Oh! oui. La femme était née de la “Virago” Virago est pris ici dans le sens de "égal de l'homme" et non au sens péjoratif de "qui a la manière et l'allure d'un homme". formée par Dieu pour être la compagne d’Adam, en la tirant de la côte de l’homme. Elle était née avec son destin douloureux parce qu’elle avait voulu naître. Parce qu’elle avait voulu connaître ce que Dieu lui avait caché, en se réservant la joie de lui donner la joie de la postérité sans avilir ses sens. La compagne d’Adam avait voulu connaître le bien qui se cache dans le mal et surtout le mal qui se cache dans le bien, dans le bien apparent. En effet, séduite comme elle l’était par Lucifer, elle avait désiré des connaissances que Dieu seul pouvait connaître sans danger, et elle s’était faite créatrice. Mais en usant indignement de cette force de bien, elle l’avait corrompue en en faisant un acte mauvais car il était désobéissance à Dieu et malice et avidité de la chair.
Désormais elle était la “mère”. Lamentation infinie des choses autour de l’innocence de leur reine profanée! Et lamentation désolée de la reine sur cette profanation dont elle comprend l’importance et l’impossible annulation! Si les ténèbres et des cataclysmes accompagnèrent la mort de l’Innocent, les ténèbres et la tempête accompagnèrent la mort de l’Innocence et de la Grâce dans les cœurs des Premiers Parents. La Douleur était née sur la Terre. Et la Providence de Dieu ne l’a pas voulue éternelle, en vous donnant après des années de douleur la joie de sortir de la douleur pour entrer dans la joie si vous savez vivre en âme droite.
Malheur à l’homme s’il avait dû se rendre maître humainement de la vie! Et vivre avec le souvenir de ses crimes et de leur continuel accroissement car vivre sans pécher est pour vous plus impossible que de vivre sans respirer, créatures qui aviez été créées pour connaître la Lumière et que les Ténèbres ont empoisonnées en faisant de vous ses victimes.
Les Ténèbres! Elles vous entourent continuellement. Elles vous enveloppent en réveillant ce que le Sacrement a effacé, et puisque vous ne lui opposez pas la volonté d’appartenir à Dieu, elle réussit à vous empoisonner de nouveau de son venin que le Baptême avait rendu inoffensif.
606.8 – Le Dieu Père éloigna l’homme dont étaient visibles les signes de sa désobéissance du lieu des délices paradisiaques pour qu’il ne péchât pas une autre fois et davantage encore en levant sa main avide vers l’arbre de Vie. Il ne pouvait plus se fier à ses enfants le Père, ni se sentir sûr dans son Paradis terrestre. Satan y était pénétré une fois pour tromper les créatures privilégiées et, s’il avait pu les amener à la faute quand ils étaient innocents, il aurait pu plus aisément le faire maintenant qu’ils n’étaient plus innocents.
L’homme avait voulu tout posséder sans laisser à Dieu le trésor d’être le Générateur. Qu’il s’en aille par conséquent avec la richesse qu’il avait acquise par la violence et l’amène avec lui sur la terre d’exil pour lui rappeler toujours son péché, roi avili et dépouillé de ses dons. La créature paradisiaque était devenue une créature terrestre. Et il devait se passer des siècles de douleur pour que le Seul, qui put tendre la main vers le fruit de Vie, vînt et cueillît pour toute l’Humanité ce fruit. Le cueillît avec ses mains transpercées et le donnât aux hommes pour qu’ils redevinssent cohéritiers du Ciel et possesseurs de la Vie qui éternellement ne meurt pas.
606.9 – La Genèse dit encore: “Adam connut ensuite sa femme Ève” Genèse 4,1.
Ils avaient voulu connaître les secrets du bien et du mal. Il était juste qu’ils connussent aussi maintenant la douleur de devoir se reproduire eux-mêmes dans la chair, n’ayant l’aide directe de Dieu que pour ce que l’homme ne peut créer: l’esprit, étincelle qui part de Dieu, souffle que Dieu nous infuse, sceau qui sur la chair appose le signe du Créateur Éternel. Et Ève enfanta Caïn. Ève était chargée de sa faute.
J’appelle ici votre attention sur un fait qui échappe à la plupart. Ève était chargée de sa faute. La douleur n’avait pas encore atteint tout de suite une mesure suffisante pour diminuer sa faute. Comme un organisme chargé de toxines elle avait transmis à son fils ce qui pullulait en elle.
Et Caïn, premier fils d’Ève, était né dur, envieux, irascible, luxurieux, pervers, peu différent des fauves pour l’instinct, de beaucoup supérieur pour le surnaturel bien que dans son moi féroce il refusait le respect à Dieu qu’il regardait comme un ennemi en se croyant permis de ne pas avoir de culte sincère. Satan le poussait à se moquer de Dieu. Qui se moque de Dieu ne respecte personne au monde. Aussi ceux qui sont au contact de ceux qui se moquent de l’Éternel connaissent l’amertume des larmes car il n’y a pas pour eux d’espérance d’amour respectueux de leurs enfants, pas d’assurance d’amour fidèle dans le conjoint, pas de certitude d’amitié honnête chez l’ami.
