Matthieu explique: “Il est comme inerte. Il s’est jeté sur des sacs vides et il n’a plus bougé. Les parents espèrent en Toi. Viens te restaurer et puis tu le secourras.”

“Non. Je vais tout de suite le trouver. Où est-il?”

“Dans la pièce du bas près du four. Je l’ai mis là avec ses parents, car il y a beaucoup de pharisiens et aussi des scribes qui semblent aux aguets…”

“Oui, et il vaudrait mieux ne pas leur faire plaisir” bougonne Pierre.

“Judas de Simon n’est pas là?” demande Jésus.

“Il est resté à la maison. Il faut toujours qu’il fasse autrement que les autres” bougonne encore Pierre.

Jésus le regarde, mais ne lui fait pas de reproches. Il se hâte vers la maison en confiant l’enfant justement à Pierre qui le caresse en sortant tout de suite un sifflet, de sa ceinture et en disant: “Un pour toi et un pour mon fils. Demain soir, je t’amène le voir. Je me les suis fait faire par un berger à qui j’ai parlé de Jésus.”

Jésus entre dans la maison, salue Judas qui semble tout occupé à ranger la vaisselle, et puis s’en va directement vers une sorte de dépense basse et obscure adossée au four.

“Faites sortir le malade” commande Jésus.

Un pharisien qui n’est pas de Capharnaüm, mais qui a l’air plus maussade encore que les pharisiens du pays, dit: “Ce n’est pas un malade, c’est un possédé.”

“C’est toujours une maladie de l’esprit…”

“Mais lui a les yeux et la langue liés…”

“C’est toujours une maladie de l’esprit qui étend la possession aux membres et aux organes. Si tu m’avais laissé achever, tu aurais su ce que cela voulait dire. Même la fièvre est dans le sang quand on est malade mais, à partir du sang, elle attaque telle ou telle partie du corps.”

Le pharisien ne sait que répliquer et se tait.

269.4 – Le possédé a été conduit en face de Jésus. Inerte, comme l’a bien dit Matthieu. Il est très gêné par le démon. Les gens pendant ce temps viennent nombreux. C’est incroyable comment aux heures, je dirais de distraction, les gens ont vite fait d’accourir là où il y a quelque chose à voir. Il y a maintenant les notables de Capharnaüm, parmi lesquels les quatre pharisiens, Éli - Joachim - Simon - Urie. il y a Jaïre, et dans un coin, avec l’excuse de veiller sur l’ordre, il y le centurion romain et avec lui des citoyens d’autres villes.

“Au nom de Dieu, quitte les pupilles et la langue de cet homme! Je le veux! Délivre de toi cette créature! Il ne t’est plus permis de la tenir. Va-t-en!” crie Jésus qui tend les mains en commandant.

Le miracle commence par un hurlement de rage du démon et se termine par un cri de joie de celui qui a été délivré qui crie: “Fils de David! Fils de David! Saint et Roi!”

269.5 – “Comment fait-il pour savoir qui est celui qui l’a guéri?” demande un scribe.

“Mais tout cela, c’est de la comédie! Ces gens sont payés pour la faire!” dit un pharisien en haussant les épaules.

“Mais par qui? S’il est permis de vous le demander” interroge Jaïre.

“Même par toi.”

“Et dans quel but?”

“Pour rendre célèbre Capharnaüm.”

“Ne rabaisse pas ton intelligence en disant des sottises et ne souille pas ta langue par des mensonges. Tu sais que ce n’est pas vrai, et tu devrais comprendre que tu dis une sottise.

Ce qui est arrivé ici est arrivé dans beaucoup d’endroits en Israël. Alors partout il y en a qui paie? En vérité je ne savais pas qu’en Israël le petit peuple était très riche! Parce que vous, et avec vous tous les grands, vous ne payez certainement pas pour cela. Alors c’est le petit peuple qui paie, lui qui est le seul qui aime le Maître.”