Si vous entrez dans le troupeau, c’est pour nuire, pour apporter la douleur ou le désordre. Mes brebis ont peur de vous. Si elles étaient comme vous êtes, elles devraient vous haïr, mais elles ne savent pas haïr. Ce sont les agneaux du Prince de la paix, du Maître d’amour, du Pasteur miséricordieux. Et elles ne savent pas haïr. Elles ne vous haïront jamais, comme Moi je ne vous haïrai jamais. Je vous laisse la haine, qui est le fruit mauvais de la triple concupiscence, avec le moi déchaîné dans l’animal homme, qui vit oublieux d’être aussi esprit en plus que chair. Moi, je garde ce qui est mien: l’amour. Et cela je le communique à mes agneaux et je vous l’offre aussi à vous pour vous rendre bons. Si vous vous rendez bons, alors vous me comprendrez et vous viendrez à mon troupeau, semblables aux autres qui s’y trouvent. Nous nous aimerions. Les brebis et Moi, nous nous aimons. Elles m’écoutent, elles reconnaissent ma voix.
Vous, vous ne comprenez pas ce qu’est en vérité connaître ma voix. C’est ne pas avoir de doute sur son origine et la discerner entre mille autres voix de faux prophètes, comme une véritable voix venue du Ciel. Maintenant et toujours, même parmi ceux qui se croient des fidèles de la Sagesse, et le sont en partie, il y en aura beaucoup qui ne sauront pas discerner ma voix des autres voix qui parleront de Dieu avec plus ou moins de justice, mais qui seront toutes des voix inférieures à la mienne…”.
537.9 - “Tu dis toujours que bientôt tu t’en vas et ensuite tu veux dire que toujours tu parleras? Quand tu seras parti, tu ne parleras plus” objecte un juif avec le ton méprisant dont il parlerait à un diminué mental.
Jésus répond encore de son ton patient et affligé qui a pris seulement un son sévère quand il a parlé au début aux juifs, et ensuite, quand il a répondu aux objections intérieures de ce juif:
“Je parlerai toujours, pour que le monde ne devienne pas tout entier idolâtre. Et je parlerai aux miens, à ceux que j’ai choisis pour vous répéter mes paroles. L’Esprit de Dieu parlera, et eux comprendront ce que les sages eux-mêmes ne sauront pas comprendre.
En effet les savants étudieront la parole, la phrase, la manière, le lieu, le comment, l’instrument, à travers lesquels la Parole parle, alors que ceux que j’ai choisis ne se perdront pas dans ces études inutiles, mais écouteront, perdus dans l’amour, et comprendront puisque ce sera l’Amour qui leur parlera. Eux distingueront les pages ornées des savants ou les pages menteuses des faux prophètes, des rabbis d’hypocrisie, qui enseignent des doctrines corrompues ou enseignent ce qu’ils ne pratiquent pas, ils les distingueront des paroles simples, vraies, profondes qui viendront de Moi. Mais le monde les haïra à cause de cela, car le monde me hait Moi-Lumière et il hait les fils de la Lumière, le monde ténébreux qui aime les ténèbres propices à son péché.
Mes brebis me connaissent et me connaîtront et me suivront toujours, même sur les chemins sanglants et douloureux que je parcourrai le premier, et qu’eux parcourront après Moi. Les chemins qui conduisent les âmes à la Sagesse. Les chemins que le sang et les pleurs de ceux qui sont persécutés parce qu’ils enseignent la justice, rendent lumineux parce qu’ils brillent dans le brouillard des fumées du monde et de Satan, et sont comme des sillages d’étoiles pour conduire ceux qui cherchent la Voie, la Vérité, la Vie, et ne trouvent personne pour les y conduire, car c’est de cela que les âmes ont besoin: de ceux qui les conduisent à la Vie, à la Vérité, au juste Chemin.
