“Moi aussi, dit le Christ. Mais je souffre avec paix. Devenez esprits pour pouvoir supporter cette heure. Quelqu’un qui est “chair” ne peut la supporter sans devenir fou…
597.7 – David parle encore en voyant les tortures de son Christ: “Ils ne sont pas encore contents et ils me regardent et se moquent et ils se partagent mes dépouilles tirant au sort ma tunique. Je suis le Malfaiteur. C’est leur droit”.
Oh! Terre, regarde ton Christ! Sache le reconnaître, bien qu’ainsi détruit. Écoute, rappelle-toi les paroles d’Isaïe et comprends le pourquoi, le grand pourquoi, il est ainsi devenu, et l’homme a pu tuer, réduire à cet état, le Verbe du Père. “Il n’a ni beauté ni éclat. Nous l’avons vu. Son aspect était sans beauté et nous ne l’avons pas aimé. Méprisé, comme le dernier des hommes, Lui, l’Homme des douleurs habitué à la souffrance, tenait caché son visage. Il était méprisé et nous n’en tenions aucun compte Isaïe 53, 3. ”. C’était sa beauté de Rédempteur, ce masque de torturé. Mais toi, sotte Terre, tu préférais son visage serein!
“Vraiment il a pris sur Lui nos maux, il a porté nos douleurs. Et nous l’avons regardé comme un lépreux, comme maudit par Dieu et méprisé Isaïe 53, 4. . Lui, au contraire, a été blessé par nos scélératesses. C’est sur Lui qu’est tombé le châtiment qui nous était réservé, le châtiment qui nous redonne la paix avec Dieu. C’est par ses hématomes que nous avons été guéris Isaïe 53, 5. . Nous étions comme des brebis errantes. Nous avions tous perdu le droit chemin et le Seigneur a mis sur Lui les iniquités de tous Isaïe 53, 6. ”.
597.8 – Que celui, que ceux qui pensent avoir été utiles à eux-mêmes et à Israël perdent leurs illusions. Et de même ceux qui pensent avoir été plus forts que Dieu. Et de même ceux qui pensent n’avoir pas à expier ce péché parce que je me suis laissé tuer volontairement. Moi, j’accomplis ma tâche sainte, la parfaite obéissance au Père, mais cela n’exclut pas leur obéissance à Satan et leur infâme action.
Oui. Ton Rédempteur a été sacrifié parce qu’il l’a voulu, ô Terre. “Il n’a pas ouvert sa bouche pour prier moindrement qu’on l’épargne, il n’a pas dit une parole de malédiction pour ses assassins. Comme une brebis, il s’est laissé mener à l’abattoir pour qu’on le tue, comme un agneau muet il s’est laissé conduire devant celui qui le tond Isaïe 53, 7. ”.
“Après sa capture et sa condamnation, il a été élevé Isaïe 52, 13. . Il n’aura pas de descendance. Comme une plante, il a été coupé de la terre des vivants Isaïe 53, 2. . Dieu l’a frappé à cause des péchés de son peuple. Est-ce que personne de sa génération de sa Terre ne le pleurera Isaïe 53, 8. ? N’aura-t-il pas de fils celui que l’on a retranché de la Terre Isaïe 53, 10. ?”
597.9 – Oh! C’est Moi qui te réponds, ô prophète de ton Christ. Si mon peuple n’a pas de pleurs pour Celui qu’on a tué innocent, les anges du peuple céleste le pleureront. Si sa virilité n’aura pas humainement de fils parce que sa Nature ne pouvait trouver une union avec une chair mortelle, il aura bien des fils et nombreux suivant une génération qui n’est pas celle de la chair et du sang animal, mais une génération qui aura la vie de son amour et de son Sang divin, une génération de l’esprit qui rendra éternelle sa descendance.
