Tout le monde est curieux. Jésus délie les cordons de cuir qui ferment la bourse en peau de gazelle, je crois, parce qu’elle me semble en peau de chamois, et il renverse le contenu sur son vêtement. Des pièces de monnaie roulent. Mais c’est ce qu’il y a en moins grande quantité. Il en sort tant de sachets de byssos: des sachets attachés avec un fil. Des couleurs délicates transparaissent à travers le lin très fin et le soleil semble allumer un petit brasier dans ces paquets, comme si c’étaient des braises sous une couche de cendre.
“Qu’est-ce? Qu’est-ce? Délie, Maître.”
Tous sont penchés sur Lui qui calmement dénoue le nœud d’un premier paquet de feu blond: topazes de différentes tailles, encore bruts, resplendissent libres au soleil. Un autre paquet: des rubis, des gouttes de sang coagulé. Un autre: des éclats d’émeraude à la riante couleur verte. Un autre: des morceaux de ciel avec de purs saphirs. Un autre: des douces améthystes. Un autre: l’indigo violet des béryls. Un autre: la splendeur noire des onyx… Et ainsi de suite pour les douze paquets. Dans le dernier, le plus lourd, toute la splendeur d’or des chrysolithes, il y a un petit parchemin: “Pour ton Rational de vrai Pontife et Roi.”
Le vêtement de Jésus est un petit pré sur lequel sont effeuillés des pétales lumineux… Les apôtres plongent les mains dans cette lumière qui est devenue matière multicolore. Ils sont stupéfaits… Pierre murmure:
“Si Judas de Kériot était là!…”
“Tais-toi! Il vaut mieux qu’il n’y soit pas” dit le Thaddée avec brusquerie.
294.4 - Jésus demande un morceau de toile pour faire un seul paquet des pierres et, pendant que durent les commentaires, il réfléchit.
Les apôtres disent: “Mais il était bien riche cet homme!” et Pierre provoque les rires lorsqu’il dit:
“Nous avons trotté sur un trône de gemmes. Je ne croyais pas être sur une pareille splendeur. Mais si cela avait été un peu plus moelleux! Que vas-tu en faire maintenant?”
“Je vais le vendre pour les pauvres.” Il lève les yeux et souriant regarde les femmes.
“Et où vas-tu trouver ici un joaillier qui achète cette marchandise?”
“Où? Ici. Jeanne, Marthe, Marie, achetez-vous mon trésor?”
Les trois femmes, sans même se consulter, disent:
“Oui” avec vivacité. Mais Marthe ajoute:
“Ici nous avons peu d’argent.”
“Vous me le ferez trouver à Magdala pour la nouvelle lune.”
“Combien veux-tu, Seigneur?”
“Pour Moi, rien. Pour mes pauvres, beaucoup.”
“Donne donc. Tu auras beaucoup” dit Marie-Magdeleine qui prend la bourse et la met dans son sein Cet argent servira – providentiellement – à financer le départ et l'installation de Syntica et de Jean d'En-Dor à Antioche. .
Jésus garde seulement les pièces de monnaie. Il se lève, embrasse sa Mère, embrasse sa tante, ses cousins, Pierre, Jean d’Endor et Marziam. Il bénit les femmes et les congédie. Et elles s’en vont se retournant encore, encore jusqu’à ce qu’un tournant de la route les cache.
Jésus, avec ceux qui restent, se dirige vers Arbel. Une toute petite troupe, désormais, avec seulement huit personnes. Ils marchent rapidement et en silence vers la ville qui se rapproche de plus en plus.
[…] Le texte suivant n'existe que dans l'édition de 1985. Il est maintenant inséré dans Les Cahiers de 1945 à 1950, à la date du jour (3 octobre 1945). Et même pour aujourd’hui, avec beaucoup de patience des deux côtés, nous avons fini! Vingt-trois interruptions hier, quatorze aujourd’hui. N’était-ce que l’infinie patience de Jésus émane de Lui et s’écoule en moi, je vous assure que je deviendrais enragée. Mais Lui est tellement patient! Il s’arrête, reprend, calme, souriant. Moi, je ne réussis pas à m’impatienter pour les interruptions gênantes qui m’obligent à fermer mon cahier et à laisser de côté ma plume pendant quelques minutes, pour voiler le mystère qui s’accomplit si doucement et si secrètement, et le dérober aux curiosités inutiles. Et c’est un grand miracle d’avoir fait de moi une personne patiente… Certainement que je le suis, parce que je sais que c’est Lui qui dicte et qui ne perd pas le fil. Car, lorsque comme ce matin c’est moi qui écris une lettre ou autre chose, alors je perds tout de suite le fil et la patience, même si j’entends parler auprès de moi, Et Marthe Marta Diciotti, l'aide-soignante et confidente de Maria Valtorta. sait combien de fois je crie: “Silence! Ferme, la porte!” quand c’est pour mon compte que j’écris…