CHAPITRE VI

Voyage de Rome

Trois jours après le voyage de Bayeux, je devais en faire un beaucoup plus long: celui de la Ville éternelle. Ce dernier voyage m’a montré le néant de tout ce qui passe. Cependant j’ai vu de splendides monuments, j’ai contemplé toutes les merveilles de l’art et de la religion; surtout, j’ai foulé la même terre que les saints Apôtres, la terre arrosée du sang des Martyrs, et mon âme s’est agrandie au contact des choses saintes.

Je suis bien heureuse d’être allée à Rome; mais je comprends les personnes qui supposaient ce voyage entrepris par mon père dans le but de changer mes idées de vie religieuse. Il y avait certainement de quoi ébranler une vocation mal affermie.

Nous nous trouvâmes d’abord, ma sœur et moi, au milieu du grand monde qui composait presque exclusivement le pèlerinage. Ah! bien loin de nous éblouir, tous ces titres de noblesse ne nous parurent qu’une vaine fumée. J’ai compris cette parole de l’Imitation: « Imit., l. III, c. XXIV, 2. Ne poursuivez pas cette ombre que l’on appelle un grand nom.» J’ai compris que la vraie grandeur ne se trouve point dans le nom, mais dans l’âme.

Le Prophète nous dit que Is., LXV, 15. le Seigneur donnera UN AUTRE NOM à ses élus; et nous lisons dans saint Jean: «Le vainqueur recevra une pierre blanche, sur laquelle est écrit un NOM NOUVEAU que nul ne connaît, hors celui qui le reçoit Apoc., II, 17. ». C’est donc au ciel que nous saurons nos titres de noblesse. Alors chacun recevra de Dieu la louange qu’il mérite I Cor., IV, 5. , et celui qui, sur la terre, aura choisi d’être le plus pauvre, le plus inconnu pour l’amour de Notre-Seigneur, celui-là sera le premier, le plus noble et le plus riche.

La seconde expérience que j’ai faite regarde les prêtres. Jusque-là, je ne pouvais comprendre le but principal de la réforme du Carmel; prier pour les pécheurs me ravissait, mais prier pour les prêtres dont les âmes me semblaient plus pures que le cristal, cela me paraissait étonnant! Ah! j’ai compris ma vocation en Italie. Ce n’était pas aller chercher trop loin une aussi utile connaissance.

Pendant un mois, j’ai rencontré beaucoup de saints prêtres; et j’ai vu que, si leur sublime dignité les élève au-dessus des Anges, ils n’en sont pas moins des hommes faibles et fragiles. Donc, si de saints prêtres, que Jésus appelle dans l’Evangile: le sel de la terre, montrent qu’ils ont besoin de prières, que faut-il penser de ceux qui sont tièdes? Jésus n’a-t-il pas dit encore: « Matt., V, 13. Si le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on? »

O ma Mère, qu’elle est belle notre vocation! C’est à nous, c’est au Carmel de conserver le sel de la terre! Nous offrons nos prières et nos sacrifices pour les apôtres du Seigneur; nous devons être nous-mêmes leurs apôtres, tandis que, par leurs paroles et leurs exemples, ils évangélisent les âmes de nos frères. Quelle noble mission est la nôtre! Mais je dois en rester là, je sens que, sur ce sujet, ma plume ne s’arrêterait jamais…

Je vais, ma Mère chérie, vous raconter mon voyage avec quelques détails:

Le 4 novembre, à trois heures du matin, nous traversions la ville de Lisieux encore ensevelie dans les ombres de la nuit. Bien des impressions passèrent en mon âme: je me sentais aller vers l’inconnu, je savais que de grandes choses m’attendaient là-bas!

