349.6 - Ils sont éveillés par une clarté si vive qu’elle fait évanouir celle du soleil et qui se propage et pénètre jusque sous la verdure des buissons et des arbres sous lesquels ils se sont installés.

Ils ouvrent leurs yeux étonnés et ils voient Jésus transfiguré Sur un feuillet inséré entre les pages d'une copie dactylographiée, Maria Valtorta a écrit : Note sur la Transfiguration. Pour écarter les astuces de Satan et les pièges des futurs ennemis du Verbe incarné — bien connus de Dieu le Père —, Dieu a enveloppé le Christ de tous les aspects ordinaires des enfants d'une femme, non seulement jusqu'à ce qu'il soit " l'enfant et le fils du charpentier " mais même quand il fut le Maître. Seuls sa sagesse et ses miracles le distinguaient des autres. Mais Israël, bien que dans une moindre mesure, connaissait d'autres maîtres (les prophètes) et d'autres faiseurs de miracles. Cela devait servir à éprouver aussi la foi de ses élus : les apôtres et les disciples. Ils devaient "croire sans voir" des choses extraordinaires et divines. C'est ainsi qu'ils voyaient l'Homme savant et saint qui accomplissait même des miracles, mais qui, en tout le reste, était semblable à eux pour ce qui est des besoins humains. Néanmoins, pour confirmer les trois apôtres après qu'ils ont été troublés par l'annonce de sa future mort en croix, il se révèle maintenant dans toute la gloire de sa Nature divine. Après cela, le doute, que sa mort en croix annoncée avait insinué chez ses plus proches disciples, ne pouvait plus subsister : ils avaient vu Dieu, Dieu en l'Homme qui allait être crucifié. C'était la manifestation des deux Natures unies hypostatiquement. Manifestation indéniable qui ne pouvait laisser de doute. Et à Dieu le Fils qui se manifeste pour ce qu'il est, s'unissent Dieu le Père par ses paroles, et le Ciel, représenté par Moïse et Élie. Après avoir ébranlé leur foi par l'annonce de sa mort, Jésus rétablit, et même augmente leur foi par sa transfiguration. . Il est maintenant tel que je le vois dans les visions du Paradis, naturellement sans les Plaies et sans la bannière de la Croix, mais la majesté du visage et du corps est pareille, pareille en est la clarté et pareil le vêtement qui est passé d’un rouge foncé à un tissu immatériel de diamant et de perles qui est son vêtement au Ciel. Son visage est un soleil qui émet une lumière sidérale, mais très intense, et ses yeux de saphir y rayonnent. Il semble encore plus grand, comme si sa gloire avait augmenté sa taille.

Je ne saurais dire si la clarté, qui rend phosphorescent même le plateau, provient toute entière de Lui ou bien si à sa clarté propre se mélange toute celle qu’a concentrée sur son Seigneur toute la lumière qui existe dans l’Univers et dans les Cieux. Je sais que c’est quelque chose d’indescriptible.

Jésus est maintenant debout, je dirais même qu’il est au-dessus de la terre car entre Lui et la verdure du pré il y a une sorte de vapeur lumineuse, un espace fait uniquement de lumière et sur lequel il semble qu’il se dresse. Mais elle est si vive que je pourrais me tromper et l’impossibilité de voir le vert de l’herbe sous les pieds de Jésus pourrait venir de cette lumière intense qui vibre et produit des ondes, comme on le voit parfois dans les incendies. Des ondes, ici, d’une couleur blanche incandescente. Jésus reste le visage levé vers le ciel et il sourit à une vision qui le transporte.

Les apôtres en ont presque peur, et ils l’appellent, car il ne leur semble plus que ce soit leur Maître tant il est transfiguré.

“Maître! Maître!” appellent-ils doucement mais d’une voix angoissée.

Lui n’entend pas.

“Il est en extase, dit Pierre tout tremblant. Que peut-il bien voir?”

Les trois se sont levés. Ils voudraient s’approcher de Jésus, mais ils ne l’osent pas.

349.7 - La lumière augmente encore avec deux flammes qui descendent du ciel et se placent aux côtés de Jésus. Quand elles sont arrêtées sur le plateau, leur voile s’ouvre et il en sort deux personnages majestueux et lumineux.

