“Je me tais. Et même je ne fais que me réjouir de son ordre. Ainsi on ne peut dire que ces sadducéens des alentours de Jéricho Voir l'épisode précédent du sadducéen nécromancien (EMV 503.6/9). , c’est moi qui les ai envoyés”

Et il regarde Pierre, mais Pierre est absorbé et il ne voit ni ne répond rien.

Ils vont, ils vont sous une bruine fine comme le brouillard dans la journée grisâtre. De temps en temps, ils parlent entre eux. Mais ils semblent se parler à eux-mêmes, car les paroles semblent la conclusion d’un dialogue avec un interlocuteur invisible.

“Nous devrons finir par nous arrêter en quelque endroit.”

“C’est partout la même chose car eux viennent partout.”

“Persécution pour persécution, il vaut mieux s’arrêter dans une ville. Au moins on n’est pas trempé.”

“Mais à quoi veulent-ils en venir?”

“Pauvre Marie! Si elle savait!”

“Dieu Très-Haut, protège tes serviteurs!” et ainsi de suite… Cette invocation n'est pas sans rappeler la prière de protection que l'on trouve dans Prières D'un Cœur Israélite, recueil de prières de la liturgie juive traditionnelle. Puis ils se rassemblent et discutent à voix basse.

Jésus est en avant, seul… Seul! Jusqu’au moment où le rejoignent Marziam et le Zélote.

“Les autres sont descendus sur la grève pour voir s’il y a une barque… On ferait plus vite. Nous veux-tu avec Toi?”

“Venez. De quoi parliez-vous avant?”

“De ta souffrance.”

“Et de la haine des hommes. Que pouvons-nous faire pour te soulager et pour freiner la haine?” demande le Zélote.

“Pour ma douleur, il y a votre amour… Pour la haine… il n’y a qu’à la supporter… C’est une chose qui cesse avec la vie de la Terre… et cette pensée donne de la patience et du courage pour la supporter.

504.3 – Marziam! Enfant! Pourquoi es-tu troublé?”

“Parce que cela me rappelle Doras…”

“Tu as raison. Il est temps que je te renvoie à la maison…”

“Non! Jésus! Non! Pourquoi veux-tu me punir d’un mal que je n’ai pas fait?”

“Non pas te punir, mais te préserver… Je ne veux pas que tu te rappelles Doras. Qu’est-ce qui s’élève en ton intérieur à ce souvenir? Réponds…”

Marziam pleure, la tête penchée, puis il lève le visage et dit:

“Tu as raison. Mon esprit n’est pas capable de voir et de pardonner, il n’est pas encore capable. Mais pourquoi m’éloignes-tu? Si tu souffres, je dois, avec plus de raison, rester près de Toi. Tu m’as consolé, Toi, toujours! Je ne suis plus le sot enfant qui l’an passé te disait: “Ne me fais pas voir ta douleur”. Je suis vraiment un homme, maintenant. Permets-moi de rester, Seigneur! Oh! dis-le-lui, toi, Simon!”

“Le Maître sait ce qui est bien pour nous. Et peut-être… Lui veut te donner quelque charge… Je ne sais pas… Je dis ma pensée…”

“Tu as bien dit. Je l’aurais gardé, et avec tant de joie, jusqu’au-delà des Encénies. Mais… Ma Mère est seule là-bas. La rumeur de la haine est si forte. Elle pourrait craindre plus qu’il ne faut. Elle est seule, ma Mère, et elle pleure certainement. Tu iras chez elle pour lui dire que je la salue et que je l’attends désormais, pour après les Encénies. Et tu ne diras rien d’autre, Marziam.”

“Mais, si elle m’interroge?”