En effet la liberté de se conduire, laissée par Dieu à l’homme son enfant, c’est comme un serviteur capable donné par Dieu à l’homme, son enfant, pour l’aider à rendre fertile la vigne, c’est-à-dire l’âme.
Si l’homme ne devait pas se fatiguer lui-même pour devenir riche, pour se faire un avenir éternel de prospérité surnaturelle, s’il avait dû tout recevoir de Dieu, quel mérite aurait-il eu de se recréer une sainteté après que Lucifer ait corrompu la sainteté donnée au début et gratuitement par Dieu aux premiers hommes? C’est déjà beaucoup qu’aux créatures tombées par suite de l’hérédité de la faute, Dieu accorde de mériter la récompense et d’être saints, en renaissant, par leur propre volonté, à cette nature initiale de créatures parfaites que le Créateur avait donnée à Adam et Ève, et à leurs enfants, si les parents s’étaient conservés exempts de la Faute originelle. L’homme tombé doit redevenir un homme élu, par sa propre volonté libre.
Or, qu’arrive-t-il dans les âmes? Cela. L’homme confie son âme à sa volonté, à son libre arbitre, qui se met à cultiver la vigne restée jusqu’alors un terrain sans plantes, bon, mais dépouillé de plantes durables. Il n’y avait eu dans les premières années d’existence que des herbes grêles et des fleurettes caduques poussées çà et là: la bonté instinctive de l’enfant qui est bon parce qu’il est encore un ange qui ignore le Bien et le Mal.
Vous direz: “Combien de temps reste-t-il ainsi?” On dit généralement: pendant les six premières années. Mais, en vérité, il y a des raisons précoces Précoce : Voir EMV 7.7. à cause desquelles il y a des enfants qui avant leurs six ans accomplis sont déjà responsables de leurs actes. Il y a des enfants responsables de leurs actes même a trois, quatre ans, car ils savent ce qui est Bien et ce qui est Mal, et veulent librement l’un ou l’autre. Du moment que l’enfant sait distinguer la mauvaise action de la bonne action, il est responsable. Pas avant.
Donc un sot, même à cent ans est un irresponsable, mais à sa place sont responsables les tuteurs, qui doivent avec amour veiller sur lui, et sur le prochain auquel l’idiot ou le fou peut faire du tort, pour que celui qui est inconscient ne fasse pas de tort ni à lui-même ni aux autres. C’est pourquoi Dieu n’impute pas de fautes à l’idiot ou au fou, parce que pour son malheur il est privé de raison.
Mais nous parlons des êtres qui sont intelligents et sains d’esprit et de corps.
428.4 – L’homme confie donc sa vigne inculte à celui qui la travaille: le libre arbitre; et lui commence à la cultiver. L’âme: la vigne, a pourtant une voix et elle la fait entendre au libre arbitre, une voix surnaturelle nourrie des voix surnaturelles que Dieu ne refuse jamais aux âmes: celle du Gardien, celle des esprits envoyés par Dieu, celle de la Sagesse, celle des souvenirs surnaturels ÂME : Souvenirs surnaturels qu'explique la note suivante de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée : Dieu a mis en l'homme, non seulement la raison, mais aussi la conscience. Celle-ci a sa propre voix qui rappelle, exhorte ou reprend. Elle rappelle comment l'on doit agir et ce qu'on ne doit pas faire, parce que c'est mal. Elle exhorte à éviter le mal, car cela s'oppose à toute loi naturelle et surnaturelle. Elle corrige, une fois la mauvaise action accomplie, invite à réparer et à se repentir. Elle fait sentir que le mal effectué sur la terre provoque la perte d'une récompense future, la perte du Bien suprême. Voilà l'action de la conscience car, ayant été donnée par Dieu, elle ne peut que garder vivant ou susciter dans la créature le souvenir de Celui qui l'a donnée pour servir de guide à l'homme. dont toute âme se rappelle même sans que l’homme en ait exactement conscience. Et elle parle au libre arbitre, d’une voix suave, suppliante même, pour le prier de l’orner de plantes bonnes, d’être actif et sage pour ne pas faire d’elle une ronceraie sauvage, mauvaise, empoisonnée, où nichent les serpents et les scorpions et où font leurs terriers le renard et la fouine et autres quadrupèdes malfaisants.
