Moi, je lui ai dit: “Mais de quoi parles-tu? Je t’ai dit que j’avais eu l’ordre de rester à la maison à cause de la saison et pour diriger vers Nazareth les éventuels pèlerins, ou de leur dire d’attendre le Maître pour la fin de scebat "la fin de Shebat" soit vers début février cette année-là. à Capharnaüm et toi, tu me parles de séparations, de complicité, de persécutions? Explique- toi!…” N’est-ce pas, Philippe, que c’est ainsi que j’ai parlé?”
Philippe approuve.
“Alors” reprend Barthélemy, “Mickael m’a dit qu’il était connu que tu t’étais révolté contre le conseil et le commandement des membres du Sanhédrin, en gardant avec Toi Jean d’Endor et une grecque… Seigneur, je te donne de la douleur, n’est-ce pas? Mais pourtant, je dois parler. Je te demande: est-ce vrai qu’ils étaient à Nazareth?”
“Oui. C’est vrai.”
“Est-il vrai qu’ils sont partis avec Toi?”
“Oui. C’est vrai.”
“Philippe: Mickael avait raison! Mais comment pouvait-il le savoir?”
“Mais, voilà! Ce sont ces serpents qui nous ont arrêtés, Simon et moi, et qui sait combien d’autres. Ce sont les vipères habituelles” dit Pierre avec véhémence.
Jésus, au contraire, demande paisiblement:
“Il ne t’a rien dit d’autre? Sois sincère avec ton Maître, à fond.”
“Rien d’autre. Il voulait savoir de moi… Et moi, j’ai menti à Mickael. J’ai dit: “Jusqu’à Pâque je reste à la maison”. Par peur qu’il me suive, que… je ne sais pas… Par peur de te faire du mal… Et alors j’ai compris aussi pourquoi tu m’as quitté… Tu avais senti que j’étais encore trop Israël…”
Barthélemy se remet à pleurer… et conclut:
“…et tu as douté de moi…”
“Non. Cela, non! Absolument pas. Tu n’étais pas nécessaire en cette heure auprès de tes compagnons, alors que tu l’étais, et tu le vois, à Bethsaïda. À chacun sa mission, et à chaque âge ses fatigues…”
“Non, non! Ne me mets plus de côté pour aucune fatigue, Seigneur. Ne tiens compte de rien… Tu es bon, mais je veux rester avec Toi. C’est une punition d’être loin de Toi.., Et moi, sot, incapable de tout, j’aurais pu au moins te consoler, si je ne pouvais faire autre chose. J’ai compris… Tu les as envoyés avec ces deux. Ne me le dis pas. Je ne veux pas le savoir. Mais je me rends compte qu’il en est ainsi, et je le dis. Eh bien, alors j’aurais pu et dû être avec Toi. Mais tu ne m’as pas pris pour me punir d’être si rétif à devenir “nouveau”. Mais, je te jure, Maître, que ce que j’ai souffert m’a renouvelé, et que jamais plus tu ne reverras le vieux Nathanaël.”
“Tu vois donc que la souffrance s’est, pour tous, terminée en joie.
332.5 – Et maintenant nous allons, sans nous presser, à la rencontre de Thomas et de Judas, sans attendre qu’ils arrivent au lieu qui était prévu. Puis, avec eux, nous irons encore… Il y a tant à faire!… Demain, nous nous mettrons en route, de bonne heure.”
“Et tu feras bien. Le temps va changer au nord. Malheur pour les cultures…” dit Philippe.
“Oui! Les dernières grêles ont dévasté la campagne par bandes. Si tu voyais, Seigneur! Il semble que le feu soit passé dans certains endroits. Et c’est curieux ce sont de vrais malheurs, comme je l’ai dit: par bandes” dit Pierre.
“Pendant que vous n’étiez pas là, il a beaucoup grêlé. Un jour, au milieu de la lune de tébeth Vers le 20 décembre cette année-là. , cela semblait un vrai fléau. On me dit que dans la plaine, on doit recommencer les semailles. Il faisait d’abord plus chaud, mais depuis lors, on recherche le soleil avec plaisir. On revient en arrière… Quels signes étranges! Que sont-ils?” demande Philippe.
“Rien de plus que des effets de lunaisons. N’y pense pas. Ce ne sont pas ces choses qui doivent nous faire impression. Du reste nous allons nous diriger vers la plaine et il fera bon marcher. Du temps froid, mais pas tellement, mais par contre sec. Venez, en attendant. Sur la terrasse il y a un beau soleil. Nous allons nous reposer là-haut, tous ensembles…”