“Pourquoi le demandes-tu?”
“Parce que… Je ne sais pas. Nous nous le demandons tous. Tu nous semblés différent… Tu es venu seul avec Jean… Simon a dit que tu as été l’hôte de Kouza… Tu ne reposes pas… Tu ne salues que peu de gens… Il semble que tu ne veux plus revenir ici… Et ton visage… Nous ne méritons plus de savoir? Pas même moi… Tu m’aimais… Tu m’as dit des choses que seul je connais…”
“Je t’aime encore, mais je n’ai rien à dire. J’ai perdu un jour de plus que prévu. Je le rattrape.”
“Était-il nécessaire d’aller au nord?”
“Oui, frère.”
“Alors… Oh! tu as souffert, je le sens…”
Jésus enlace son cousin en lui passant un bras derrière les épaules: “Jean d’Endor est mort. Tu le sais?”
“Simon me l’a dit. pendant que je préparais les vêtements. Et puis?…”
“Je me suis séparé de ma Mère.”
“Et puis?” Jacques, plus petit que Jésus, le regarde par en dessous, insistant, inquisiteur.
“Et puis je suis content d’être avec toi, avec vous, avec Marziam. Je vais le garder avec moi, quelques mois. Il en a besoin. Il est triste et souffrant. L’as-tu vu?”
“Oui, mais il ne s’agit pas de cela… Tu ne veux pas le dire, n’importe. Je t’aime bien, même si tu ne me traites pas en ami.”
“Jacques, tu es pour Moi plus qu’un ami. Mais mon cœur a besoin de repos…”
“Et donc de ne pas parler de ce qui te fait souffrir. J’ai compris. C’est Judas qui t’afflige?”
“Qui? Ton frère?” Jude et Judas se prononcent pareillement en hébreu : Iéhouda. L'italien, comme le latin, conservent cet amalgame, ce qui nécessite de recourir au surnom pour les distinguer. Une telle confusion avait déjà eut lieu en EMV 70.6.
“Non, l’autre.”
“Pourquoi cette question?”
“Je ne sais. Pendant que tu étais absent, un envoyé de nous ne savons pas qui a cherché Judas plusieurs fois. Lui l’a toujours repoussé, mais…”
“Pour vous tout acte de Judas est toujours un crime. Pourquoi manquer à la charité?…”
“C’est qu’il est tellement torve, troublé. Il fuit ses compagnons. Il est nonchalant…”
“Laisse-le faire. Depuis plus de deux années qu’il est avec nous, il a toujours été ainsi… Pense aux deux petits vieux, comme ils vont être heureux. Et sais-tu pourquoi je vais là? Je veux leur recommander le petit menuisier de Chorazeïn (Corozaïn) Joseph de Chorazeïn (Corozaïn), orphelin du menuisier. …”
Ils s’éloignent en parlant. Derrière eux, en groupe, viennent les apôtres qui ont attendu Judas pour ne pas le laisser seul en arrière, bien qu’il soit si visiblement ennuyé que cela n’incite vraiment pas à l’avoir avec soi.