“Elles leur donnent la becquée.”

“Oui, mais avec quoi?”

“Avec des graines, des mouches, des chenilles, des miettes de pain, ou des morceaux de fruit qu’elles trouvent en volant ça et là.”

“Très bien. Maintenant écoute. Si en ce printemps tu trouvais un nid par terre, avec les petits dedans et la mère dessus, que ferais- tu?”

“Je le prendrais.”

“Tout entier? Comme il est? La mère comprise?”

“Tout entier, car c’est trop vilain qu’il y ait des petits sans mère.”

“En réalité, dans le Deutéronome, il est dit de prendre seulement les petits en laissant libre la mère qui est sacrée pour la prolification.” Deutéronome 22,6-7.

“Mais si c’est une bonne mère, elle ne s’en va pas, elle court là où sont ses petits. C’est ainsi qu’aurait fait ma mère. Elle ne m’aurait pas donné pour toujours, même à Toi, car je suis encore enfant, Elle n’aurait pas pu venir non plus elle avec moi, car mes petits frères étaient encore plus petits que moi. Et alors, elle ne m’aurait pas laissé aller.”

“C’est bien, mais écoute: selon toi, aimerais-tu mieux la mère de ces oiseaux et eux-mêmes si tu tenais la cage ouverte pour les allées et venues de la mère leur apportant une nourriture appropriée, ou bien en la gardant prisonnière?”

“Hé!… j’aimerais mieux la laisser aller et venir jusqu’à ce que les petits aient grandi… et je l’aimerais tout à fait si, en gardant les petits, une fois devenus grands, je la laissais libre, elle, car l’oiseau est fait pour voler… Vraiment… pour être tout à fait bon… je devrais laisser les petits s’envoler une fois devenus grands et les rendre à la liberté… Ce serait le plus véritable amour que je pourrais avoir pour eux. Et le plus juste… Hé! oui! Le plus juste, car je ne ferais que permettre que s’accomplisse ce que Dieu a voulu pour les oiseaux…”

“Bravo Marziam! Tu as vraiment parlé en sage. Tu seras un grand maître de ton Seigneur, et celui qui t’écoutera te croira parce que tu parleras en sage!”

“Est-ce vrai, Jésus?”

Le petit visage, d’abord inquiet et triste, puis rendu sombre par la réflexion, fermé par l’effort de juger ce qui était le meilleur, s’épanouit et s’éclaire dans la joie de la louange.

305.5 - “C’est vrai. Maintenant vois un peu! Toi, seulement parce que tu es un brave garçon, tu juges ainsi. Réfléchis comment Dieu jugera, Lui qui est la Perfection en tout, en ce qui concerne les âmes et leur vrai bien.

Les âmes sont comme autant d’oiseaux que la chair emprisonne dans sa cage. La terre est le lieu où ils sont amenés dans la cage. Mais elles aspirent à la liberté du Ciel; au Soleil qui est Dieu; à la Nourriture faite pour elles qui est la contemplation de Dieu. Aucun amour humain, même le saint amour de la mère pour ses enfants ou des enfants pour leur mère, n’est assez fort pour étouffer ce désir des âmes de se réunir à leur Origine qui est Dieu. Ainsi, comme Dieu, à cause de son amour parfait pour nous, ne trouve aucune raison assez forte pour dépasser son désir de s’unir a l’âme qui le désire. Et alors, qu’arrive-t-il? Parfois Il l’aime tant qu’il lui dit: “Viens! Je te libère”. Et il le dit même s’il y a des enfants autour d’une mère. Lui voit tout. Lui sait tout. Lui fait bien tout ce qu’il fait.

Quand Il libère une âme - cela n’est pas évident pour les hommes dont l’intelligence est relative - quand il libère une âme, il le fait toujours pour un bien plus grand, de l’âme elle-même et de ceux qui lui sont unis.

Lui, alors, je te l’ai déjà dit d’autres fois, ajoute au ministère de l’ange gardien le ministère de l’âme qu’Il a rappelée à Lui, et qui aime d’un amour qui est pur des pesanteurs humaines ses parents qu’elle aime en Dieu. Quand Il libère une âme, Il s’emploie à la remplacer pour les soins dont ont besoin ceux qui restent. Ne l’a-t-Il pas fait pour toi? N’a-t-Il pas fait de toi, petit fils d’Israël, mon disciple, mon prêtre de demain?”

“Si, Seigneur.”

“Maintenant, réfléchis un peu. Ta mère sera libérée par Moi et n’aura pas besoin de tes suffrages. Mais toi, si elle était morte après la Rédemption, et qu’elle aurait eu besoin de suffrages, aurais-tu pu les lui procurer comme prêtre. Réfléchis: tu n’aurais pu que faire les frais d’une offrande à un prêtre du Temple pour qu’il fasse pour elle un sacrifice de victimes telles que des agneaux ou des colombes ou des produits de la terre. Cela seulement, si tu étais resté le petit paysan Jabé près de ta mère. Au contraire toi, Marziam, prêtre du Christ, tu pourrais célébrer directement pour elle le Sacrifice vrai de la Victime Parfaite, au nom de laquelle tous les pardons sont accordés!”

“Et je ne pourrai plus le faire?”

“Non pour ton père, ta mère et tes petits frères. Mais tu pourras le faire pour des amis et tes disciples.

305.6 - N’est-ce pas beau tout cela?”

“Oui, Seigneur.”

“Alors retournons à la maison, rassérénés.”

“Oui… mais je ne t’ai pas laissé faire oraison!… Cela me déplaît…”

“Mais nous avons fait oraison! Nous avons considéré la vérité, contemplé Dieu dans ses bontés, Tout cela, c’est de l’oraison. Et tu l’as faite en véritable adulte. Allons! Maintenant chantons un beau psaume de louange, pour la joie qui est en nous.”

Et il entonne:

“Un beau chant m’est sorti du cœur… Psaume 44 (Hébreu 45).

Marziam unit sa voix argentine au bronze et or de celle de Jésus.