Le libre arbitre n’est pas toujours un bon cultivateur. Il ne garde pas toujours la vigne, et il ne la défend pas toujours avec une haie infranchissable, c’est-à-dire avec une volonté ferme et bonne, qui tend à défendre l’âme des voleurs, des parasites, de toutes les choses pernicieuses, des vents violents qui pourraient faire tomber les fleurs des bonnes résolutions quand elles sont à peine formées dans le désir.
Oh! quelle haie haute et forte il faut élever autour du cœur pour le sauver du mal! Comme il faut veiller pour qu’elle ne soit pas forcée, pour que n’y soient pas ouvertes ni de grandes ouvertures, par lesquelles passent les dissipations, ni des ouvertures petites et traîtresses, à la base, par lesquelles s’insinuent les vipères: les sept vices capitaux PÉCHÉS CAPITAUX : L'orgueil, la colère, l'avarice, la luxure, la paresse, l'envie, la gourmandise. Le mot capital n'indique pas la gravité, mais le fait qu'ils sont la tête (caput en latin) d'où découlent d'autres péchés. Pour cette raison, la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin indique que l'appellation de vices serait plus appropriée que celle de péchés. À noter que c'est bien ce terme qu'emploie Jésus dans Maria Valtorta. ! Comme il faut sarcler, brûler les herbes nuisibles, tailler, bêcher, fumer par la mortification, soigner sa propre âme par l’amour envers Dieu et le prochain. Et Surveiller, avec les yeux ouverts et éclairés et avec un esprit éveillé, pour que les plants, qui avaient pu paraître bons, ne se révèlent pas mauvais par la suite, et si cela arrive, les arracher sans pitié. Mieux vaut une plante unique et parfaite qu’un grand nombre inutiles ou nuisibles.
Nous avons des cœurs, nous avons donc des vignes qui sont toujours cultivées, garnies de nouvelles plantes par un cultivateur désordonné qui entasse toujours de nouvelles plantes: tel travail, telle idée, telle volonté, pas même primitivement mauvaises mais qui, par la suite, si on ne s’en occupe pas et deviennent mauvaises, tombent sur le sol, s’abâtardissent, meurent… Que de vertus périssent, parce qu’elles se mêlent à la sensualité, parce qu’elles ne sont pas cultivées, parce que, pour conclure, le libre arbitre n’est pas soutenu par l’amour! Combien de voleurs entrent pour dérober, pour mettre le désordre, pour arracher, parce que la conscience dort au lieu de veiller, parce que la volonté s’affaiblit et se corrompt, parce que le libre arbitre se laisse séduire par le Mal, et que lui, qui est libre, en devient l’esclave.
Mais, pensez! Dieu le laisse libre, et l’arbitre devient esclave des passions, du péché, des concupiscences; du Mal en somme, L’orgueil, la colère, l’avarice, la luxure, d’abord mélangés aux plantes bonnes, ensuite triomphants à leur détriment!… Un désastre! Quel feu qui dessèche les plantes parce qu’il n’y a plus l’oraison qui est union avec Dieu, ni par conséquent la rosée des sucs bienfaisants sur l’âme! Quelle gelée pour glacer les racines par le manque d’amour pour Dieu et le prochain! Quel épuisement du terrain parce que l’on refuse la fumure de la mortification, de l’humilité! Quel entrelacement inextricable des branches qui sont bonnes et de celles qui ne le sont pas, parce que l’on n’a pas le courage de souffrir pour s’amputer de ce qui est nuisible! Tel est l’état d’une âme qui a pour la garder et la cultiver un arbitre désordonné et qui se tourne vers le Mal.
