J’ai dit: doucement et prudemment. Te rappeler qu’en plus que d’être Maître et Pasteur, tu es Médecin. Le médecin n’envenime pas les plaies. Prompt à couper s’il y a de la gangrène, il sait pourtant découvrir et soigner d’une main légère s’il y a seulement une blessure avec déchirure de parties vivantes qu’il faut rassembler et non pas arracher. Et te rappeler qu’en plus que d’être Médecin et Pasteur, tu es Maître. Un maître règle ses paroles suivant l’âge de ses disciples. Il serait scandaleux ce pédagogue qui à de jeunes enfants révélerait les lois animales que les innocents ignorent en leur donnant ainsi des connaissances et des malices prématurées. Quand aussi on s’occupe des âmes, c’est avec prudence qu’il faut les interroger. Se respecter et respecter les autres.

Cela te sera facile si, en toute âme, tu vois un fils. Le père est naturellement maître, médecin et guide de ses enfants. Aussi quelle que soit la créature qui est devant toi, troublée par une faute ou par la crainte d’avoir fauté, aime-la d’un amour de père, et tu sauras juger sans blesser et sans scandaliser.

555.3 – Me suis-tu?”

“Oui, Maître, je comprends très bien. Je devrai être prudent et patient, persuader de découvrir les blessures, mais regarder par moi-même, sans attirer l’attention d’autrui sur elles, et seulement quand je verrai qu’il y a réellement une blessure dire: “Tu vois? Tu t’es fait du mal pour ceci ou cela”. Mais si je vois que la créature a seulement peur de s’être blessée, parce qu’elle a vu des fantômes, alors… souffler sur les nuées sans donner, par un zèle inutile, des lumières qui pourraient éclairer des vraies sources de fautes. Est-ce que je dis bien?”

“Très bien. Donc, si quelqu’un te dit: “J’ai fait un péché de luxure”, examines qui tu as en face de toi. Il est vrai que le péché peut se produire à tout âge. Mais on le rencontre plus facilement chez un adulte que chez un enfant, et différentes seront par conséquent les questions à poser et les réponses à faire suivant qu’il s’agit d’un adulte ou d’un enfant. Vient à la suite de la première enquête, la seconde sur la matière du péché, et puis la troisième sur l’endroit du péché, la quatrième sur les circonstances du péché, et la cinquième sur les complices possibles du péché, la sixième sur le pourquoi du péché, et la septième sur le moment et le nombre du péché.

Tu verras que généralement alors que pour un adulte, et un adulte vivant dans le monde, à chaque question tu verras correspondre une circonstance qui implique la réalité de la faute, pour ceux qui sont enfants par l’âge ou l’esprit, à de nombreuses questions tu devras te répondre: “Ici il y a de la fumée, pas de faute réelle”. Et même tu verras parfais au lieu de fange il y a un lys qui tremble d’avoir été éclaboussé par la boue et qui confond la goutte de rosée descendue dans son calice avec l’éclaboussure de la boue. Âmes si désireuses du Ciel, qu’elles craignent comme une tache jusqu’à l’ombre d’une nuée qui les met pour un moment dans l’obscurité en s’interposant entre eux et le soleil mais passe ensuite sans laisser de traces sur leur candide corolle. Âmes tellement innocentes et désireuses de le rester, que Satan effraie par des imaginations ou en excitant les aiguillons de la chair ou la chair elle-même, en profitant de réelles maladies de la chair. Ces âmes doivent être consolées et soutenues, car ce ne sont pas des pécheresses mais des martyres. Rappelle-le-toi toujours.

Et souviens-toi toujours de juger même ceux qui pèchent par avidité pour les richesses ou autres biens d’autrui de la même manière. En effet si c’est une faute maudite d’être avide et sans pitié en volant le pauvre, et contre la justice en faisant tort aux citoyens, aux serviteurs ou aux peuples, moins grave, beaucoup moins grave est la faute de celui à qui on a refusé du pain et qui en dérobe au prochain pour passer sa faim, et celle de ses enfants. Rappelle-toi, aussi bien pour le luxurieux que pour le voleur, il faut de la mesure quand on juge le nombre des fautes, les circonstances et leur gravité et aussi de la mesure pour apprécier le degré de connaissance du pécheur pour le péché commis, au moment où il le commettait. En effet, celui qui agit en pleine connaissance pèche davantage que celui qui agit par ignorance, et celui qui agit en consentant librement pèche davantage que celui qui est poussé au péché. En vérité je te dis que parfois il y aura des actes qui auront l’apparence du péché et qui seront un martyre et auront la récompense donnée pour un martyre souffert.

