De l’état d’oraison où Dieu suspend l’âme dans le ravissement, ou l’extase, ou le rapt, qui sont, à son avis, une seule et même chose. Du grand courage qui lui est nécessaire pour recevoir de hautes faveurs de Sa Majesté.

Quel repos peut goûter la pauvre petite colombe au milieu de ces peines, et d’autres encore ? Toutes ces peines allument en elle un plus ardent désir de posséder son Époux. Le divin Maître, qui connaît notre faiblesse, se sert de ce moyen et de plusieurs autres pour fortifier cette âme, afin qu’elle ait le courage de s’unir à un Souverain tel que lui, et de le prendre pour Époux.

Vous rirez peut-être de m’entendre ici parler de courage, et il vous semblera qu’il n’est nullement nécessaire à cette âme, attendu qu’il n’y a point de femme, de si basse condition qu’elle soit, qui n’en ait assez pour épouser un roi. Cela est vrai à l’égard des princes de la terre, mais non pas à l’égard de ce Roi du ciel. Il y a tant de disproportion entre sa grandeur infinie et notre extrême bassesse, qu’il faut, pour surmonter l’effroi qu’on éprouve plus, de courage que vous ne pensez ; et il nous serait impossible de l’avoir, si lui-même ne nous le donnait. Aussi, que fait-il pour conclure ce céleste mariage ? Il met l’âme dans des ravissements qui la dégagent des sens, parce qu’elle ne pourrait, en leur demeurant unie, se voir si proche de cette suprême Majesté sans entrer dans une frayeur qui lui coûterait peut-être la vie. Je parle ici de véritables ravissements ; et non de ces prétendus ravissements ou extases qui ne sont que des imaginations et des effets de la faiblesse de notre sexe, qui est telle qu’une seule oraison de quiétude est capable, comme je crois l’avoir dit, de mettre quelques-unes de ces âmes dans l’agonie.

Comme j’ai communiqué avec plusieurs personnes spirituelles, je veux rapporter ici ce que j’ai appris des différentes sortes de ravissements. Je ne sais si j’y réussirai comme je l’ai fait ailleurs. Si je répète ici ce que j’ai dit sur certains sujets, c’est, entre autres raisons, pour mettre sous les yeux l’ensemble et la suite des grâces que Dieu accorde dans les diverses demeures de ce château.

L’une de ces sortes de ravissements arrive sans même que l’âme soit en oraison : une parole de Dieu qu’elle entend, ou qui revient à son souvenir, la touche d’une manière si vive, qu’elle est ravie hors d’elle-même. Il semble que Notre Seigneur, ayant compassion de ce qu’elle souffre depuis si longtemps par le désir de le posséder, fait naître du plus profond de son intérieur cette étincelle dont j’ai parlé plus haut, qui l’embrase de telle façon, qu’elle se renouvelle comme un phénix au milieu des flammes : elle peut croire pieusement que ses offenses lui sont pardonnées ; bien entendu qu’auparavant elle a satisfait à tout ce qu’ordonne l’Église pour se purifier de ses taches, et se trouve ainsi disposée à recevoir une telle grâce. Lorsque l’âme est en cet état, Notre Seigneur l’unit à lui d’une manière ineffable. Seuls, Notre Seigneur et l’âme ont le secret de cette union ; encore l’âme ne l’entend pas de telle sorte qu’elle puisse ensuite l’expliquer, quoiqu’elle la connaisse par un sentiment intérieur ; car ceci n’est pas comme un évanouissement dans lequel on est privé de toute connaissance, tant intérieure qu’extérieure.

