“Oui, Marthe. Et c’est pour cela que mon Fils fait tant de miracles. Par bonté envers l’homme, mais aussi pour l’attirer, par ce moyen, à son chemin qu’autrement un trop grand nombre ne suivraient pas.”

252.3 – Jean d’En-Dor, qui n’était pas parti avec Jésus, rentre à la maison, et avec lui un grand nombre de disciples qui étaient allés dans les maisonnettes qu’ils habitaient. Presque en même temps Marie-Madeleine revient en disant:

“Ils arrivent. Ce sont les cinq barques parties à l’aube hier. Je les ai très bien reconnues.”

“Ils seront fatigués et assoiffés. Je vais prendre encore de l’eau. La fontaine est très fraîche” dit Marie d’Alphée et elle sort avec les brocs.

“Allons à la rencontre de Jésus. Venez” dit la Vierge.

Et elle sort avec Marie-Madeleine et Jean d’En-Dor parce que Marthe et Suzanne restent aux fourneaux, toutes rouges et fort occupées à finir la préparation du repas.

En côtoyant la rive, elles arrivent à un petit môle où d’autres barques de pêche sont rentrées et sont au repos. De l’extrémité on découvre bien tout le golfe et la ville qui lui donne son nom, et on voit, aussi les cinq barques qui filent rapidement un peu penchées dans leur course. Leurs voiles sont bien gonflées par un vent du nord qui leur est favorable et soulage les hommes accablés par la chaleur.

“Regarde comme Simon et les autres se débrouillent bien. Ils suivent à merveille la barque du pilote. Voilà qu’ils ont dépassé l’écueil; maintenant ils prennent le large pour contourner le courant qui est fort à cet endroit. Voilà… maintenant tout va bien. Bientôt ils seront ici” dit Jean d’En-Dor.

En effet les barques s’approchent de plus en plus et l’on distingue ceux qui s’y trouvent.

252.4 – Jésus est dans la première, avec Isaac. Il, s’est levé et sa grande taille apparaît dans toute sa majesté jusqu’à ce que les voiles qu’on amène le cachent pour quelques minutes. En effet la barque vire et se retourne pour se mettre à l’abri du petit môle en passant devant les femmes qui sont juste en haut du môle. Jésus sourit pour les saluer alors qu’elles se mettent à marcher rapidement pour arriver en même temps que la barque au point de débarquement.

“Dieu te bénisse, mon Fils!” dit Marie en saluant Jésus qui descend sur le quai.

“Dieu te bénisse, Maman, Tu as été inquiète! À Sidon, il n’y avait pas celui que nous cherchions. Nous sommes allés jusqu’à Tyr, et là nous avons trouvé. Viens, Hermastée… Voilà, Jean. Ce jeune homme veut qu’on l’instruise, je te le confie.”

“Je ne te décevrai pas en l’instruisant sur ta parole, Merci, Maître! Il y en a beaucoup qui t’attendent” dit Jean d’En-Dor.

“Il y a aussi un pauvre petit malade, mon Fils, et sa mère te désire”

“J’y vais tout de suite.”

“Je sais qui c’est, Maître. Je t’y accompagne. Viens, toi aussi, Hermastée, Commence à connaître la bonté infinie de notre Seigneur” dit l’homme d’En-Dor.

Descendent de la deuxième barque Pierre, de la troisième Jacques, de la quatrième André, de la cinquième Jean, les quatre pilotes suivis des autres apôtres ou disciples qui étaient avec eux et qui se groupent autour de Jésus et de Marie.

“Allez à la maison. J’arrive tout de suite Moi aussi. Préparez pendant ce temps ce qu’il faut pour le repas et dites à ceux qui attendent que je parlerai vers la fin de la soirée.”

“Et s’il y a des malades?”

“Je commencerai par les guérir, même avant le repas pour qu’ils puissent rentrer heureux à la maison.”

Ils se séparent. Jésus s’en va avec l’homme d’En-Dor et Hermastée vers la ville. Les autres refont le chemin sur la plage caillouteuse, racontent tout ce qu’ils ont vu et entendu, contents comme des enfants qui reviennent chez la mère.

252.5 – Judas de Kériot aussi est content. Il montre toutes les oboles que les pêcheurs de pourpre ont voulu lui donner et surtout un beau paquet de la précieuse matière.

“Ceci est pour le Maître. Si lui ne la porte pas, qui peut la porter? Ils m’ont appelé à part en disant: “Nous avons des coraux précieux dans la barque, et nous avons même une perle. Pense! Un trésor. Je ne sais pas comment nous est arrivée pareille fortune, mais nous te les donnons volontiers pour le Maître. Viens les voir”. J’y suis allé pour leur faire plaisir pendant que le Maître s’était retiré dans une grotte pour prier. Il y avait de très beaux coraux et une perle, pas grosse, mais belle. Je leur ai dit: “Ne vous privez pas de ces choses, Le Maître ne porte pas de bijoux. Donnez-moi plutôt un peu de cette pourpre, on en fera un ornement pour son vêtement. Ils n’avaient que ce paquet. À tout prix ils ont voulu me le donner tout entier. Tiens, Mère, fais-en un beau travail, comme tu le sais pour notre Seigneur. Mais fais-le, tu sais? Si Lui s’en aperçoit, il voudra qu’on le vende pour les pauvres. Et à nous, il nous plaît de le voir vêtu comme il le mérite, n’est-ce pas?”

“Oh! oui, c’est vrai! Moi je souffre quand je le vois si simple au milieu des autres, Lui qui est Roi, eux, pires que des esclaves et tout enrubannés et brillants. Et ils le regardent comme un pauvre indigne d’eux!” dit Pierre.

“Tu as vu, hein? les rires des seigneurs de Tyr, pendant que nous prenions congé des pêcheurs?!” lui répond son frère.