Et je t’explique encore, ô monde qui ne comprends pas le prophète, quels sont les impies envoyés pour l’ensevelir et le riche pour sa mort Isaïe 53, 9. . Regarde, ô monde, si un seul de ceux qui l’ont tué a eu la paix et une longue vie! Lui, le Vivant, aura vite fait de quitter la mort. Mais comme des feuilles que le vent d’automne couche une à une dans le creux du sillon après les avoir détachées par des rafales répétées, un par un ils seront bientôt couchés dans l’ignoble sépulture qui avait été décrétée pour Lui; et l’un d’eux qui a vécu pour l’or pourrait, s’il était permis de mettre l’immonde là où fut le Saint, pourrait être déposé où sera encore l’humidité des innombrables blessures de la Victime immolée sur le mont. Accusé sans être coupable, Dieu en tire vengeance, car il n’y a jamais eu de tromperie dans sa bouche ni d’iniquité en son cœur Isaïe 53, 9. .
597.10 – Consumé par les souffrances. Mais une fois qu’il aura été consumé, que sa vie aura été retranchée par le sacrifice d’expiation, sa gloire commencera auprès des hommes à venir. Tous les désirs et les saintes volontés de Dieu à son égard se réaliseront Isaïe 53, 10. . À cause des angoisses de son âme, il verra la gloire du vrai peuple de Dieu et en sera heureux. Sa céleste doctrine, qu’il scellera de son Sang, sera la justification d’un grand nombre qui sont parmi les meilleurs, et il prendra sur Lui l’iniquité des pécheurs Isaïe 53, 11. .
Et il aura pour cela une grande multitude, ô Terre, ce Roi méconnu dont se sont moqués les perfides et que les meilleurs n’auront pas compris. Avec les siens il partagera les dépouilles des vaincus. Il partagera les dépouilles des forts, unique Juge des trois règnes et du Royaume.
Il a tout mérité parce qu’il a tout donné Isaïe 53, 12. . Tout Lui sera livré parce qu’il a livré sa vie à la mort et qu’il a été compté parmi les malfaiteurs, Lui qui était sans péché. Sans d’autre péché qu’un parfait amour et une infinie bonté! Deux fautes que le monde ne pardonne pas, un amour et une bonté qui le poussèrent à prendre sur Lui les péchés d’un grand nombre, du monde entier, et à prier pour les pécheurs. Pour tous les pécheurs. Même pour ceux par qui il fut mis à mort.
597.11 – J’ai fini. Je n’ai pas autre chose à dire. Tout est dit de ce que je voulais vous dire des prophéties messianiques. De ma naissance à ma mort, je vous les ai toutes mises en lumière pour que vous me connaissiez et n’ayez pas de doutes. Et n’ayez pas d’excuse à votre péché.
597.12 – Maintenant, prions ensemble. C’est le dernier soir où nous pouvons prier ainsi, tous unis comme les grains de raisin à la grappe qui les porte. Venez. Prions!
“Notre Père qui es dans les Cieux, que soit sanctifié ton Nom. Que vienne ton Règne. Que soit faite ta Volonté sur la Terre comme elle est faite dans le Ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. Remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du mal. Ainsi soit-il”.
“Que soit sanctifié ton Nom”. Père, je l’ai sanctifié. Pitié pour ton Germe.
“Que vienne ton Règne”. C’est pour le fonder que je meurs. Pitié pour Moi.
“Que soit faite ta Volonté”. Secours ma faiblesse, Toi qui as créé la chair de l’homme et en as revêtu ton Verbe pour qu’ici-bas je t’obéisse comme toujours je t’ai obéi dans le Ciel. Pitié pour le Fils de l’homme.
