Les apôtres s’en vont. Pierre s’approche lentement de Jésus qui est près des femmes et il demande:
“Pourquoi pas moi?”
“Quand on est trop impulsif, on reste à la maison. Simon, Simon! Quand donc sauras-tu exercer la charité envers le prochain? Pour le moment, c’est une flamme allumée mais uniquement pour Moi, c’est une lame droite et raide, mais seulement pour Moi. Sois doux, Simon de Jonas.”
“Tu as raison, Seigneur. Ta Mère m’a déjà réprimandé comme elle le sait, sans faire souffrir, mais son reproche m’a pénétré profondément. Cependant… fais-moi des reproches Toi aussi, mais… ensuite ne me regarde plus avec cet air triste.”
“Sois bon. Sois bon…
292.6 - Syntica, je voudrais te parler en particulier. Monte sur la terrasse. Viens toi aussi ma Mère…”
Et sur la terrasse rustique qui couvre une aile du bâtiment, dans le tiède rayonnement du soleil, Jésus se promène lentement entre Marie et la grecque, et il dit:
“Demain, nous nous séparerons pour quelque temps. Près d’Arbel vous, les femmes, accompagnées par Jean d’En-Dor, vous irez vers la Mer de Galilée en continuant ensemble jusqu’à Nazareth. Mais pour ne pas vous envoyer seules avec un homme un peu maladroit, je vous ferai accompagner par mes frères et par Simon Pierre. Je prévois qu’il y aura des répugnances pour cette séparation, mais l’obéissance est la vertu du juste. Comme vous passez par le territoire que Kouza est chargé de surveiller au nom d’Hérode, Jeanne pourra avoir une escorte pour le reste de la route. Alors vous renverrez les fils d’Alphée et Simon Pierre. Mais voici pourquoi je t’ai demandé de monter ici. Je veux te dire, Syntica, que j’ai décidé pour toi un séjour dans la maison de ma Mère. Elle le sait déjà. Avec toi, il y aura Jean d’En-Dor et Marziam. Soyez-y de bon cœur, en vous formant toujours plus à la Sagesse. Je veux que tu aies grand soin du pauvre Jean. Je ne le dis pas à ma Mère parce qu’elle n’a pas besoin de conseils. Tu peux comprendre et avoir pitié de Jean et lui peut te faire tant de bien car c’est un maître avisé. Puis je viendrai, Moi. Oh! bientôt! Et nous nous verrons souvent, J’espère te trouver toujours plus sage dans la Vérité. Je te bénis, Syntica, en particulier. C’est mon adieu pour toi, cette fois. À Nazareth, tu trouveras l’amour et la haine comme partout. Mais dans ma maison tu trouveras la paix. Toujours.”
“Nazareth m’ignorera et moi, je l’ignorerai. Je vivrai en me nourrissant de la Vérité, et le monde ne sera rien pour moi, Seigneur.”
“C’est bien. Tu peux disposer, Syntica, et silence pour l’instant. Mère, tu es au courant… Je te confie mes perles les plus chères. Pendant que nous sommes en paix, entre nous, Maman, fais que ton Jésus se réconforte par tes caresses…”
“Que de haine, mon Fils!”
“Que d’amour!”
“Que d’amertume… Jésus bien-aimé!”
“Que de douceur!”
“Que d’incompréhension, mon Fils!”
“Que de compréhension Maman!”
“Oh! mon Trésor, Fils chéri!”
“Maman! Joie de Dieu et la mienne! Maman!” Ils s’embrassent, en restant ensuite, l’un à côté de l’autre, sur le banc de pierre qui longe le muret de la terrasse. Jésus tient sa mère embrassée, protecteur et affectueux. Elle a la tête sur l’épaule de son Fils, ses mains dans sa main: bienheureux… Le monde est si loin… enseveli par des flots d’amour et de fidélité…