Ce que j’ai remarqué en cette sorte de ravissement, c’est que l’âme n’a jamais plus de lumière qu’alors pour comprendre les choses de Dieu. Si l’on me demande comment il peut se faire que toutes nos puissances et tous nos sens étant tellement suspendus qu’ils sont comme morts, nous entendions et comprenions quelque chose, je réponds que c’est un secret que nulle créature peut-être n’entend, et que Dieu s’est réservé ainsi que tant d’autres qui se passent dans cette sixième demeure et dans la septième. J’aurais pu joindre ensemble ces deux dernières demeures, parce que, pour aller de l’une à l’autre, l’âme ne rencontre point de porte fermée ; mais comme il y a des choses dans la dernière qui ne sont connues que de ceux qui y sont entrés, j’ai jugé à propos de les diviser.

Quand l’âme est dans cette extase, Notre Seigneur lui fait la grâce de lui découvrir quelques secrets des choses célestes, et de lui donner des visions imaginaires qu’elle peut rapporter, et qui demeurent tellement gravées dans sa mémoire qu’elle ne saurait jamais les oublier. Le divin Maître lui accorde aussi des visions intellectuelles, dont quelques-unes sont si élevées, que l’âme manque de termes pour les exprimer, Dieu le permettant sans doute ainsi, parce qu’il ne convient pas que les créatures qui sont encore sur la terre, en aient connaissance ; quant à la plupart des autres, elle les peut rapporter quand elle est revenue du ravissement. Comme il peut se faire, mes sœurs, que ces visions, et particulièrement les intellectuelles, ne soient pas connues de quelques-unes d’entre vous, j’en parlerai en son lieu, attendu que mes supérieurs m’ont ordonné de le faire. Il paraîtra peut-être déplacé que je m’occupe d’un tel sujet, mais ce ne sera pas, je l’espère, sans utilité pour quelques âmes.

Mais, direz-vous, si l’âme ne peut dans la suite rendre compte de ces faveurs si sublimes dont je viens de parler, quel avantage en retire-t-elle ? Ô mes filles, il est si grand que l’on ne saurait assez l’estimer ; car bien que ces visions ne puissent se rapporter, elles demeurent tellement gravées dans le fond de l’âme, qu’elles ne s’en effacent jamais. Mais comment peut-on s’en souvenir, puisqu’elles n’ont aucune image qui les représente, et que les puissances de l’âme n’en ont point l’intelligence ? C’est là encore une chose que je ne comprends pas. Je sais seulement qu’elles impriment si profondément dans l’âme certaines vérités fur la grandeur de Dieu, que quand la foi n’existerait pas pour lui dire qui il est, et lui imposer la loi de le reconnaître pour son Dieu, dès ce moment elle l’adorerait en cette qualité, comme le fit Jacob après la vision de l’échelle mystérieuse. Ce patriarche connut alors des secrets qu’il ne fut pas ensuite en son pouvoir de déclarer ; s’il n’eût vu que des anges monter ou descendre, et s’il n’eût pas été en même temps éclairé d’une lumière intérieure, il n’eût pas compris les grands mystères qui lui étaient montrés dans cette vision. Je ne sais si je m’explique bien, et si je rapporte fidèlement ce que j’ai entendu dire sur ce sujet. Moïse ne put non plus dire tout ce qu’il avait vu dans le buisson, il dit seulement ce que Dieu lui permit d’en rapporter. Si Dieu, par les merveilles qu’il révélait alors à son âme, ne lui eût donné la claire vue et la certitude qu’il lui parlait, Moïse n’aurait jamais osé s’engager dans tant de périls et de travaux ; il dut donc voir, au milieu des épines de ce buisson, tant et de si grandes choses, qu’il se sentit assez de courage pour entreprendre de délivrer son peuple. Vous voyez par-là, mes sœurs, qu’il ne nous appartient pas de pénétrer les secrets de Dieu, ni de chercher des raisons qui nous en donnent l’intelligence. Croyons, comme nous y sommes obligées, qu’il est tout-puissant, et que des vers de terre tels que nous sommes ne doivent pas prétendre à connaître ses infinies grandeurs ; et ne cessons de le bénir de ce que, dans sa bonté, il daigne nous donner la connaissance de quelques-unes.