“Donne-nous le Pain… Un pain pour l’âme, un pain qui n’est pas de cette Terre. Ce n’est pas pour Moi que je te le demande. Je n’ai plus besoin que de ton spirituel réconfort. Mais c’est pour eux que Moi, Mendiant, je tends la main. D’ici peu elle va être transpercée et attachée et ne pourra plus faire un geste d’amour. Mais maintenant, elle le peut encore. Père, accorde-moi de leur donner le Pain qui chaque jour fortifie la faiblesse des pauvres fils d’Adam. Ils sont faibles, ô Père, ils sont inférieurs, parce qu’ils n’ont pas le Pain qui est force, le Pain angélique qui spiritualise l’homme et l’amène à devenir divinisé en Nous.
“Remets-nous nos dettes”.
Jésus, qui a parlé debout et a prié les bras ouverts, s’agenouille maintenant et il lève ses bras et son visage vers le Ciel. C’est un visage qu’a blanchi la force de sa supplication et que blanchit le baiser de la lune, un visage sillonné de pleurs muets.
“Pardonne à ton Fils, Ô Père, s’il t’a manqué en quelque chose Le sens d'une telle demande de pardon pour lui-même a été éclairci par Jésus en EMV 44.13. En outre, le contexte montre que Jésus-Homme n'a aucune faute à se faire pardonner : "Mon intelligence consciente me donne l'assurance que j'ai tout fait pour eux. " Il se charge néanmoins de la demande de pitié et de pardon qui devrait s'élever de tout le genre humain : " Pour ce qui me concerne, Père, considère comme effacée toute dette de l'homme à l'Homme." . Devant ta Perfection, je puis encore paraître imparfait, Moi, ton Christ, que la chair alourdit. Devant les hommes… non. Mon intelligence consciente me donne l’assurance que j’ai tout fait pour eux. Mais Toi, pardonne à ton Jésus… Moi aussi, je pardonne. Je pardonne pour que Tu me pardonnes. Combien je dois pardonner! Combien!… Et pourtant je pardonne. À ceux qui sont présents, aux disciples absents, à ceux qui ont le cœur sourd, aux ennemis, aux moqueurs, aux traîtres, aux assassins, aux déicides… Voilà, j’ai pardonné à toute l’Humanité. Pour ce qui me concerne, ô Père, considère comme annulée toute dette de l’homme à l’Homme. C’est pour donner à tous ton Royaume que je meurs et je ne veux pas que soit compté pour la condamnation le péché envers l’Amour incarné. Non? Tu dis non? C’est ma douleur. Ce “non” verse dans mon cœur la première gorgée du calice atroce. Mais, Père à qui j’ai toujours obéi, je te dis! “Qu’il soit fait comme Tu veux”.
“Ne nous induis pas en tentation”. Oh! Si Tu veux, Tu peux éloigner de nous le démon! C’est lui la tentation qui excite la chair, l’esprit, le cœur. C’est lui le Séducteur. Éloigne-le, Père! Ton Archange en notre faveur! Pour mettre en fuite celui qui, de la naissance à la mort, nous menace! Oh! Père Saint, aie pitié de tes fils!
“Libère-nous, libère-nous du mal!” Tu le peux. Nous ici pleurons… Il est si beau le Ciel, et nous craignons de le perdre. Tu dis! “Mon Saint ne peut le perdre”. Mais je veux qu’en Moi tu voies l’Homme, le Premier-né des hommes. Je suis leur frère. Je prie pour eux et avec eux. Père, pitié! Oh! Pitié!…”
Jésus se penche jusqu’à terre. Puis il se lève:
597.13 – “Allons. Saluons-nous ce soir. Demain soir nous n’en aurons plus la possibilité. Nous serons trop troublés et il n’y a pas d’amour là où est le trouble. Donnons-nous le baiser de paix. Demain, demain chacun s’appartiendra à lui-même… Ce soir nous pouvons encore être chacun pour tous et tous pour chacun.”
Et il les embrasse un par un, en commençant par Pierre, puis Matthieu, Simon, Thomas, Philippe, Barthélémy, l’Iscariote, les deux cousins, Jacques de Zébédée, André et enfin Jean auquel il reste appuyé pendant qu’ils sortent du Gethsémani.