“C’est un mystère. Une chose inexplicable!” disent plusieurs.
Et Judas de Kériot:
“Oui. Je le faisais parler. Toute une hérésie. Mais comment il l’explique! Il vous persuade presque. Il n’était pas si sage quand il était juste.”
“Tu devrais dire qu’il n’était pas si fou quand il était possédé près de Gamala!” dit Jacques de Zébédée.
Et Jean demande:
“Pourquoi, Seigneur, quand il était possédé te nuisait-il moins que maintenant? Ne pourrais-tu pas le guérir pour qu’il ne te nuise pas?”
“Parce que maintenant il a accueilli en lui un démon intelligent. C’était d’abord une auberge prise de force par une légion de démons, mais il ne consentait pas à les loger.
Maintenant son intelligence a voulu Satan et Satan a mis en lui une force démoniaque intelligente. Contre cette seconde possession, je ne puis rien. Je devrais violenter la volonté libre de l’homme.”
“Tu souffres, Maître?!”
“Oui. Ce sont mes angoisses… mes défaites… Et je m’en afflige, car ce sont des âmes qui se perdent. Pour cela seulement, non pour le mal qu’ils me font à Moi.”
368.13 – Ils se sont arrêtés en attendant que le chemin soit dégagé d’un engorgement de gens et de montures et ils se trouvent tous groupés. Le regard de la mère de Judas est si perçant que son fils lui demande:
“Mais, enfin, qu’as-tu? Est-ce la première fois que tu vois mon visage? En vérité tu es malade et je dois te faire soigner…”
“Je ne suis pas malade, fils! Et ce n’est pas la première fois que je te vois!”
“Et alors?”
“Et alors… rien. Je voudrais seulement que tu ne mérites jamais ces paroles du Maître.”
“Moi, je ne l’abandonne pas et je ne l’accuse pas. Je suis son apôtre, moi!”
Ils reprennent la route jusqu’à ce que Jésus s’arrête pour saluer Jeanne et les femmes disciples qui vont avec Jeanne chez cette dernière. Les hommes, de leur côté, vont tous au Gethsémani.
“Nous pouvions aller tous là. J’aurais voulu voir ce que disait Élise.”
“Tu le verras. Car c’est seulement aujourd’hui qu’elle saura, et par Moi, que je lui confie Anastasica.”
“Et le repas, ce soir?”
“Oui. J’ai dit à Jeanne ce qu’elle doit faire.”
“Que doit-elle faire? Quand le lui as-tu dit?”
“Vous le verrez. Avant de la quitter, pendant que je la saluais. Allons vite pour être de bonne heure au jardin de Jeanne.”