“Oui, parce que tu es bonne. Tu as pleuré, n’est-ce pas? Et c’est pour cela que tu es bonne. Et tu t’appelles Marie, n’est-ce pas? Ma mère aussi s’appelait ainsi et elle était bonne. Toutes les femmes qui s’appellent Marie sont bonnes. Cependant” finit-il, pour ne pas blesser Porphyrée et Marthe, “cependant il y en a de bonnes parmi celles qui portent un autre nom. Ta mère, comment s’appelait-elle?”
“Euchérie…et elle était si bonne” et deux grosses larmes tombent des yeux de Marie de Magdala.
“Tu pleures, parce qu’elle est morte?” demande l’enfant et il caresse ses très belles mains jointes sur son vêtement foncé, sûrement un de ceux de Marthe mis à ses mesures, car on voit que l’ourlet a été descendu.
Et il ajoute:
“Mais tu ne dois pas pleurer. Nous ne sommes pas seuls, sais-tu? Nos mères sont toujours près de nous. C’est Jésus qui le dit. Et elles sont comme des anges gardiens. Cela aussi, Jésus le dit. Et si on est bon, elles viennent à notre rencontre quand on meurt et on monte vers Dieu dans les bras de la mère. Mais c’est vrai, tu sais? C’est Lui qui l’a dit!”
Marie de Magdala embrasse bien fort le petit consolateur et le baise en disant:
“Prie alors pour que je devienne bonne ainsi.”
“Mais, ne l’es-tu pas? Avec Jésus ne vont que ceux qui sont bons… Et, si on ne l’est pas tout à fait, on le devient pour pouvoir être les disciples de Jésus, car on ne peut enseigner si l’on ne sait pas. On ne peut dire: “Pardonne” si d’abord nous ne pardonnons pas, nous.
On ne peut pas dire: “Tu dois aimer ton prochain” si d’abord nous ne l’aimons pas nous.
240.4 – La sais-tu, la prière de Jésus?”
“Non.”
“Ah! c’est vrai! tu es depuis peu avec Lui. Elle est si belle, sais-tu? Elle dit toutes ces choses. Écoute comme elle est belle.” Et Marziam dit lentement le “Pater Noster” avec sentiment et foi.
“Comme tu la sais bien!” dit Marie de Magdala saisie d’admiration.
“C’est ma mère qui me l’a enseignée la nuit, et la Mère de Jésus le jour. Mais, si tu veux, je vais te l’apprendre. Veux-tu venir avec moi? Les brebis bêlent, elles ont faim. Je vais les mener au pâturage. Viens avec moi. Je t’apprendrai à prier et tu deviendras tout à fait bonne” et il lui prend la main.
“Mais je ne sais pas si le Maître veut…”
“Va, va, Marie. Tu as un innocent pour ami, et des agneaux… Vas-y. En toute sérénité…”
Marie de Magdala sort avec l’enfant et on la voit qui s’éloigne, précédée des trois brebis. Jésus regarde… les autres regardent aussi.
“Ma pauvre sœur!” dit Marthe.
“Ne la plains pas. C’est une fleur qui redresse sa tige après l’ouragan. Tu entends?… Elle rit… L’innocence réconforte toujours.”