Des larmes et des larmes baignèrent le visage d’Ève et baignèrent son cœur à cause de la dureté de son fils, en jetant dans son cœur le germe du repentir. Des larmes et des larmes qui lui obtinrent une diminution de la faute, car Dieu pardonne à la douleur de celui qui se repent. Et le cadet d’Ève eut l’âme lavée dans les pleurs de sa mère et il fut doux et respectueux envers ses parents et dévoué à son Seigneur dont il sentait la toute puissance qui rayonnait des Cieux. Il était la joie de sa mère déchue.
Mais le chemin de la douleur d’Ève devait être long et douloureux, en proportion de son chemin dans l’expérience du péché. Dans ce dernier, frémissement des sens; dans l’autre, frémissement des douleurs. Dans l’un, les baisers; dans l’autre, le sang. De l’un, un fils; de l’autre, la mort d’un fils, de celui qu’elle préférait à cause de sa bonté. Abel devint un instrument de purification pour la coupable. Mais quelle douloureuse purification! Elle emplit de ses cris de douleur la Terre terrifiée par le fratricide et mêla les larmes d’une mère au sang d’un fils, alors que celui qui l’avait répandu en haine de Dieu et de son frère aimé de Dieu fuyait poursuivi par son remords.
606.10 – Le Seigneur dit à Caïn: “Pourquoi es-tu irrité?” Pourquoi si tu me manques, t’irrites-tu que je ne te regarde pas avec bienveillance? Genèse 4,6.
Combien il y a de Caïns sur la Terre! Ils me donnent un culte dérisoire et hypocrite ou ne m’en donnent pas du tout, et ils veulent que je les regarde avec amour et que je les comble de félicité.
Dieu est votre Roi, pas votre serviteur. Dieu est votre Père. Mais un père n’est jamais un serviteur si on juge selon la justice. Dieu est juste, vous ne l’êtes pas. Mais Lui l’est. Il ne peut certainement pas, vous comblant démesurément de ses bienfaits si seulement vous l’aimez un peu, ne pas vous châtier puisque vous le méprisez à ce point. La Justice ne connaît pas deux chemins. Unique est son chemin. Comme vous agissez, ainsi vous obtenez. Si vous êtes bons, vous avez le bien; si vous êtes mauvais, vous avez le mal. Et, croyez-le, toujours plus grand est le bien que vous avez en comparaison du mal que vous devriez avoir à cause de votre manière de vivre en révolte contre la Loi divine.
606.11 – Il est dit par Dieu: “N’est-il pas vrai que si tu fais le bien tu auras le bien et si tu fais le mal le péché sera tout de suite à ta porte?” Proverbes 9,10-18. En fait le bien porte à une constante élévation spirituelle et rend toujours plus capable d’accomplir un bien toujours plus grand jusqu’à atteindre la perfection et devenir saints. Alors qu’il suffit de céder au mal pour se dégrader et s’éloigner de la perfection, connaître la domination du péché qui entre dans le cœur et le fait descendre graduellement à une culpabilité toujours plus grande.
“Mais” dit encore Dieu “mais sous toi sera son désir et tu dois le dominer”. Oui. Dieu ne vous a pas fait esclaves du péché. Les passions sont sous vous, pas au-dessus. Dieu vous a donné l’intelligence et la force pour vous dominer. Même aux premiers hommes, frappés par la rigueur de Dieu, Il a laissé l’intelligence et la force morale. Puis maintenant que le Rédempteur a consommé pour vous le Sacrifice vous avez pour aider l’intelligence et la force les fleuves de la Grâce et vous pouvez, et vous devez dominer le désir du mal. Avec votre volonté fortifiée par la Grâce, vous devez le faire. Voilà pourquoi les anges de ma Naissance ont chanté à la Terre: “Paix aux hommes de bonne volonté”. J’étais venu pour vous ramener la Grâce et moyennant son alliance avec votre bonne volonté, la Paix serait venue aux hommes. La Paix: gloire du Ciel de Dieu.
606.12 – “Et Caïn dit à son frère: “Allons dehors” Genèse 4,8. . Mensonge qui cache sous un sourire la trahison qui tue. La criminalité est toujours mensongère, envers ses victimes et envers le monde qu’elle cherche à tromper. Et elle voudrait aussi tromper Dieu, mais Dieu lit dans les cœurs. “Allons dehors”.
Tant de siècles après quelqu’un a dit: “Salut, Maître” et l’a embrassé. Les deux Caïns ont caché le crime sous une apparence inoffensive et ont épanché leur envie, leur colère, leur violence et tous leurs mauvais instincts sur la victime, parce qu’ils ne s’étaient pas dominés eux-mêmes, mais par leur propre moi corrompu avaient rendu leur esprit esclave.