Au contraire, l’âme qui a un arbitre qui vit dans l’ordre, vit dans l’obéissance à la Loi, qui a été donnée pour que l’homme sache ce qu’est l’ordre et en quoi il consiste, comment on le conserve, et qui est héroïquement fidèle au Bien, parce que le Bien élève l’homme et le rend semblable à Dieu, alors que le Mal l’abrutit et le rend semblable au démon, est une vigne arrosée par les eaux pures, abondantes, utiles de la foi, dûment ombragée par les plantes de l’espérance, ensoleillée par le soleil de la charité, corrigée par la volonté, fumée par la mortification, taillée par la force, conduite par la justice, surveillée par la prudence et la conscience. Et la Grâce croît, aidée par tant de choses, la Sainteté croît, et la vigne devient un jardin merveilleux où Dieu descend pour prendre ses délices, jusqu’à ce que la vigne se gardant elle-même toujours comme un jardin parfait, jusqu’à la mort de la créature, Dieu fasse porter par ses anges ÂME : Porter par ses anges, dont le rôle est précisé par cette note de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée : Ce n'est pas que l'âme ait besoin des anges pour monter à Dieu. Mais je veux dire que le "bon" travail est présenté par les anges à Dieu afin qu'il soit consigné dans les livres éternels. ce travail d’un libre arbitre plein de bonne volonté et bon dans le grand et éternel Jardin des Cieux.
C’est certainement ce sort que vous voulez. Alors veillez pour que le Démon, le Monde, la Chair ne séduisent pas votre arbitre et ne dévastent pas votre âme. Veillez pour qu’existe en vous l’amour véritable et non l’amour propre qui l’éteint et jette l’âme aux fantaisies de toutes les sortes de sensualité et du désordre. Veillez jusqu’à la fin, et les tempêtes pourront vous tremper mais sans vous nuire, et vous irez, chargés de fruits, vers votre Seigneur pour la récompense éternelle.
428.5 – J’ai fini. Maintenant méditez et reposez-vous jusqu’au crépuscule, pendant que je me retire pour prier.”
“Non, Maître. Nous ne devons pas tarder à nous mettre en route pour arriver aux maisons” dit Pierre.
“Mais pourquoi? Il y a encore du temps avant le crépuscule!” disent plusieurs.
“Moi, je ne pense pas au crépuscule, ni au sabbat. Je pense qu’il ne passera pas une heure avant qu’il arrive une tempête furieuse. Voyez-vous ces langues noires qui se lèvent doucement des chaînes de la Samarie? Et celles si blanches qui arrivent au galop de l’occident?
Un vent élevé pousse celles-ci, et un vent bas celles-là. Mais quand elles seront au-dessus d’ici, le vent élevé cédera au sirocco et les nuages noirs, chargés de grêle, s’abaisseront et heurteront les blancs chargés de foudre, et quelle musique vous allez entendre! Allons, vite! Je suis pêcheur et je lis dans le ciel.”
Jésus obéit tout le premier, et tous se mettent à marcher vivement vers les fermes de la plaine…
428.6 – Au pont ils rencontrent Judas qui crie:
“Oh! Mon Maître! Comme j’ai souffert loin de Toi! Louange à Dieu qui a récompensé ma constance pour t’attendre ici! Comment s’est passé le voyage à Césarée?”
“Paix à toi, Judas, répond brièvement Jésus, et il ajoute: “Nous parlerons dans les maisons. Viens. L’orage menace.”
En effet commencent les rafales de vent qui soulèvent des nuages de poussière sur les routes brûlées par le soleil. Le ciel se couvre de nuages de toutes formes et de toutes couleurs, et l’air devient jaune et blême… Les premières gouttes, énormes, chaudes, clairsemées se mettent à tomber et les premiers éclairs sillonnent le ciel devenu presque noir…
Ils se mettent à courir à toutes jambes. Grand est leur désir d’échapper à l’averse et ils arrivent ainsi aux premières maisons, quand dans le vacarme de la foudre tombée à peu de distance, un déluge de pluie et de grêle s’abat sur la contrée, dégageant une forte odeur de terre détrempée et d’ozone produit par les éclairs qui se succèdent sans arrêt…
Ils entrent, et heureusement la maison possède des portiques, et elle est habitée par des paysans qui croient au Messie. Et avec vénération, ils invitent le Maître à y prendre son logement avec ses compagnons “comme si la maison était à Toi.
Mais lève ta main pour repousser la grêle, par pitié pour notre travail” disent-ils en entourant Jésus.
Jésus lève la main en se tournant vers les quatre points cardinaux, et l’eau descend seule du ciel pour abreuver les vergers, les vignes, les prés et pour purifier l’atmosphère si lourde.
“Sois béni, Seigneur! dit le chef de famille. Entre, mon Seigneur!”
Et pendant que dure la pluie, Jésus entre dans une pièce très vaste, certainement un magasin, et il s’assoit, fatigué, entouré des siens.