Je souhaiterais pouvoir tant soit peu expliquer, à l’aide d’une comparaison, ce qui se passe dans le ravissement dont je traite, mais je ne crois pas qu’il y en ait qui puisse bien l’exprimer. Je me servirai de celle-ci, faute d’autre. Représentez-vous, dans le palais d’un roi ou d’un grand seigneur, une de ces salles magnifiques qui renferment des cristaux, des vases de toute espèce, et une infinité d’autres objets rares et précieux, disposés de telle manière qu’on les voit presque tous en entrant. J’ai eu une fois ce spectacle sous les yeux : c’était dans le palais de la duchesse d’Albe, où, dans un de mes voyages, mes supérieurs, sur les instantes prières de cette dame, m’obligèrent de passer deux jours. Dès l’entrée, je demeurai toute surprise ; et pensant en moi-même à quoi pouvait servir ce grand amas de curiosité, je trouvai que la beauté et la variété de tant de créatures pouvait me porter à louer le Créateur ; et maintenant j’admire comment cela me sert pour le sujet que je traite. Je restai un certain temps dans ce cabinet ; mais cette grande multitude d’objets si différents fit qu’à peine sortie j’oubliai tout ce qui avait frappé mes yeux, et il ne m’en resta qu’un souvenir général et confus.

Voilà une faible idée de ce qui se passe dans le ravissement dont je parle. Lorsque dans ces deux dernières demeures Dieu est dans une âme comme dans le ciel empyrée, et tellement uni à elle qu’elle n’est plus qu’une même chose avec lui, cette âme est ravie hors d’elle-même, et se trouve si abîmée dans la joie de le posséder, qu’elle est incapable de comprendre les secrets qu’il expose à sa vue. Mais lorsqu’il lui plaît quelquefois de la tirer de l’ivresse de cette extase pour lui faire voir comme en un clin d’œil les merveilles de ce cabinet céleste, elle se souvient, après être entièrement revenue à elle, qu’elle les a vues. Elle ne saurait néanmoins rien dire en particulier de chacune d’elles, attendu que, par sa nature, elle ne peut rien comprendre au-delà de ce que Dieu a voulu, par une manière surnaturelle, lui faire voir de surnaturel. D’après cette manière de m’exprimer, il semblerait que l’âme voit quelque chose par vision imaginaire ; cependant ce n’est point cela que je veux dire, je ne parle ici que de vision intellectuelle. Mais non ignorance et mon peu d’esprit font que je ne puis rien dire comme il le faudrait ; et si j’ai rencontré juste dans ce que j’ai dit sur ce ravissement, il m’est bien démontré que cela ne vient pas de moi.

Pour moi, je suis persuadée que si l’âme, dans les ravissements qu’elle croit avoir, n’entend point de ces secrets du ciel, ce ne sont point des ravissements véritables, mais des effets de la faible complexion des femmes, qui, après avoir fait de grands efforts d’esprit, tombent dans une défaillance qui suspend l’usage de leurs sens, ainsi que je l’ai dit dans l’oraison de quiétude. Or, cela n’a rien de commun avec un véritable ravissement ; car lorsque c’en est un, je tiens pour certain que Notre Seigneur attire toute l’âme à lui, et que, la traitant comme son épouse, il lui fait voir une petite partie du royaume qu’il a acquis ; et pour peu qu’un Dieu si grand se révèle à l’âme, elle voit d’admirables choses. Or, comme il veut que rien alors ne détourne l’âme de jouir du bonheur de sa présence, il fait fermer à ses sens et à ses puissances toutes les portes de ces demeures, et ne laisse ouverte que celle par où elle est entrée pour aller à lui. Qu’il soit loué à jamais d’un tel excès de miséricorde, et que malheureux sont ceux qui, pour ne pas vouloir en profiter, rendent inutile l’amour qu’un si bon Maître leur témoigne !