Ève monte dans l’expiation. Caïn descend vers l’enfer. Le désespoir le prend et l’y précipite. Et avec le désespoir, dernier coup mortel pour l’esprit déjà languissant à cause de son crime, vient la peur physique, lâche, de la punition humaine. Il n’est plus un être qui se souvient du Ciel l’homme dont l’âme est morte, mais c’est un animal qui tremble pour sa vie animale. La mort dont l’aspect est un sourire pour les justes, puisque par elle ils vont à la joie de la possession de Dieu, est de la terreur pour ceux qui savent que mourir veut dire passer de l’enfer du cœur à l’Enfer de Satan pour toujours. Et comme hallucinés, ils voient partout la vengeance prête à les frapper.
606.13 – Mais sachez, je parle aux justes, sachez que si le remords et les ténèbres d’un cœur coupable permettent et fomentent les hallucinations du pécheur, il n’est permis à personne de s’ériger en juge pour un frère, et encore moins en justicier. Un seul est Juge: Dieu. Si la justice de l’homme a créé ses tribunaux, et il faut leur confier le soin de rendre la justice, malheur à ceux qui profanent ce nom et jugent poussés par leurs passions personnelles, ou sous la pression des puissances humaines. Malédiction à celui qui se fait le justicier privé de l’un de ses semblables! Mais malédiction encore plus grande à ceux qui. sans l’influence d’une indignation impulsive mais par un froid calcul humain, envoient à la mort ou au déshonneur de la prison sans juste raison. Que si à celui qui tue celui qui a tué sera donné un châtiment sept fois plus grand, comme a dit le Seigneur qu’il serait arrivé à celui qui aurait frappé Caïn, celui qui sans justice condamne par asservissement à Satan, en qualité de Puissance humaine, sera frappé soixante-dix-sept fois par la rigueur de Dieu. Cela, il faudrait toujours l’avoir présent à l’esprit et particulièrement à cette heure, hommes qui vous tuez réciproquement pour faire de ceux qui sont tombés la base de votre triomphe sans savoir que vous creusez sous vos pieds la trappe où vous serez précipités, maudits par Dieu et par les hommes. Puisque j’ai dit: “Tu ne tueras pas”.
606.14 – Ève monte sur son chemin d’expiation. Le repentir grandit en elle devant les épreuves de son péché. Elle voulait connaître le bien et le mal. Et le souvenir du bien perdu est pour elle comme le souvenir du soleil subitement obscurci; et le mal est devant elle dans la dépouille de son fils tué, et autour d’elle à cause du vide laissé par son fils meurtrier et fugitif.
Et Set naquit. Et de Set, Enos Seth et Énoch. . Le premier prêtre. Vous vous gonflez l’esprit des fleuves de votre science et vous parlez d’évolution comme d’un signe de votre génération spontanée. L’homme-animal s’évoluant, dites-vous, atteindra le surhomme. Oui, c’est vrai. Mais à ma manière, dans mon camp, pas dans le vôtre. Non pas en passant du sort de quadrumanes à celui d’hommes, mais en passant de celui d’hommes à celui d’esprits. Plus l’esprit grandira et plus vous vous évoluerez.
Vous qui parlez de glandes et en avez plein la bouche quand vous parlez d’hypophyse et de glande pinéale, et qui mettez en elle le siège de la vie non pas dans le temps où vous vivez mais dans les temps qui ont précédé et qui succéderont à votre vie actuelle, sachez que votre vraie glande, celle qui fait de vous les possesseurs de la Vie éternelle, c’est votre esprit. Plus il sera développé et plus vous posséderez les lumières divines et évoluerez d’hommes à dieux, dieux immortels, en obtenant ainsi, sans contrevenir au désir de Dieu, à son commandement au sujet de l’arbre de Vie de posséder cette Vie vraiment comme Dieu veut que vous la possédiez, puisque Lui l’a créée pour vous, éternelle et resplendissante, embrassement béatifique avec son éternité qui vous absorbe en elle-même et vous communique ses propriétés.
606.15 – Plus votre esprit sera évolué et plus vous connaîtrez Dieu. Connaître Dieu veut dire l’aimer et le servir et d’être ainsi capables de l’invoquer pour soi et pour les autres. Devenir par conséquent les prêtres qui de la Terre prient pour leurs frères. Car est prêtre celui qui est consacré, mais l’est aussi le croyant convaincu, fidèle et plein d’amour. L’est surtout l’âme victime qui s’immole elle-même sous l’impulsion de la charité. Ce n’est pas l’habit mais l’âme que Dieu observe. Et je vous dis qu’en vérité à mes yeux beaucoup de tonsurés m’apparaissent qui de sacerdotal n’ont que la tonsure et beaucoup de laïcs pour qui la charité qui les possède et par laquelle ils se laissent consumer est Huile d’ordination qui fait d’eux mes prêtres, inconnus du monde mais connus de Moi qui les bénis.”