Arrivés à Paris, mon père nous en fit visiter toutes les merveilles; pour moi, je n’en trouvai qu’une seule: Notre-Dame des Victoires. Ce que j’éprouvai dans son sanctuaire, je ne pourrais le dire. Les grâces qu’elle m’accorda ressemblaient à celles de ma première Communion: j’étais remplie de paix et de bonheur… C’est là que ma Mère, la Vierge Marie, me dit clairement que c’était bien elle qui m’avait souri et m’avait guérie. Avec quelle ferveur je la suppliai de me garder toujours et de réaliser mon rêve, en me cachant à l’ombre de son manteau virginal! Je lui demandai encore d’éloigner de moi toutes les occasions de péché.

Je n’ignorais pas que, pendant mon voyage, il se rencontrerait bien des choses capables de me troubler; n’ayant aucune connaissance du mal, je craignais de le découvrir. Je n’avais pas expérimenté que Tit., I, 15. tout est pur pour les purs, que l’âme simple et droite ne voit de mal à rien, puisque le mal n’existe que dans les cœurs impurs, et non dans les objets insensibles. Je priai aussi saint Joseph de veiller sur moi; depuis mon enfance, ma dévotion pour lui se confondait avec mon amour pour la très sainte Vierge. Chaque jour, je récitais la prière: «O saint Joseph, père et protecteur des vierges…» Il me semblait donc être bien protégée et tout à fait à l’abri du danger.

Après notre consécration au Sacré-Cœur, dans la basilique de Montmartre, nous partîmes de Paris, le 7 novembre. Comme il s’agissait de mettre chaque compartiment de wagon sous le vocable d’un saint, il était convenu de décerner cet honneur à l’un des prêtres qui habitaient ce compartiment: soit en adoptant son patron ou celui de sa paroisse.

Et voici qu’en présence de tous les pèlerins, nous entendîmes appeler le nôtre: Saint Martin. Mon père, très sensible à cette délicatesse, alla remercier immédiatement Mgr Legoux, grand Vicaire de Coutances et directeur du pèlerinage. Depuis, plusieurs personnes ne l’appelaient pas autrement que monsieur Saint Martin.

M. l’abbé Révérony examinait soigneusement toutes mes actions; je l’apercevais de loin qui m’observait. A table, lorsque je n’étais pas en face de lui, il trouvait moyen de se pencher pour me voir et m’entendre. Je pense qu’il dut être satisfait de son examen; car, à la fin du voyage, il parut bien disposé en ma faveur. Je dis, à la fin, parce qu’à Rome il fut loin de me servir d’avocat, comme je le dirai bientôt.—Néanmoins, je ne voudrais pas faire croire qu’il voulût me tromper, en n’agissant plus d’après les bonnes intentions manifestées à Bayeux. Je suis persuadée, au contraire, qu’il resta toujours pour moi rempli de bienveillance; s’il contraria mes désirs, ce fut uniquement pour m’éprouver.

Avant d’atteindre le but de notre pèlerinage, nous traversâmes la Suisse avec ses hautes montagnes dont le sommet neigeux se perd dans les nuages, ses cascades, ses vallées profondes remplies de fougères gigantesques et de bruyères roses.

Ma Mère bien-aimée, que ces beautés de la nature, répandues ainsi à profusion, ont fait de bien à mon âme! Comme elles l’ont élevée vers Celui qui s’est plu à jeter de pareils chefs-d’œuvre sur une terre d’exil qui ne doit durer qu’un jour!

Parfois nous étions emportés jusqu’au sommet des montagnes: à nos pieds, des précipices dont le regard ne pouvait sonder la profondeur, semblaient vouloir nous engloutir. Plus loin, nous traversions un village charmant avec ses chalets et son gracieux clocher, au-dessus duquel se balançaient mollement de légers nuages. Ici, c’était un vaste lac aux flots calmes et purs, dont la teinte azurée se mêlait aux feux du couchant.

