“Seras-tu toujours bon si tu guéris? Un bon fils? Un bon citoyen? Un bon fidèle?”

Il pose les questions, en les détachant bien, pour donner au petit le temps de répondre à chacune.

“Te souviendras-tu de ce que tu promets maintenant? Toujours?”

Les “oui” faibles et exprimant pourtant un si profond désir tombent, l’un après l’autre, comme autant de soupirs de l’âme.

“Donne-moi une main, petit.”

Le petit malade veut donner la gauche qui est saine. Mais Jésus dit:

“Donne-moi l’autre. Je ne te ferai pas mal.”

“Seigneur, dit la mère, ce n’est qu’une plaie. Laisse-moi l’envelopper, pour Toi…”

“N’importe, femme. Je n’ai de dégoût que pour les impuretés des cœurs. Donne-moi la main et dis avec Moi: “Je veux être toujours bon comme fils, comme homme et comme croyant dans le Dieu vrai”.”

L’enfant répète en forçant sa petite voix. Oh! c’est toute son âme qui est dans cette voix, et l’espérance… et certainement aussi celle de la mère.

419.4 - Il s’est fait un silence solennel dans la pièce et dans la rue. Jésus, qui tient de la main gauche la main droite du malade, lève sa main droite - c’est son geste quand il annonce une vérité ou quand il impose sa volonté aux maladies et aux éléments - et se redressant, solennel, il dit d’une voix puissante:

“Et Moi, je veux que tu sois guéri. Lève-toi, enfant, et loue le Seigneur”

Il lâche la petite main qui maintenant est tout à fait saine, maigre, mais sans la moindre excoriation, et il dit à la mère:

“Découvre ton enfant.”

La femme a le visage de quelqu’un qui attend une sentence de mort ou de grâce. En hésitant, elle enlève les couvertures… elle pousse un cri et se jette sur le petit corps, très maigre, mais sain, le baise, l’étreint… elle est folle de joie. Si bien qu’elle ne voit pas que Jésus s’éloigne du lit et se dirige vers la porte.

Mais le petit malade le voit et dit:

“Bénis-moi, ô Seigneur, et permets-moi de te bénir. Maman… tu ne remercies pas?”

“Oh! pardon…!”

La femme, avec l’enfant dans les bras, se jette aux pieds de Jésus.

“Je comprends, femme. Va en paix et sois heureuse. Adieu, enfant, sois bon. Adieu à tous.”

Et il sort.

419.5 - Des femmes nombreuses lèvent leurs enfants pour que la bénédiction de Jésus les préserve du mal, à l’avenir. Les petits se faufilent parmi les grandes personnes pour se faire caresser. Et Jésus bénit, caresse, écoute, s’arrête encore pour guérir trois personnes qui ont les yeux malades et quelqu’un qui tremble comme s’il avait la danse de Saint-Guy La danse de saint-Guy (ballo di S. Vito, en italien) est le nom familier d'une maladie du système nerveux, la chorée, caractérisée par des contractions musculaires et par des mouvements involontaires. .

Maintenant il est au centre du village.

“Il y a ici un de mes parents, qui est sourd-muet de naissance. Il aurait l’esprit éveillé, mais il ne peut rien faire. Guéris-le, Jésus” dit le passeur.

“Conduis-moi à lui.”