Et rappelle-toi surtout, dans tous les cas, avant de condamner, que toi aussi tu as été un homme et que ton Maître, que personne n’a jamais pu trouver en état de péché, n’a jamais condamné personne qui se fût repenti d’avoir péché.

Pardonne septante fois sept, et même septante fois septante, les péchés de tes frères et de tes enfants Reprise de l'enseignement aux apôtres avant leur envoi en mission (EMV 278.3). . Parce que fermer les portes du Salut à un malade, seulement parce qu’il est retombé dans sa maladie, c’est vouloir le faire mourir.

555.4 – As-tu compris?”

“J’ai compris. Cela je l’ai vraiment compris…”

“Et alors, dis-moi maintenant tout ce que tu penses.”

“Eh! oui! Je te le dis parce que je vois que vraiment tu connais tout et je comprends que ce n’est pas murmurer que de te dire d’envoyer Judas à ma place, car il souffre de ne pas aller. Je te le dis non pour te dire qu’il est envieux et me scandaliser à son propos, mais pour lui donner la paix et… te donner la paix, car cela doit être bien pénible pour Toi d’avoir toujours si près ce vent d’orage…”

“Judas s’est encore plaint?”

“Eh! oui! Il a dit que chacune de tes paroles est pour lui une blessure. Même ce que tu as dit pour les enfants. Il dit qu’en vérité c’est pour lui que tu as dit qu’Ève alla à l’arbre parce qu’il lui plaisait cette chose brillante comme une couronne de roi. Moi, vraiment, je n’avais trouvé aucun rapport. Mais je suis ignorant. Barthélemy et le Zélote, au contraire, ont dit que vraiment Judas a été ”touché au plus vif”, car il est ensorcelé par tout ce qui brille et séduit la vanité. Et ils pourraient avoir raison car ils sont sages. Sois bon avec tes pauvres apôtres, Maître! Fais plaisir à Judas, et à moi avec lui. De toute façon! Tu le vois? Je sais seulement amuser les enfants… et être un enfant dans tes bras”

Il se serre contre son Jésus qu’il aime vraiment de toutes ses forces.

“Non. Je ne puis te faire plaisir. N’insiste pas. Toi, justement parce que tu es ce que tu es, tu vas à la mission. Lui, justement parce qu’il est comme il est, reste ici. Mon frère aussi m’en avait parlé, et malgré mon amour pour lui, je lui ai répondu “non”. Même si ma Mère m’en priait je ne céderais pas. Ce n’est pas une punition, mais un remède. Et Judas doit le prendre. Si cela ne sert pas à son esprit cela servira au mien, car je ne pourrai pas me reprocher d’avoir omis quelque chose pour le sanctifier.”

Jésus est sévère et impérieux en parlant ainsi. Pierre laisse retomber ses bras et baisse la tête en soupirant.

555.5 – “Ne t’afflige pas, Simon. Nous aurons une éternité pour être unis et nous aimer. Mais tu avais autre chose à me dire…”

“Il est tard, Maître. Tu dois dormir.”

“Toi, plus que Moi, Simon. Toi qui à l’aube dois te mettre en route.”

“Oh! Pour moi! Être ici avec Toi me repose davantage que d’être au lit.”

“Parle donc. Tu sais que Moi, je dors peu…”

“Voilà! Je suis une tête dure, je le sais et je le dis sans honte. Et si c’était pour moi, il ne m’importerait pas beaucoup de savoir, car je pense que la plus grande sagesse c’est de t’aimer et de te suivre et de te servir avec tout mon cœur. Mais tu m’envoies ici et là, et les gens m’interrogent et je dois leur répondre. Je pense que ce que je te demande à Toi, d’autres peuvent me le demander, car les hommes ont les mêmes pensées. Tu disais hier que toujours les innocents et les saints souffriront, et même que ce seront eux qui souffriront pour tous Tu disais … : ce thème de la souffrance a déjà été abordé en EMV 436.4 | EMV 553.6 | EMV 554.3 et le sera dans le dernier discours de Jésus, en EMV 638.14/15. . Cela est dur pour mon intelligence, et aussi que tu dis qu’eux-mêmes le désireront. Et je pense que comme cela est dur pour moi, cela peut l’être pour les autres. S’ils me questionnent, que dois-je répondre? Dans ce premier voyage, une mère m’a dit: “Ce n’était pas juste que ma fillette meure avec tant de souffrances, car elle était bonne et innocente”. Et moi, ne sachant que dire, je lui ai dit les paroles de Job: “Le Seigneur a donné, le Seigneur a enlevé. Que soit béni le nom du Seigneur” Cf. Job 1, 21. . Mais je n’étais pas convaincu moi non plus, et je ne l’ai pas convaincue. Je voudrais une autre fois savoir que dire…”

“C’est juste.