Comment dire mes impressions devant ce spectacle si poétique et si grandiose? Je pressentais les merveilles du ciel… La vie religieuse m’apparaissait telle qu’elle est, avec ses assujettissements, ses petits sacrifices quotidiens accomplis dans l’ombre. Je comprenais combien alors il devient facile de se replier sur soi-même, d’oublier le but sublime de sa vocation; et je me disais: «Plus tard, à l’heure de l’épreuve, lorsque, prisonnière au Carmel, je ne pourrai voir qu’un petit coin du ciel, je me souviendrai d’aujourd’hui; ce tableau me donnera du courage. Je ne ferai plus cas de mes petits intérêts en pensant à la grandeur, à la puissance de Dieu; je l’aimerai uniquement et n’aurai pas le malheur de m’attacher à des pailles, maintenant que mon cœur entrevoit ce qu’il réserve à ceux qui l’aiment.»

Après avoir contemplé les œuvres de Dieu, je pus admirer aussi celles de ses créatures. La première ville d’Italie que nous visitâmes fut Milan. Sa cathédrale en marbre blanc, avec ses statues assez nombreuses pour former un peuple, devint pour nous l’objet d’une étude particulière.

Laissant les dames timides se cacher le visage dans leurs mains, après avoir gravi les premiers degrés de l’édifice, nous suivîmes, Céline et moi, les pèlerins les plus hardis, et atteignîmes le dernier clocheton, ayant ensuite le plaisir de voir à nos pieds la ville de Milan tout entière, dont les habitants ressemblaient à de petites fourmis. Descendues de notre piédestal, nous commençâmes nos promenades en voiture qui devaient durer un mois, et me rassasier pour toujours du désir de rouler sans fatigue.

Le Campo Santo nous ravit. Ses statues de marbre blanc, qu’un ciseau de génie semble avoir animées, sont semées sur le vaste champ des morts, avec une sorte de négligence qui ne manque point de charme. On serait presque tenté de consoler les personnages allégoriques qui vous entourent. Leur expression est si vraie de douleur calme et chrétienne! Et quels chefs-d’œuvre! Ici, c’est un enfant qui jette des fleurs sur la tombe de son père; on oublie la pesanteur du marbre: les pétales délicats semblent glisser entre ses doigts. Ailleurs, le voile léger des veuves et les rubans dont sont ornés les cheveux des jeunes filles paraissent flotter au gré du vent.

Nous ne trouvions pas de paroles pour exprimer notre admiration; lorsqu’un vieux monsieur français, qui nous suivait partout, regrettant sans doute de ne pouvoir partager nos sentiments, dit avec mauvaise humeur: «Ah! que les Français sont donc enthousiastes!» Je crois que ce pauvre monsieur aurait mieux fait de rester chez lui. Loin d’être heureux de son voyage, toujours des plaintes sortaient de sa bouche: il était mécontent des villes, des hôtels, des personnes, de tout.

Souvent, mon père, qui se trouvait bien n’importe où,—étant d’un caractère diamétralement opposé à celui de son désobligeant voisin—essayait de le réjouir, lui offrait sa place en voiture et ailleurs, lui montrait, avec sa grandeur d’âme habituelle, le bon côté des choses; rien ne le déridait! Que nous avons vu de personnages différents! Quelle intéressante étude que celle du monde, quand on est à la veille de le quitter!

A Venise, la scène changea complètement. Au lieu du tumulte des grandes cités, on n’entend, au milieu du silence, que les cris des gondoliers et le murmure de l’onde agitée par les rames. Cette ville a bien ses charmes, mais elle est triste. Le palais des doges avec toutes ses splendeurs est triste lui-même. Depuis longtemps, l’écho de ses voûtes sonores ne répète plus la voix des gouverneurs, prononçant des arrêts de vie ou de mort dans les salles que nous avons traversées. Ils ont cessé de souffrir, les malheureux condamnés, enterrés vivants dans les oubliettes obscures.

En visitant ces affreuses prisons, je me croyais au temps des martyrs. Cet asile ténébreux, je l’aurais avec joie choisi pour demeure, s’il se fût agi de confesser ma foi; mais bientôt la voix du guide me tira de ma rêverie, et je passai sur le pont des soupirs, ainsi appelé à cause des soupirs de soulagement des pauvres prisonniers, en se voyant délivrés de l’horreur des souterrains auxquels ils préféraient la mort.

