471.3 – … La vallée désormais est proche et déjà on voit une route, une vraie grand-route qui vient du sud et se dirige vers l’ouest, en faisant un virage juste au pied de la montagne pour en suivre la base et continuer ensuite en direction d’un beau village qui s’étend dans la verdure près d’un ruisseau, dont le lit à présent n’est guère occupé que par des pierres avec de ci de là quelques roseaux qui ont résisté, surtout au milieu où un filet, un vrai filet d’eau, s’obstine à s’écouler vers la mer.

Tous se réunissent avant de prendre la grand-route, mais ils n’ont fait que quelques mètres quand deux hommes viennent à leur rencontre en les saluant.

“Deux disciples des rabbis, et l’un d’eux est lévite. Que veulent-ils?” disent entre eux les apôtres qui ne sont pas du tout contents de la rencontre.

Moi, je ne sais pas de quoi ils déduisent que ce sont des disciples, et que l’un d’eux est lévite. Je ne comprends pas encore bien le langage des nœuds et des franges et autres secrets de l’habillement Israélite.

Jésus, quand il se trouve à deux mètres environ des deux, et quand aucune équivoque n’est possible, car la route est désormais libre de voyageurs qui, à pied ou à cheval, se hâtent vers le village, répond à leurs salutations répétées et s’arrête pour les attendre.

“La paix à Toi, Rabbi” dit maintenant le lévite qui s’était borné d’abord à saluer profondément.

“La paix à toi, et à toi” dit Jésus en s’adressant à l’autre.

“Es-tu le Rabbi nommé Jésus?”

“Je le suis.”

“Une femme Voir l'épisode précédent. est entrée avant sexte dans la ville et elle a dit qu’elle avait parlé en route avec un rabbi plus grand que Gamaliel, parce qu’en plus d’être sage, il est bon. La nouvelle nous est arrivée, et les maîtres nous ont envoyés tous, tant que nous étions, en suspendant le départ pour Jérusalem, pour te trouver: deux pour chaque route qui descend de Giscala vers les chemins de la plaine. En leur nom et par notre entremise, ils te disent: “Viens dans la ville, car nous voulons t’interroger”.

“Et pour quel motif?”

“Pour que tu te prononces sur un fait survenu à Giscala, et dont durent les conséquences.”

“Et n’avez-vous pas les grands docteurs d’Israël pour rendre un jugement? Pourquoi vous adresser au Rabbi inconnu?”

“Si tu es Celui que disent les rabbis, tu n’es pas inconnu. N’es-tu pas Jésus de Nazareth?”

“Je le suis.”

“Ta sagesse est connue des rabbis.”

“Et Moi, je connais leur rancœur à mon égard.”

“Pas tous, Maître. Le plus grand et le plus juste ne te hait pas.”

“Je le sais. Il ne m’aime pas non plus. Il m’étudie. Mais le rabbi Gamaliel est-il à Giscala?”

“Non, il est déjà parti pour être à Séphoris avant le sabbat. Il est parti tout de suite après le jugement.”

“Et alors, pourquoi me cherchez-vous? Moi aussi, je dois respecter le sabbat et il m’est à peine possible d’arriver à temps à cet endroit. Ne me retenez pas davantage.”

“Tu as peur, Maître?”

“Je n’ai pas peur, car je sais qu’aucun pouvoir n’est donné, pour l’instant, a mes ennemis. Mais je laisse aux sages le plaisir de juger.”

“Que veux-tu dire?”

“Que Moi, je ne juge pas. Moi, je pardonne.”