“Moi, je ne pourrais que dire de faire ce que mon Fils fait toujours: avoir miséricorde. Ce n’est pas moi qui fais la leçon à Jésus, mais c’est Jésus qui instruit sa disciple.”

“Tu es sa Mère.”

“Cela est pour mon cœur. Mais en vertu de son droit, Lui est mon Maître. Ni plus ni moins que pour toutes les autres femmes disciples.”

“Toi, tu es parfaite.”

“Lui est toute Perfection.”

Judas se tait et réfléchit, puis il demande:

“Où est allé le Maître?”

“À Bethléem de Galilée.”

“Et ensuite?”

“Je ne sais pas.”

“Mais il revient ici?”

“Oui.”

“Quand?”

“Je ne sais pas.”

“Tu ne veux pas me le dire!”

“Je ne peux pas dire ce que je ne sais pas. Tu le suis depuis deux ans. Peux-tu dire qu’il a eu toujours un itinéraire certain? Combien de fois la volonté des hommes l’a obligé à faire des changements?”

“C’est vrai.

442.8 - Je vais partir… Pour Capharnaüm.”

“Le soleil est trop chaud pour voyager. Reste. Tu es un pèlerin comme tous les autres. Et Lui a dit que les femmes disciples doivent en avoir soin.”

“Ma vie est répréhensible pour toi…”

“Ton refus de guérir m’est douloureux! Cela seulement… Enlève ton manteau… Où as-tu dormi?”

“Je n’ai pas dormi. J’ai attendu l’aube pour te voir seule.”

“Alors tu dois être fatigué. Dans la pièce, il y a les deux lits qui ont servi à Simon et à Thomas, elle est encore tranquille et fraîche. Va et dors pendant que je te prépare un repas.”

Judas s’en va sans dire un mot. Et Marie, sans se reposer après la nuit passée à veiller, va à la cuisine pour préparer le feu et au jardin pour prendre des légumes. Et des larmes, des larmes, des larmes tombent silencieusement pendant qu’elle se penche sur le foyer pour disposer le bois, ou sur la terre pour cueillir les légumes, et pendant qu’elle les lave dans le bassin et les épluche… Et les larmes tombent avec les graines blondes pendant qu’elle donne le repas aux colombes, ou Sur le linge qu’elle enlève de la vasque et étend au soleil… Les larmes de la Mère de Dieu… de Celle qui, exempte de toute Faute, ne fut pas exempte de la douleur et souffrit plus que toute autre femme pour être la Corédemptrice La note doctrinale Mater populi fidelis du 4 novembre 2025 ne met pas en doute la participation de Marie à la Rédemption ; elle rappelle simplement qu'il faut une terminologie qui respecte la primauté du Rédempteur : Jésus. Le terme corédemptrice, bien qu'historique et bien qu'ayant remplacé le terme plus ancien de Rédemptrice dans l'usage liturgique, lui semble porteur d'ambigüité et donc d'usage inopportun. Cependant cette discipline de langage ne doit pas occulter la participation Marie à la Rédemption. Marie est la première et la plus parfaite coopératrice du Christ, la "nouvelle Ève" qui, par son "oui", rend possible l'incarnation et, par sa maternité spirituelle, continue d'intercéder pour l'humanité. Les affirmations des encycliques et d'autres écrits, antérieurs à cette note, restent valables lorsqu'elles sont comprises à la lumière de cette coopération subordonnée, et non comme une attribution d'un pouvoir rédempteur égal à celui de Jésus.