Pierre, Jean, le Zélote et les fils d’Alphée saisissent cette rumeur et disent à Jésus:
“Maître, il y a ta Mère et tes frères. Ils sont là dehors, sur la route, et ils te cherchent car ils veulent te parler. Donne l’ordre à la foule de s’écarter pour qu’ils puissent venir vers Toi, parce que c’est sûrement un motif important qui les a amenés jusqu’ici pour te chercher.”
Jésus lève la tête et voit, derrière les gens, le visage angoissé de sa Mère qui lutte pour ne pas pleurer pendant que Joseph d’Alphée lui parle tout excité, et il voit les signes de dénégation de sa Mère, répétés, énergiques, malgré l’insistance de Joseph. Il voit aussi le visage embarrassé de Simon (d’Alphée) qui est visiblement affligé, dégoûté… Mais Jésus ne sourit pas et ne donne pas d’ordre. Il laisse l’Affligée à sa douleur et ses cousins là où ils sont.
Il abaisse les yeux sur la foule et, répondant aux apôtres qui sont près de Lui, il répond aussi à ceux qui sont loin et qui essaient de faire valoir le sang plus que le devoir. “Qui est ma Mère? Qui sont mes frères?” Il tourne son regard sévère, dans son visage qui pâlit à cause de la violence qu’il doit se faire pour placer le devoir au-dessus de l’affection et du sang et pour désavouer le lien qui l’attache à la Mère, pour servir le Père et il dit, en désignant d’un large geste la foule qui s’empresse autour de Lui, à la lumière rouge des torches et à celle argentée de la lune presque pleine: “Voici ma mère et voici mes frères. Ceux qui font la volonté de Dieu sont mes frères et mes sœurs, ils sont ma mère. Je n’en ai pas d’autres. Et les miens seront tels si les premiers et avec une plus grande perfection que tous les autres ils feront la volonté de Dieu jusqu’au sacrifice total de toute autre volonté ou voix du sang et des affections.” Ce passage dit "antimarial" parce qu'il semble rejeter la Vierge Marie, selon le P. G. M. Roschini, fait l'objet d'un commentaire de sa part et de la Vierge Marie à Maria Valtorta dans les "Cahiers de 1943" – Catéchèse du 7 décembre, pages 532/533.
La foule fait entendre un murmure plus fort, comme celle d’une mer soudain soulevée par le vent.
Les scribes se mettent à fuir en disant:
“C’est un possédé. Il renie jusqu’à son sang!”
Les parents avancent en disant:
“C’est un fou! Il torture jusqu’à sa Mère!”
Les apôtres disent:
“En vérité cette parole est toute héroïsme!”
La foule dit:
“Comme il nous aime!”
269.13 – À grand-peine, Marie avec Joseph et Simon fendent la foule. Marie n’est que douceur, Joseph absolument furieux, Simon embarrassé. Ils arrivent près de Jésus.
Et Joseph l’attaque tout de suite:
“Tu es fou! Tu offenses tout le monde. Tu ne respectes pas même ta Mère. Mais, maintenant, je suis ici, moi, et je t’en empêcherai. Est-il vrai que tu vas comme ouvrier çà et là? Et alors, si c’est vrai, pourquoi ne travailles-tu pas dans ta boutique pour nourrir ta Mère? Pourquoi mens-tu en disant que ton travail c’est la prédication, paresseux et ingrat que tu es, si ensuite tu vas travailler pour de l’argent dans une maison étrangère? Vraiment, tu me sembles possédé par un démon qui te fait divaguer. Réponds!” Jésus se retourne et prend par la main le petit Joseph, l’approche près de Lui et le lève en le prenant par dessous les bras et dit: “Mon travail a été de donner à manger à cet innocent et à ses parents et de les persuader que Dieu est bon, Il a été de prêcher à Corozaïn l’humilité et la charité. Et pas seulement à Corozaïn, mais aussi à toi, Joseph, frère injuste. Mais Moi, je te pardonne parce que je sais que tu as été mordu par les dents de serpent. Et je te pardonne aussi à toi, Simon inconstant. Je n’ai rien à pardonner à ma Mère ni à me faire pardonner par elle parce qu’Elle juge avec justice. Que le monde fasse ce qu’il veut. Moi, je fais ce que Dieu veut et, avec la bénédiction du Père et de ma Mère, je suis heureux plus que si le monde entier m’acclamait roi selon le monde. Viens, Mère, ne pleure pas. Eux ne savent pas ce qu’ils font. Pardonne-leur.”
“Oh! mon Fils! Je sais. Tu sais. Il n’y a rien d’autre à dire…”
“Il n’y a rien d’autre à dire aux gens que ceci: “Allez en paix”
Jésus bénit la foule puis, tenant Marie de la main droite et de la gauche l’enfant, il se dirige vers l’escalier et le monte le premier.