Après avoir dit adieu à Venise, nous vénérâmes à Padoue la langue de saint Antoine; puis, à Bologne, le corps de sainte Catherine, dont le visage conserve l’empreinte du baiser de l’Enfant Jésus.

Je me vis avec bonheur sur la route de Lorette. Que la sainte Vierge a bien choisi cet endroit pour y déposer sa Maison bénie! Là, tout est pauvre, simple et primitif: les femmes ont conservé le gracieux costume italien, et n’ont pas, comme celles des autres villes, adopté la mode de Paris. Enfin, Lorette m’a charmée.

Que dirai-je de la sainte Maison? Mon émotion fut bien profonde en me trouvant sous le même toit que la sainte Famille, en contemplant les murs sur lesquels Notre-Seigneur avait fixé ses yeux divins, en foulant la terre que saint Joseph avait arrosée de ses sueurs, où Marie avait porté Jésus dans ses bras, après l’avoir porté dans son sein virginal. J’ai vu la petite chambre de l’Annonciation. J’ai déposé mon chapelet dans l’écuelle de l’Enfant Jésus. Que ces souvenirs sont ravissants!

Mais notre plus grande consolation fut de recevoir Jésus dans sa maison et de devenir ainsi son temple vivant, au lieu même qu’il avait honoré de sa divine présence. Suivant l’usage romain, la sainte Eucharistie ne se conserve dans chaque église que sur un autel; et, là seulement, les prêtres la distribuent aux fidèles. A Lorette, cet autel se trouve dans la basilique où la sainte Maison est renfermée, comme un diamant précieux, en un écrin de marbre blanc. Cela ne fit pas notre affaire. C’était dans le diamant, et non dans l’écrin, que nous voulions recevoir le Pain des Anges. Mon père, avec sa douceur ordinaire, suivit les pèlerins, tandis que ses filles moins soumises se dirigeaient vers la santa Casa.

Par un privilège spécial, un prêtre se disposait à y célébrer sa messe; nous lui confiâmes notre désir. Immédiatement, ce prêtre dévoué demanda deux petites hosties qu’il plaça sur sa patène, et vous devinez, ma Mère, le bonheur ineffable de cette communion! Les paroles sont impuissantes à le traduire. Que sera-ce donc quand nous communierons éternellement dans la demeure du Roi des cieux? Alors nous ne verrons plus finir notre joie, il n’y aura plus pour l’assombrir la tristesse du départ, il ne sera pas nécessaire de gratter furtivement, comme nous l’avons fait, les murs sanctifiés par la présence divine; puisque sa maison sera la nôtre pendant tous les siècles.

Il ne veut pas nous donner celle de la terre, il se contente de nous la montrer, pour nous faire aimer la pauvreté et la vie cachée; celle qu’il nous réserve est son palais de gloire, où nous ne le verrons plus voilé sous l’apparence d’un enfant ou d’un peu de pain, mais tel qu’il est dans l’éclat de sa splendeur infinie!

Maintenant, c’est de Rome que je vais parler: de Rome, où je croyais rencontrer la consolation; où, hélas! je trouvai la croix! A notre arrivée, il faisait nuit; et, m’étant endormie dans le wagon, je fus réveillée au cri des employés de la gare, répété avec enthousiasme par les pèlerins: Roma! Roma! Ce n’était pas un rêve, j’étais à Rome!

Notre première journée, peut-être la plus délicieuse, se passa hors les murs. Là, tous les monuments ont conservé leur antique cachet; tandis qu’au centre de Rome, devant les hôtels et les magasins, on pourrait se croire à Paris.

Cette promenade dans les campagnes romaines m’a laissé un souvenir particulièrement embaumé. Comment pourrais-je traduire l’impression qui me fit tressaillir devant le Colysée? Je la voyais donc enfin cette arène, où tant de martyrs avaient versé leur sang pour Jésus! Déjà je m’apprêtais à baiser la terre sanctifiée par leurs combats glorieux. Mais quelle déception! Le sol ayant été exhaussé, la véritable arène est ensevelie à huit mètres environ de profondeur. Par suite des fouilles, le centre n’est qu’un amas de décombres; une barrière infranchissable en défend l’entrée. D’ailleurs, personne n’ose pénétrer au sein de ces ruines dangereuses.

