Vous, vous qui êtes humbles et ne rêvez pas aux trônes ni aux couronnes, vous qui ne cherchez pas les gloires humaines, mais la paix et le triomphe de Dieu, son Royaume, son amour, la vie éternelle, et cela seulement, ne les imitez jamais. Veillez! Veillez! Gardez-vous purs de toute corruption, forts contre les insinuations, contre les menaces, contre tout.”

Judas, qui a compris que Jésus sait quelque chose, est devenu un masque terreux. Ses yeux dardent des éclairs mauvais sur le Maître et Jeanne… Il se retire derrière ses compagnons, comme pour s’appuyer au mur. En réalité il le fait pour cacher son désappointement.

402.5 – Jésus continue après une brève interruption qui semble destinée à séparer la première partie de son instruction de la seconde.

Il dit: “Il fut un temps où le jezraélite Naboth avait une vigne près du palais d’Achab, roi de Samarie 1Rois 21,1-3. . C’était une vigne de ses pères, très chère par conséquent à son cœur, quasi sacrée pour lui car c’était l’héritage que lui avait laissé son père, après l’avoir hérité à son tour de son propre père, et ce dernier du sien, et ainsi de suite. Des générations d’ancêtres avaient sué dans cette vigne pour la rendre toujours plus florissante et plus belle. Naboth l’aimait beaucoup. Achab lui dit: “Cède-moi ta vigne qui touche ma maison et me sera donc très utile pour en faire un jardin pour moi et pour ceux qui sont avec moi. En échange, je te donnerai une vigne meilleure, ou de l’argent si tu préfères”. Mais Naboth répondit: “Je regrette de te déplaire, ô roi, mais je ne peux te faire ce plaisir. Cette vigne est un héritage de mes pères et elle est sacrée pour moi. Dieu me garde de te céder l’héritage de mes pères”.

Méditons cette réponse. Trop peu la méditent, trop peu en Israël. Beaucoup, la plupart, ceux dont j’ai parlé d’abord, chassent facilement le Christ pour accueillir Satan, sans respect pour l’héritage des pères, pourvu qu’ils aient beaucoup d’argent ou beaucoup de terrain, c’est-à-dire beaucoup d’honneurs et l’assurance de n’être pas supplantés facilement.

Ils consentent à céder l’héritage des pères, c’est-à-dire l’idée messianique pour ce qu’elle est en vérité, ainsi qu’elle a été révélée aux saints d’Israël et qui devrait être sacrée dans ses plus petits détails, pas négligée, pas altérée, pas rabaissée par des limitations humaines. Combien, combien, combien troquent la lumineuse idée messianique, toute sainte et toute spirituelle, contre un fantoche de royauté humaine agité comme un épouvantail pour contrer, pour blasphémer les autorités et la vérité!

402.6 – Moi, qui suis Miséricorde, je n’arrive pas à les maudire par les terribles malédictions de Moïse aux transgresseurs de la Loi. Mais derrière la Miséricorde il y a la Justice. Que chacun s’en souvienne!

Moi, pour mon compte, je leur rappelle - et s’il y a quelqu’un d’eux parmi ceux qui sont ici, qu’il reçoive de bonne grâce l’avertissement - je rappelle d’autres paroles de Moïse dites à ceux qui voulaient être plus que ce que Dieu avait fixé pour eux.

Moïse dit à Coré, Dathan et Abiron Coré, Datân et Abiram. Nombres 16,1 et suivants. , qui se disaient égaux à Moïse et Aaron et qui se révoltaient de n’être que des fils de Lévi dans le peuple d’Israël: “Demain le Seigneur fera connaître qui Lui appartient et II fera approcher de Lui les saints, ceux qu’il aura choisis s’approcheront de Lui. Mettez du feu dans vos encensoirs et sur le feu de l’encens en présence du Seigneur, et venez, vous et les vôtres, avec Aaron. Et nous verrons qui le Seigneur choisit. Vous vous élevez un peu trop, fils de Lévi!”