Dieu est plein de pitié pour ceux qui cherchent et ne trouvent pas non pas par leur faute, mais par la paresse des pasteurs idoles. Dieu est plein de pitié pour les âmes qui, laissées à elles-mêmes, se perdent et sont accueillies par les ministres de Lucifer, tout prêts à accueillir ceux qui se sont égarés, pour en faire des prosélytes de leurs doctrines. Dieu est plein de pitié pour ceux qui sont trompés seulement parce que les rabbis de Dieu, les prétendus rabbis de Dieu, se sont désintéressés d’eux. Dieu est plein de pitié pour ceux qui vont à la rencontre du découragement, des brouillards, de la mort, par la faute de faux maîtres, qui de maîtres n’ont que le vêtement et l’orgueil d’être appelés de ce nom. Et pour ces pauvres âmes, comme Il a envoyé les prophètes pour son peuple, comme Il m’a envoyé Moi pour le monde entier, ainsi ensuite, après Moi, Il enverra les serviteurs de la Parole, de la Vérité et de l’Amour pour répéter mes paroles. Car ce sont mes paroles qui donnent la Vie. C’est pourquoi mes brebis de maintenant et de plus tard auront la Vie que je leur donne à travers ma Parole qui est Vie éternelle pour ceux qui l’accueillent, et ne périront jamais et que personne ne pourra arracher de mes mains.”
537.10 - “Nous n’avons jamais repoussé les paroles des vrais prophètes. Nous avons toujours respecté Jean qui a été le dernier prophète” répond un juif avec colère, et ses compagnons lui font écho.
“Il est mort à temps pour ne pas être mal vu de vous et être persécuté même par vous. S’il était encore parmi les vivants, son “il n’est pas permis” dit pour un inceste charnel, il vous le dirait aussi à vous qui commettez un adultère spirituel par votre fornication avec Satan contre Dieu, et vous le tueriez comme vous avez l’intention de me tuer.”
Les juifs manifestent bruyamment avec colère, déjà disposés à frapper, las de devoir feindre la douceur.
Mais Jésus ne s’en préoccupe pas. Il élève la voix pour dominer le tumulte et il crie:
“Et vous m’avez demandé qui je suis, ô hypocrites? Vous disiez que vous vouliez le savoir pour être certains? Et vous dites maintenant que Jean a été le dernier prophète? Et par deux fois vous vous condamnez pour un péché de mensonge. Une première fois parce que vous dites n’avoir jamais repoussé les paroles des vrais prophètes, la seconde fois parce qu’en disant que Jean est le dernier prophète et que vous croyez aux vrais prophètes, vous excluez que Moi aussi je sois un prophète, au moins un prophète, et un vrai prophète. Bouches mensongères! Cœurs trompeurs! Oui, en vérité, en vérité, Moi, ici, dans la maison de mon Père, je proclame que je suis plus que Prophète. Moi j’ai ce que mon Père m’a donné. Ce que mon Père m’a donné est plus précieux que tout et que tous, car c’est une chose sur laquelle la volonté et la puissance des hommes ne peuvent porter leurs mains rapaces.
J’ai ce que Dieu m’a donné, et qui tout en étant en Moi est toujours en Dieu, et personne ne peut le ravir des mains de mon Père ni à Moi, car c’est la même Nature Divine. Le Père et Moi nous sommes Un.”
“Ah! Horreur! Blasphème! Anathème!!”
La clameur des juifs résonne dans le Temple et encore une fois les pierres, qui servent aux changeurs et aux marchands de bestiaux pour tenir en place leurs enclos, sont des munitions pour ceux qui cherchent des armes pouvant servir à frapper.
Mais Jésus s’élève, les bras croisés sur la poitrine. Il est monté sur un banc de pierre pour être encore plus haut et plus visible et, de là, il les domine des rayons de ses yeux de saphir. Il domine et darde ses regards. Il est si majestueux qu’il les paralyse.
Au lieu de lancer les pierres, ils les jettent ou les gardent dans leurs mains, mais sans avoir désormais l’audace de les lancer contre Lui. Même la clameur se calme pour faire place à une frayeur étrange. C’est vraiment Dieu qui se manifeste dans le Christ. Et quand Dieu se manifeste ainsi, l’homme, même le plus arrogant, se fait petit et effrayé.
