Pierre se frotte le front et dit un peu mortifié:
“Oui. Je n’y avais jamais pensé.”
“Penses-y maintenant et ne le fais plus. Il y a des éclats de rire qui blessent la charité plus que des gifles. Quelqu’un a-t-il péché? L’avons-nous pris à mentir ou à commettre une autre faute? Eh bien? Pourquoi le rappeler? Et y faire penser les autres? Jetons un voile sur les fautes d’un frère, en pensant toujours: “Si j’étais le coupable est-ce que j’aimerais qu’un autre rappelle cette faute ou y fasse penser?” Il y a des choses qui font rougir intérieurement, Simon, qui font tant souffrir. Ne secoue pas la tête. Je sais ce que tu veux dire… Mais les coupables aussi en souffrent, crois-le.
Pars, pars toujours de cette pensée: “Aimerais-je cela pour moi?” Tu verras que tu ne pécheras jamais plus contre la charité et tu auras toujours une si grande paix en toi. Regarde là Marziam, avec quelle joie il saute et il chante. C’est parce que lui n’a aucune pensée dans le cœur. Lui n’a pas à penser à des itinéraires, à des dépenses, à des paroles à dire. Lui sait que d’autres pensent à tout cela pour lui. Toi aussi, agis de même.
Abandonne tout à Dieu, même le jugement sur les personnes. Tant que tu peux être comme un enfant que le bon Dieu conduit, pourquoi vouloir te charger du poids de décider et de juger? Le moment viendra où tu devras être juge et arbitre, et alors tu diras: “Oh! comme c’était plus facile alors, moins dangereux!” et tu te traiteras de sot pour avoir voulu te charger avant le temps de tant de responsabilités. Juger! Quelle chose difficile! Tu as entendu ce qu’a dit Syntica, il y a quelques jours? “Ce que l’on recherche par les sens, est toujours imparfait”. Elle a très bien parlé. Bien des fois nous jugeons d’après les réactions de nos sens, avec une très grande imperfection, par conséquent. Ne juge pas…”
285.10 – “Oui, Marie. À toi, je le promets vraiment. Mais toutes les belles choses que sait Syntica, je ne les connais pas!”
“Et tu t’en affliges, homme? Ne sais-tu pas que moi, je veux m’en débarrasser pour prendre seulement ce que tu sais?”
“Vraiment? Pourquoi?”
“Parce qu’avec la science tu peux te conduire sur la terre, mais c’est avec la sagesse que tu conquiers le Ciel. J’ai la science, tu as la sagesse.”
“Mais avec ta science, tu as su venir à Jésus! C’est donc une bonne chose.”
“Mêlée à tant d’erreurs dont je voudrais me dépouiller pour me revêtir de la seule sagesse. Loin de moi les vêtements parés et inutiles. Que mon vêtement soit le vêtement sévère et sans apparence extérieure de la Sagesse qui revêt d’un vêtement impérissable non ce qui est corruptible mais ce qui est immortel. La lumière de la Science tremble et vacille. La lumière de la Sagesse resplendit uniforme et invariablement constante comme le Divin qui l’engendre.”
Jésus a ralenti son pas pour entendre. Il se retourne et dit à la grecque:
“Tu ne dois pas aspirer à te dépouiller de tout ce que tu sais, mais tu dois choisir dans ce que tu connais ce qui est un atome de l’Intelligence éternelle, conquis par des esprits d’une valeur indéniable.”
“Ces esprits ont donc réalisé en eux-mêmes le mythe du feu dérobé aux dieux?”
“Oui, femme. Mais ici ils ne l’ont pas dérobé, mais ils ont su le recueillir quand la Divinité les effleurait de ses feux, en les caressant comme des exemples, répandus dans une humanité déchue, de ce qu’est l’homme, être doué de raison.”
“Maître, tu devrais m’indiquer ce que je dois garder et ce que je dois laisser. Moi, je ne serais pas bon juge et puis, pour combler les vides, mettre les lumières de ta Sagesse.”
“C’est ce que j’ai l’intention de faire. Je t’indiquerai jusqu’à quel point est sage la pensée que tu connais et je la prolongerai, à partir de ce point jusqu’au bout de l’idée vraie. Pour que tu saches. Ce sera bon aussi pour ceux qui sont destinés à avoir dans l’avenir beaucoup de contacts avec les gentils.”
“Nous n’y comprendrons rien, Seigneur” gémit Jacques de Zébédée.
“Peu de chose pour le moment. Mais un jour vous comprendrez et les instructions présentes et leur nécessité. Et toi, Syntica, expose-moi les points qui sont pour toi les plus obscurs. Pendant les haltes, je te les éclaircirai.”
“Oui, mon Seigneur. C’est le désir de mon âme qui se fond dans ton désir. Moi, disciple de la Vérité et Toi, le Maître. Le rêve de toute ma vie: la possession de la Vérité.”