Ô mes sœurs, combien peu considérable est tout ce que nous avons quitté en renonçant au monde, et tout ce que nous faisons et pouvons faire pour un Dieu qui veut bien ainsi se communiquer à de petits vers de terre comme nous ! Or, puisqu’il nous est permis d’espérer même dès cette vie de jouir d’un aussi grand bonheur, que faisons-nous ? à quoi nous arrêtons-nous ? qui peut nous empêcher un seul moment de chercher par les rues et les places publiques notre divin Époux, à l’exemple de l’épouse des Cantiques ? Oh ! que tout ce qui est sur la terre est inutile, s’il ne nous sert à acquérir un si grand bien ! Et quand nous pourrions posséder à jamais tous les plaisirs, toutes les richesses, toutes les joies imaginables du monde, que tout cela est vil et dégoûtant en comparaison des saints délices et des trésors de gloire dont nous jouirons pendant l’éternité ! Et ces trésors de gloire eux-mêmes ; que sont-ils, comparés au bonheur de posséder sans fin, comme nôtre, le Créateur et le Maître de tout ce qu’il y a dans le ciel et sur la terre ?

Ô aveuglement humain, jusqu’à quand obscurciras-tu nos yeux ! Sans doute, mes sœurs, cet aveuglement n’est pas tel en nous qu’il nous empêche de voir tout à fait ; j’aperçois néanmoins dans nos yeux de petits grains de sable, dont le nombre pourrait, en s’augmentant, nous nuire beaucoup. C’est pourquoi, je vous en conjure, au nom de Dieu, faisons tourner à notre profit nos fautes mêmes par une connaissance plus intime de notre misère ; et qu’elles servent à rendre notre vue plus pénétrante ; de même que la boue, entre les mains de Notre Seigneur, servit à guérir l’aveugle né. Ainsi, en nous voyant si imparfaits, redoublons d’ardeur pour supplier notre divin Époux de tirer du bien de nos misères, afin que nous puissions lui plaire en toutes choses.

J’ai fait, sans m’en apercevoir, une grande digression.

Pardonnez-le-moi, mes sœurs ; mais je n’ai pu, en traitant de ces grandes grâces de Dieu, m’empêcher de témoigner ma douleur à la vue de ce que les âmes perdent par leur faute. Il est vrai, ce sont là des faveurs insignes que Notre Seigneur fait à qui il veut ; cependant, si nous aimions cet adorable Époux comme il nous aime, il nous les accorderait à toutes ; car il ne désire rien tant que de trouver à qui donner, et ses dons ne diminuent point ses richesses, parce qu’elles sont infinies.

Je reviens à mon sujet. Quand le divin Époux veut ravir l’âme, il commande que l’on ferme les portes de ces deux dernières demeures, et même celles du château et de son enceinte. En effet, à peine entre-t-on dans le ravissement, que l’on cesse de respirer ; et si quelquefois on garde encore durant quelques moments l’usage des autres sens, on ne peut néanmoins proférer une seule parole. Mais souvent tous les sens sont suspendus à l’instant même ; un tel froid gagne les mains et tout le corps, que l’âme semble en être séparée ; parfois il est impossible de distinguer si l’on respire encore. Le ravissement, dans un si haut degré, est de courte durée ; cette grande suspension ne tarde pas à diminuer, et le corps parait alors reprendre quelque vie pour mourir de nouveau de la même manière, et rendre l’âme plus vivante qu’auparavant. Mais cette grande extase passe vite.