Je pense quel mystère est caché en ayant vu les juifs être si féroces le Vendredi Saint. Quel mystère dans l’absence de ce pouvoir de domination chez le Christ ce jour-là. C’était vraiment l’heure des Ténèbres, l’heure de Satan, et eux seuls régnaient… La Divinité, la Paternité de Dieu avait abandonné son Christ, et Lui n’était plus rien que la Victime…
537.11 - Jésus reste ainsi quelques minutes, puis il recommence à parler à cette foule vendue et lâche qui a perdu toute arrogance par le seul fait d’avoir vu un éclair divin:
“Eh bien? Que voulez-vous faire? Vous m’avez demandé qui j’étais. Je vous l’ai dit. Vous êtes devenus furieux. Je vous ai rappelé ce que j’ai fait, je vous ai fait voir et vous rappeler beaucoup d’œuvres bonnes provenant de mon Père et accomplies grâce au Pouvoir qui me vient de mon Père. Pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? Pour avoir enseigné la justice? Pour avoir apporté aux hommes la Bonne Nouvelle? Pour être venu vous inviter au Royaume de Dieu? Pour avoir guéri vos malades, rendu la vue à vos aveugles, donné le mouvement aux paralytiques, la parole aux muets, pour avoir délivré les obsédés, ressuscité les morts, pour avoir fait du bien aux pauvres, pardonné aux pécheurs, aimé tout le monde, même ceux qui me haïssent: vous et ceux qui vous envoient? Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous donc me lapider?”
“Ce n’est pas pour les œuvres bonnes que tu as faites que nous te lapidons, mais pour ton blasphème, parce qu’étant homme, tu te fais Dieu.”
“N’est-il pas écrit dans votre Loi: “J’ai dit: vous êtes des dieux et des fils du Très-Haut” Il est écrit dans le Psaume 81 (Hébreu 82),6. Maria Valtorta note sur une copie dactylographiée : Saint Thomas qualifie l'homme d'infini en puissance, précisément parce qu'il est ordonné à se rendre toujours plus "semblable et ressemblant à Dieu". ? Maintenant s’il a appelé “dieux” ceux auxquels Il a parlé pour leur donner un ordre: celui de vivre de façon que la ressemblance et l’image de Dieu qui est dans l’homme apparaisse manifestement et que l’homme ne soit ni un démon ni une brute.
Si les hommes sont appelés des “dieux” dans l’Écriture, tout inspirée par Dieu, et pour cela l’Écriture ne peut être modifiée ni annulée selon le plaisir et l’intérêt de l’homme: pourquoi dites-vous que je blasphème, Moi que le Père a consacré et envoyé dans le monde, parce que je dis: “Je suis le Fils de Dieu”? Si je ne faisais pas les œuvres de mon Père, vous auriez raison de ne pas croire en Moi. Mais Moi je les fais. Et vous ne voulez pas croire en Moi. Alors, croyez au moins à ces œuvres afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en Moi et que je suis dans le Père.”
537.12 - La tempête des cris et des violences recommence plus forte qu’auparavant. De l’une des terrasses du Temple où certainement ils étaient à l’écoute et cachés des prêtres, des scribes et des pharisiens, poussent de nombreux cris:
“Mais emparez-vous de ce blasphémateur. Désormais sa faute est publique. Tous nous avons entendu. À mort le blasphémateur qui se proclame Dieu! Donnez-lui le même châtiment qu’au fils de Salumit de Dabri Le fils de Salumit (Shelomit) fille de Dabri (Dibri) de la tribu de Dan, blasphéma. Il était de père égyptien. On le condamna à la lapidation (Lévitique 24,10-16). En EMV 506.5 déjà, les pharisiens avaient invoqué contre Jésus la loi contre les blasphémateurs, et ils le referont devant Pilate en EMV 604.33. . Qu’on l’emmène hors de la ville et qu’on le lapide! C’est notre droit! Il est dit: ‘Que le blasphémateur soit mis à mort”
Les cris des chefs excitent la colère des juifs qui tentent de s’emparer de Jésus et de le remettre lié aux mains des magistrats du Temple qui sont en train d’accourir, suivis par les gardes du Temple.