L’un est plus âgé, au regard perçant et sévère et avec une longue barbe séparée en deux. De son front partent des cornes de lumière qui m’indiquent que c’est Moïse. L’autre est plus jeune, amaigri, barbu et poilu, à peu près comme le Baptiste auquel je dirais qu’il ressemble pour la taille, la maigreur, la conformation et la sévérité. Alors que la lumière de Moïse est d’une blancheur éclatante comme celle de Jésus, surtout pour les rayons du front, celle qui émane d’Élie ressemble à la flamme vive du soleil.

Les deux Prophètes prennent une attitude respectueuse devant leur Dieu Incarné et bien que Jésus leur parle familièrement ils n’abandonnent pas leur attitude respectueuse. Je ne comprends pas un mot de ce qu’ils disent.

Les trois apôtres tombent à genoux, tremblants, le visage dans les mains. Ils voudraient regarder, mais ils ont peur. Finalement Pierre parle: “Maître, Maître! Écoute-moi”. Jésus tourne les yeux en souriant vers son Pierre qui s’enhardit et dit: “C’est beau d’être ici avec Toi, Moïse et Élie… Si tu veux, nous faisons trois tentes pour Toi, pour Moïse et pour Élie, et nous nous tiendrons ici pour vous servir…”

Jésus le regarde encore et il sourit plus vivement. Il regarde aussi Jacques et Jean, d’un regard qui les embrasse avec amour. Moïse aussi et Élie regardent fixement les trois. Leurs yeux étincellent. Ce doit être comme des rayons qui pénètrent les cœurs.

Les apôtres n’osent pas dire autre chose. Effrayés, ils se taisent. Ils semblent un peu ivres et comme stupéfaits. Mais quand un voile qui n’est pas un nuage ni du brouillard, qui n’est pas un rayon, enveloppe et sépare les Trois glorieux derrière un écran encore plus brillant que celui qui les entourait déjà et les cache à la vue des trois, une Voix puissante et harmonieuse vibre et remplit d’elle-même tout l’espace, les trois tombent le visage contre l’herbe.

“Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé, en qui Je me suis complu. Écoutez-le.”

Pierre, en se jetant à plat ventre, s’écrie:

“Miséricorde pour moi, pécheur! C’est la Gloire de Dieu qui descend!”

Jacques ne souffle mot. Jean murmure avec un soupir, comme s’il allait s’évanouir: “Le Seigneur parle!”

349.8 - Personne n’ose relever la tête, même quand le silence est redevenu absolu. Ils ne voient donc pas non plus le retour de la lumière à son état naturel de lumière solaire pour montrer Jésus resté seul et redevenu le Jésus habituel dans son vêtement rouge. Il marche vers eux en souriant, il les secoue, les touche et les appelle par leurs noms.

“Levez-vous! C’est Moi. Ne craignez pas” dit-il, car les trois n’osent pas lever le visage et invoquent la miséricorde de Dieu sur leurs péchés, craignant que ce soit l’Ange de Dieu qui veut les montrer au Très-Haut.

“Levez-vous, donc. Je vous le commande” répète Jésus avec autorité.

Eux lèvent le visage et ils voient Jésus qui sourit.

“Oh! Maître, mon Dieu!” s’écrie Pierre. “Comment ferons-nous pour vivre auprès de Toi, maintenant que nous avons vu ta Gloire? Comment ferons-nous pour vivre parmi les hommes et nous, hommes pécheurs, maintenant que nous avons entendu la Voix de Dieu?”

Vous devrez vivre auprès de Moi et voir ma gloire jusqu’à la fin. Soyez-en dignes car le temps est proche. Obéissez au Père qui est le mien et le vôtre. Retournons maintenant parmi les hommes, parce que je suis venu pour rester parmi eux et les amener à Dieu. Allons. Soyez saints en souvenir de cette heure, soyez forts et fidèles. Vous aurez part à ma gloire la plus complète. Mais ne parlez pas maintenant de ce que vous avez vu, à personne, pas même à vos compagnons Ne parlez pas : Note de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée : La prudence, parfaite dans le Christ, l'a incité à donner cet ordre pour éviter tout fanatisme de vénération comme de haine, tous deux prématurés et nocifs. Quelques lignes plus bas, au sujet d'Élie, elle précise : Cet Élie qui est "revenu une première fois" et à qui Jésus fait allusion, c'est Jean-Baptiste. Cf. à ce propos, Matthieu 17, 10-13. . Quand le Fils de l’homme sera ressuscité d’entre les morts, et retourné dans la gloire de son Père, alors vous parlerez. Parce qu’alors il faudra croire pour avoir part à mon Royaume.”