Fallait-il être venue à Rome sans descendre au Colysée?—Non, c’était impossible! Je n’écoutais plus déjà les explications du guide; une seule pensée m’occupait: descendre dans l’arène!

Il est dit dans le saint Evangile, que Madeleine restant toujours auprès du Tombeau, et se baissant à plusieurs reprises pour regarder à l’intérieur, finit par voir deux anges. Comme elle, continuant de me baisser, je vis, non pas deux anges, mais ce que je cherchais; et, poussant un cri de joie, je dis à ma sœur: «Viens! suis-moi, nous allons pouvoir passer!» Aussitôt nous nous élançons, escaladant les ruines qui croulaient sous nos pas; tandis que mon père, étonné de notre audace, nous appelait de loin. Mais nous n’entendions plus rien.

De même que les guerriers sentent leur courage augmenter au milieu du péril, ainsi notre joie grandissait en proportion de notre fatigue et du danger que nous affrontions pour atteindre le but de nos désirs.

Céline, plus prévoyante que moi, avait écouté le guide. Se rappelant qu’il venait de signaler un certain petit pavé croisé, comme étant l’endroit où combattaient les martyrs, elle se mit à le chercher. L’ayant trouvé bientôt, et nous étant agenouillées sur cette terre bénie, nos âmes se confondirent en une même prière… Mon cœur battait bien fort lorsque j’approchai mes lèvres de la poussière empourprée du sang des premiers chrétiens. Je demandai la grâce d’être aussi martyre pour Jésus, et je sentis au fond de mon âme que j’étais exaucée.

Tout ceci dura très peu de temps. Après avoir ramassé quelques pierres, nous nous dirigeâmes vers les murs pour recommencer notre périlleuse entreprise. Mon père nous voyant si heureuses ne put nous gronder; je m’aperçus même qu’il était fier de notre courage.

Après le Colysée, nous visitâmes les Catacombes. Là, Céline et Thérèse trouvèrent le moyen de se coucher ensemble jusqu’au fond de l’ancien tombeau de sainte Cécile, et prirent de la terre sanctifiée par ses reliques bénies.

Avant ce voyage, je n’avais pour cette sainte aucune dévotion particulière; mais en visitant sa maison, le lieu de son martyre, en l’entendant proclamer «reine de l’harmonie», à cause du chant virginal qu’elle fit entendre au fond de son cœur à son Epoux céleste, je sentis pour elle plus que de la dévotion: une véritable tendresse d’amie. Elle devint ma sainte de prédilection, ma confidente intime. Ce qui surtout me ravissait en elle, c’étaient son abandon, sa confiance illimitée, qui l’ont rendue capable de virginiser des âmes n’ayant jamais désiré que les joies de la vie présente. Sainte

Cécile est semblable à l’épouse des Cantiques. En elle, je vois Cant., VII, 1. un chœur dans un camp d’armée. Sa vie n’a été qu’un chant mélodieux au milieu même des plus grandes épreuves; et cela ne m’étonne pas, puisque l’Evangile sacré reposait sur son cœur Office de sainte Cécile. , et que dans son cœur reposait l’Epoux des vierges.

La visite à l’église de Sainte-Agnès me fut aussi bien douce. Là, je retrouvais une amie d’enfance. J’essayai, mais sans succès, d’obtenir une de ses reliques afin de la rapporter à ma petite mère Agnès de Jésus. Les hommes me refusant, le bon Dieu se mit de la partie: une petite pierre de marbre rouge, se détachant d’une riche mosaïque dont l’origine remonte au temps de la douce martyre, vint tomber à mes pieds. N’était-ce pas charmant? Sainte Agnès me donnait elle-même un souvenir de sa maison!