Les deux fils d’Alphée sont du même avis.

“Eh bien, je vous le promets. Bien que, croyez-le, le Paraclet saura se faire comprendre de vos âmes. Mais je viendrai vous dire: “Jacques, fais ceci ou cela. Simon Pierre, ce n’est pas bien que tu fasses cette autre chose. Jude, fortifie-toi pour être prêt à ceci ou à cette autre chose.”

“Oh! très bien. Maintenant je suis plus tranquille. Et viens souvent, sais-tu? Car je serai comme un pauvre enfant perdu et qui ne fait que pleurer et… faire des choses qui ne sont pas bonnes…”

Pierre en pleurerait presque dès maintenant…

369.4 - Jude Thaddée demande:

“Ne pourrais-tu pas le faire pour tous dès maintenant? Je veux dire: pour ceux qui doutent, pour les coupables, pour les renégats. Peut-être un miracle…”

“Non, frère. Le miracle fait beaucoup de bien, le miracle de cette espèce spécialement, quand il est donné au temps et au lieu voulus à des personnes qui ne sont pas malicieusement coupables. Donné à des personnes malicieusement coupables, il augmente leur culpabilité car il augmente leur orgueil. Le don de Dieu, ils le prennent pour une faiblesse de Dieu qui les supplie, eux les orgueilleux, de Lui permettre de les aimer. Le don de Dieu, ils le prennent pour le fruit de leurs grands mérites. Ils se disent: “Dieu s’humilie avec moi, parce que je suis saint”.

C’est la ruine complète, alors. La ruine d’un Marc de Josias, par exemple, et d’autres avec lui… Malheur, malheur à qui prend ce chemin satanique. Le don de Dieu se change en lui en poison de Satan.

C’est l’épreuve la plus grande et la plus assurée du degré d’élévation et de volonté sainte dans un homme, que d’être gratifié de dons extraordinaires. Très souvent l’homme en est enivré humainement, et de spirituel il devient toute humanité, et puis il descend et devient démoniaque.”

“Et alors pourquoi Dieu les accorde-t-Il? Il vaudrait mieux qu’il ne les accorde pas!”

“Simon de Jonas, pour t’apprendre à marcher, ta mère t’a-t-elle toujours tenu dans les langes et sur ses bras?”

“Non. Elle me mettait par terre et me laissait les jambes libres.”

“Mais tu es tombé?”

“Oh! un nombre infini de fois! D’autant plus que j’étais très… Enfin, tout petit, j’avais la prétention d’agir par moi-même et de tout bien faire.”

“Mais maintenant tu ne tombes plus?”

“Il ne manquerait plus que cela! Maintenant je sais qu’il est dangereux de grimper sur le dossier d’un siège, que prétendre se servir des gouttières pour descendre du toit par le plus court chemin c’est une erreur, que vouloir voler depuis le figuier jusqu’à l’intérieur de la maison, comme si on était un oiseau, c’est de la folie. Mais quand j’étais petit, je ne le savais pas. Et si je ne me suis pas tué, c’est vraiment un mystère. Cependant tout doucement j’ai appris à me bien servir de mes jambes et aussi de ma tête.”

“Alors Dieu a bien fait de te donner des jambes et une tête, et ta mère de te laisser apprendre à tes dépens?”

“Certainement!”

“C’est ce que Dieu fait avec les âmes. Il leur fait les dons et comme une mère Il avertit et enseigne. Mais ensuite chacun doit déterminer par lui-même comment il s’en servira.”

“Et si quelqu’un est idiot?”

“Dieu ne fait pas de dons aux idiots. Eux, II les aime parce qu’ils sont malheureux, mais il ne leur donne pas ce dont ils ne comprendraient pas l’usage.”

“Mais s’il les leur donnait et si eux en usaient mal?”

“Dieu les traiterait d’après ce qu’ils sont: des incapables et donc des irresponsables. Il ne les jugerait pas.”

“Et si quelqu’un, qui était intelligent quand il les a reçus, devient ensuite sot ou fou?”

“Si c’est par maladie, il n’est pas coupable de ne pas employer le don qu’il a eu.”