“Je comprends, mais je dois le faire.”

“Ce que tu fais est toujours bien fait, mon Fils.”

“Et l’enfant?”

“Lui aussi apprend. Mais il est très triste ces jours-ci… il se souvient du malheur d’il y a un an… Oh! ce n’était pas très gai, ici!… Jean et Syntica soupirent en pensant à leur départ d’ici, l’enfant pleure en pensant à sa mère morte…”

“Et toi?”

“Moi… tu le sais, Fils. Il n’y a pas de soleil quand tu es loin de moi. Il n’y serait pas non plus si le monde t’aimait. Mais au moins il y aurait la tranquillité… Au contraire…”

“Il y a des pleurs. Pauvre Maman!… On ne t’a pas posé de questions sur Jean et Syntica?”

“Et qui veux-tu donc qui en fasse? Marie d’Alphée sait et se tait. Alphée de Sarah a déjà vu Jean, et il n’est pas curieux. Il l’appelle “le disciple”.”

“Et les autres?”

“À part Marie d’Alphée, il ne vient personne chez moi, Quelque femme pour un travail ou un conseil. Mais les hommes de Nazareth ne franchissent plus mon seuil.”

“Pas même Joseph et Simon?”

”…Non… Simon m’envoie de l’huile, de la farine, des olives, du bois, des œufs… comme pour se faire pardonner de ne pas te comprendre, comme pour parler par ses cadeaux. Mais il les donne à Marie, sa mère, et il ne vient pas ici. Du reste, si quelqu’un venait, il ne verrait que moi, car Syntica et Jean se retirent quand quelqu’un frappe…”

“Une vie bien triste.”

“Oui. Et l’enfant en souffre un peu, si bien que maintenant Marie l’emmène avec elle quand elle fait les commissions. Mais maintenant nous ne serons plus tristes, mon Jésus, tu es ici!”

“J’y suis, Moi… Maintenant allons dormir. Bénis-moi, Maman, comme quand j’étais petit.”

“Bénis-moi, Fils, je suis ta disciple.”

Ils s’embrassent… Allument une nouvelle lampe et sortent pour aller se reposer.