 2 ; Eccli., XI, 26 ; Prov., III, 7 ; Colos., III, 13 ; Thess., V, 11. , et également nous aider, nous instruire, nous avertir.
14 A l’occasion de quelque contrariété se découvre mieux jusqu’où est allée la vertu de chacun.
15 Car les occasions ne rendent pas l’homme fragile, mais elles le montrent tel qu’il est.