Mais plus rapides qu’eux sont encore une fois les légionnaires. Surveillant depuis l’Antonia, ils ont suivi le tumulte, et ils sortent de leur caserne pour venir à l’endroit où on crie. Et ils n’ont de respect pour personne. Les hampes des lances manœuvrent activement sur les têtes et les échines. Et ils s’excitent mutuellement par des plaisanteries et des gros mots à travailler sur les juifs:
“À la niche, chiens! Faites place! Frappe dur sur ce teigneux, Licinus. Partez! La peur vous rend puants plus que jamais! Mais que mangez-vous, corbeaux, pour sentir si mauvais? Tu parles bien, Bassus. Ils se purifient, mais ils empestent. Regarde là ce gros nez! Au mur! Au mur, que nous prenions vos noms! Et vous, hiboux, descendez de là-haut.
Désormais nous vous connaissons. Le centurion aura à rédiger un bon rapport pour le Chef. Non! Celui-là laisse-le, c’est un apôtre du Rabbi. Tu ne vois pas qu’il a une figure d’homme et non de chacal? Regarde! Regarde comme ils s’enfuient de ce côté! Et laisse-les aller! Pour les persuader, il faudrait les enfiler tous sur nos lances! Alors seulement nous les aurions domptés! Si cela pouvait être demain! Ah! mais toi, tu es pris et tu ne t’échappes pas. Je t’ai vu, tu sais? La première pierre c’était la tienne. Tu en répondras d’avoir frappé un soldat de Rome… Celui-ci aussi. Il nous a maudit en insultant les enseignes. Ah! Oui? Vraiment? Viens, nous te les ferons aimer dans nos prisons…”
Et ainsi, en les chargeant et en les raillant, en arrêtant certains, en mettant les autres en fuite, les légionnaires dégagent la vaste cour.
Mais c’est quand les juifs voient arrêter réellement deux des leurs qu’ils se dévoilent pour ce qu’ils sont: lâches, lâches, lâches. Ou bien ils s’enfuient en caquetant comme une volée de poulets qui voient descendre l’épervier, ou bien ils se jettent aux pieds des soldats pour implorer la pitié, avec une servilité et des flatteries révoltantes.
Un vieux ridé, un des plus acharnés contre Jésus, s’accroche aux mollets d’un gradé en l’appelant “magnanime et juste”. Le gradé s’en dégage par une vigoureuse secousse qui envoie rouler le juif à trois pas en arrière et il crie:
“Va-t’en, vieux renard teigneux”
Et, se tournant vers un compagnon et montrant son mollet, il dit:
“Ils ont des ongles de renards et de la bave de serpents. Regarde ici! Par Jupiter Maximus! Maintenant je m’en vais tout de suite aux Thermes pour effacer les marques de ce vieux baveux!”
Et réellement il s’en va fâché, avec son mollet tout éraflé.
J’ai tout à fait perdu Jésus de vue. Je ne pourrais dire où il est allé, par quelle porte il est sorti. J’ai seulement vu, pendant quelque temps, émerger et disparaître dans la confusion, les visages des deux fils d’Alphée et de Thomas, qui luttaient pour se frayer un chemin, et ceux de quelques disciples bergers occupés au même travail. Puis eux aussi sont disparus et il ne m’est resté que les dernières criailleries des perfides juifs Perfides : « perfidi » en italien. Ici employé dans le sens de subtilement et sournoisement méchants et cruels ». Dans l'ancienne liturgie du Vendredi Saint on employait le terme de « Juifs perfides », mais il s'agissait du sens étymologique d'infidèles à la foi. Pour éviter l'amalgame avec le sens péjoratif actuel, qu'emploie Maria Valtorta, cette traduction a été changée. occupés à courir çà et là pour empêcher les légionnaires de les arrêter et de les reconnaître. J’ai l’impression que pour les légionnaires ce fut une fête de pouvoir flanquer une raclée aux hébreux pour se dédommager de toute la haine dont ils sont gratifiés.