Souvent, après cette extase, durant le reste du jour et quelquefois durant plusieurs jours, la volonté reste comme enivrée, et l’entendement tout occupé de ce qu’il a vu : l’âme est, ce semble, incapable de s’appliquer à autre chose qu’à aimer Dieu ; et elle s’y porte avec d’autant plus d’ardeur, qu’elle n’a que du dégoût pour les créatures. Mais lorsque cette âme est entièrement revenue à elle, quelle n’est pas sa confusion de se voir si indigne d’une telle faveur ! Quels désirs n’éprouve-t-elle pas de s’employer au service de Dieu de toutes les manières qu’il lui plaira ! Car si les faveurs précédentes produisent de si grands effets, quel doit être celui d’un ravissement si sublime ! Cette âme voudrait avoir mille vies pour les sacrifier à Dieu ; elle souhaiterait que toutes les créatures fussent changées en autant de langues pour l’aider à louer Celui qu’elle aime ; elle a soif de pénitence ; mais tout ce qu’elle peut faire d’austérités lui semble peu de chose, parce que la force de son amour l’empêche en quelque sorte de les sentir. Elle voit clairement que les tourments étaient légers aux martyrs, à cause de l’assistance qu’ils recevaient de Celui pour l’amour duquel ils les enduraient. Ainsi, ces âmes se plaignent à Notre Seigneur lorsqu’il ne leur présente pas des occasions de souffrir.

Elles considèrent comme une grâce très particulière du divin Maître qu’il leur envoie ces ravissements en secret ; si cela leur arrive en présence de quelques personnes, la confusion qu’elles en éprouvent est si grande, qu’elle les arrache en quelque sorte à cette délicieuse ivresse qu’on goûte après une si haute faveur. Connaissant la malice du monde, elles craignent que ceux qui les ont vues en cet état ; au lieu de reconnaître une grâce si insigne et d’en louer le. Seigneur, n’en portent des jugements téméraires, et n’en parlent d’une manière désavantageuse.

Cette peine et cette confusion dont ces âmes ne peuvent se défendre, procèdent, en quelque sorte, d’un défaut d’humilité. En effet, si elles souhaitent d’être méprisées, pourquoi se mettre en peine de ce qu’on peut dire ? C’est ce que Notre Seigneur fit entendre à une personne qui se trouvait dans cette peine : Ne t’afflige point, lui dit-il, car ceux qui t’ont vue en cet état me donneront des louanges, ou ils en parleront à ton désavantage ; et ainsi, d’une manière ou d’une autre, tu y gagneras. J’ai su depuis que ces paroles consolèrent et encouragèrent extrêmement cette personne ; et je les rapporte ici, afin que si quelqu’une d’entre vous se voyait dans la même affliction, elle se les rappelle et en fasse son profit.

Notre Seigneur veut, ce me semble, que le monde sache que ces personnes sont à lui, et que nul autre n’a droit d’y prétendre. Pour le corps, l’honneur, les biens, il permet qu’on les attaque, parce qu’il en tirera sa gloire ; mais pour l’âme, il ne permet point qu’on y touche. Ainsi, pourvu qu’elles soient fidèles à leur divin Époux, et qu’elles n’aient pas le malheur de s’éloigner de lui, il les protégera contre toutes les puissances du monde et contre toutes les forces de l’enfer.

Je ne sais si j’ai donné quelque intelligence de ce qui regarde les ravissements. Je dis quelque intelligence ; car de la donner tout entière, c’est une chose impossible ; et si j’y ai réussi en quelque sorte, je ne croirai pas mon temps mal employé. A l’aide de ce que j’ai dit, on pourra discerner les véritables ravissements de ceux qui sont faux, et connaître la différence de leurs effets. Je dis ravissements faux, et non pas feints, parce que je suppose que ceux qui les ont, n’ont pas dessein de tromper, mais sont trompés. Comme chez eux les effets ne répondent pas à la faveur qu’ils croient avoir reçue, leurs prétendus ravissements deviennent un sujet de risée ; ce qui fait qu’ensuite on a de la peine à ajouter foi même aux ravissements véritables dont Notre Seigneur favorise les âmes. Qu’il soit loué et béni à jamais ! Ainsi soit-il.