Vous, bons Israélites, vous savez quelle fut la réponse de Dieu à ceux qui voulaient s’élever un peu trop Lévite éminent de la lignée de Qehath, auquel s'allient Dathan et Abiram, princes de la tribu de Ruben, Coré mène une rébellion contre l'autorité de Moïse et d'Aaron, arguant que tout le peuple étant saint, l'autorité ne pourrait demeurer en les mains des deux frères. Moïse s'en remet au jugement divin : que chacun, Aaron et Coré apportent une offrande d'encens, afin de déterminer laquelle sera agréée. Coré et ses gens sont engloutis par la terre, mais Nombres 26, 11 précise "Les enfants de Coré ne moururent pas". , en oubliant que Dieu choisit les places de ses fils, et choisit, et choisit avec justice, et choisit avec exactitude. Moi aussi, je dois dire: “Il y en a certains qui veulent s’élever un peu trop et seront punis de façon que les bons comprendront qu’eux ont blasphémé le Seigneur”.

Ceux qui troquent l’idée messianique, telle que l’a révélée le Très-Haut, contre leur pauvre idée, humaine, lourde, bornée, vindicative, ne sont-ils pas semblables à ceux qui voulaient juger le saint qui était en Moïse et Aaron? Ceux qui pour atteindre leur but, la réalisation de leur pauvre idée, veulent d’eux-mêmes prendre des initiatives, par orgueil en les disant plus justes que celles de Dieu, ne vous semble-t-il pas qu’ils veulent trop s’élever et de race de Lévi devenir illégalement race d’Aaron?

Ceux qui rêvent d’un pauvre roi d’Israël et le préfèrent au Roi des rois spirituel, ceux qui, à cause de leurs pupilles malades sécrètent l’orgueil et la cupidité qui leur donnent une image déformée des vérités éternelles écrites dans les livres saints, et auxquels la fièvre d’une humanité pleine de désirs charnels rend incompréhensibles les paroles claires de la Vérité révélée, ne sont-ils pas peut-être ceux qui troquent contre un rien sans valeur l’héritage de toute leur race? L’héritage le plus sacré?

Mais si eux le font, Moi, je ne troquerai pas l’héritage du Père et des pères et je mourrai fidèle à cette promesse qui vit depuis le moment où la Rédemption fut nécessaire, à cette obéissance qui est de toujours, car je n’ai jamais déçu mon Père et jamais ne le décevrai par la crainte d’une mort si horrible qu’elle soit. Qu’ils procurent, mes ennemis, les faux témoins, qu’ils feignent le zèle et des pratiques parfaites, cela ne changera rien à leur crime et à ma sainteté. Mais celui et ceux qui seront ses complices après l’avoir corrompu, croiront pouvoir étendre la main sur ce qui est à Moi, trouveront les chiens et les vautours qui se repaîtront de leur sang, de leur corps sur la Terre, et les démons qui se repaîtront de leur esprit sacrilège, sacrilège et déicide, dans l’Enfer.

402.7 – Je vous ai dit cela pour que vous le sachiez. Pour que chacun le sache. Pour que celui qui est mauvais puisse se repentir, pendant qu’il peut encore le faire en imitant Achab. et pour que celui qui est bon ne soit pas troublé à l’heure des ténèbres.

O fils de Béther, adieu. Que le Dieu d’Israël soit toujours avec vous et que la Rédemption fasse descendre sa rosée sur un champ qui est pur pour qu’y germent toutes les semences répandues dans vos cœurs par le Maître qui vous a aimés jusqu’à la mort.”

Jésus les bénit et les regarde s’en aller lentement. Le crépuscule est arrivé. Seule une coloration rouge, qui se dégrade lentement en une couleur violacée, reste comme simple souvenir du soleil. Le repos sabbatique est fini. Jésus peut partir. Il embrasse les petits, salue les femmes disciples, salue Kouza. Et sur le seuil du portail, il se retourne encore et dit à haute voix, de manière que tous entendent:

“Je parlerai, quand je pourrai le faire, à ces créatures. Mais toi, Jeanne, veille à leur faire savoir qu’en Moi il n’y a que l’ennemi de la Faute et le Roi de l’esprit. Et souviens-t-en, toi aussi, Kouza. Et ne crains pas. Personne n’a à craindre de Moi. Pas même les pécheurs puisque je suis le Salut. Seuls les impénitents jusqu’à la mort auront à craindre du Christ qui sera le Juge après avoir été le Tout Amour… La paix soit avec vous” et il sort en tête et commence la descente…

Le dessin de Maria Valtorta, que nous reproduisons ici, se trouve sur un feuillet cousu à la dernière page manuscrite du chapitre suivant. On y lit les quatre points cardinaux et, dans le rond au sud-est, Béther.