“Oui, Maître… et je t’assure que je ne lui ferai pas d’impolitesses. Mais je dis et je pense que Judas étant vicieux - nous l’avons tous compris - il est un peu parent du porc… et on comprend que les démons choisissent volontiers les porcs pour leur… changement de domicile. Voilà, c’est dit.”

“Tu dis que c’est ainsi?” demande Jacques de Zébédée.

“Et que veux-tu qu’il y ait d’autre? Il n’y a pas eu de raison pour qu’il devienne aussi intraitable. C’est pire qu’à “La Belle Eau”! Et là, on pouvait penser que c’était l’endroit et la saison qui l’énervaient. Mais maintenant…”

203.4 – “Il y a une autre raison, Simon…”

“Dis-le, Maître. Je suis content de changer d’avis sur mon compagnon.”

“Judas est jaloux et agité à cause de sa jalousie.”

“Jaloux? De qui? Il n’a pas de femme et même s’il en avait une et était avec les femmes, je crois que personne de nous ne montrerait de mépris pour lui, notre condisciple…”

“Il est jaloux de Moi. Réfléchis: Judas a changé après En-Dor et après Esdrelon. C’est-à-dire quand il a vu que je m’occupais de Jean et de Yabeç (Jabé). Mais maintenant que Jean, que Jean surtout, s’éloignera en passant de Moi à Isaac, tu verras qu’il redeviendra allègre et bon.”

“Eh… bien! Tu ne me diras pas qu’il n’est pas possédé par un petit démon. Et surtout… Non, je le dis! Et surtout tu ne me diras pas qu’il est devenu meilleur ces derniers mois. J’étais jaloux, moi aussi l’an dernier… Je n’aurais pas voulu quelqu’un en plus de nous six, les six premiers, tu t’en souviens? Maintenant, maintenant… laisse-moi, pour une fois, prendre Dieu à témoin de ma pensée. Maintenant je dis que je suis heureux de voir augmenter le nombre des disciples autour de Toi. Oh! je voudrais avoir tous les hommes et les amener à Toi et tous les moyens pour pouvoir subvenir à ceux qui sont dans le besoin afin que la misère ne soit pour personne un obstacle pour arriver jusqu’à Toi. Dieu voit si je dis vrai. Mais pourquoi suis-je ainsi maintenant? Parce que je me suis laissé changer par Toi. Lui… n’a pas changé. Au contraire… Voilà, Maître… C’est un petit démon qui l’a pris…”

“Ne le dis pas. Ne le pense pas. Prie pour qu’il guérisse. La jalousie est une maladie…”

“Qu’à tes côtés, on guérit si on le veut. Ah! Je le supporterai, à cause de Toi… Mais quel travail!…”

“Je t’ai pour cela donné la récompense: l’enfant. Et maintenant je t’apprends à prier…”

“Oh! oui, frère” dit Jude Thaddée. “Parlons de cela… et que l’on ne se souvienne de mon homonyme Mon homonyme : Judas et Jude sont le même prénom, même si le français a voulu en donner des formes différentes. qu’à cause du besoin qu’il en a. Mais il me semble qu’il a déjà son châtiment. Il n’est pas avec nous à cette heure!”

203.5 – “Écoutez. Quand vous priez dites ainsi: “Notre Père qui es aux Cieux, que soit sanctifié ton Nom, que vienne ton Royaume sur la terre comme il l’est dans le Ciel, et que sur la terre comme au Ciel soit faite ta volonté. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien, remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs. Ne nous induis pas en tentation, mais délivre-nous du Malin.”

Jésus s’est levé pour dire la prière et tous l’ont imité, attentifs, émus.

“Il ne faut pas autre chose, mes amis. Dans ces mots est renfermé comme en un cercle d’or tout ce qu’il faut à l’homme pour l’esprit, pour la chair et le sang. Avec cela demandez ce qui est utile à celui-là ou à ceux-ci. Et si vous faites ce que vous demandez, vous acquerrez la vie éternelle. C’est une prière si parfaite que les vagues des hérésies et le cours des siècles ne l’entameront pas. Le christianisme sera morcelé par la morsure de Satan et beaucoup de parties de ma chair mystique seront détachées, séparées, formant des cellules dans le vain désir de se créer un corps parfait comme le sera le Corps mystique du Christ, c’est-à-dire formé de tous les fidèles unis dans l’Église apostolique qui sera, tant que la terre existera, l’unique véritable Église. Mais ces petits groupes séparés, privés par conséquent des dons que je laisserai à l’Église Mère pour nourrir mes enfants, garderont toujours le titre d’églises chrétiennes à cause de leur culte pour le Christ et, au sein de leur erreur, elles se souviendront toujours qu’elles sont venues du Christ. Eh bien, elles aussi prieront avec cette prière universelle. Rappelez-vous-en. Méditez-la continuellement. Appliquez-la à votre action. Il ne faut pas autre chose pour se sanctifier. Si quelqu’un était seul, dans un milieu païen, sans églises, sans livres, il aurait déjà tout ce que l’on peut savoir en méditant cette prière et dans son cœur une église ouverte pour la dire. Il aurait une règle de vie et une sanctification assurée.

203.6“Notre Père”.

Je l’appelle “Père”. C’est le Père du Verbe, c’est le Père de Celui qui s’est incarné. C’est ainsi que je veux que vous, vous l’appeliez parce que vous êtes un avec Moi, si vous demeurez en Moi.

Il fut un temps où l’homme devait se prosterner pour soupirer au milieu des craintes de l’épouvante: “Dieu!” Celui qui ne croit pas en Moi ni dans ma parole est encore dans cette crainte paralysante…

Observez l’intérieur du Temple. Non seulement Dieu, mais aussi le souvenir de Dieu est caché aux yeux des fidèles par un triple voile. Séparation par la distance, séparation par les voiles, tout a été pris et appliqué pour dire à celui qui prie: “Tu es fange. Lui est Lumière. Tu es abject. Lui est Saint. Tu es esclave. Lui est Roi”.

Mais maintenant!… Relevez-vous! Approchez-vous! Je suis le Prêtre Éternel. Je puis vous prendre par la main et vous dire: “Venez”. Je puis saisir les rideaux du vélarium et les ouvrir, ouvrant tout grand l’inaccessible lieu fermé jusqu’à mainte­nant. Fermé? Pourquoi? Fermé à cause de la Faute, oui, mais encore plus étroitement fermé par la pensée avilie des hommes. Pourquoi fermé si Dieu est Amour, si Dieu est Père? Je peux, je dois, je veux vous conduire non pas dans la poussière mais dans l’azur; non pas au loin, mais tout près; non pas comme esclaves, mais comme fils sur le cœur de Dieu. “Père! Père!” dites cette parole et ne vous lassez pas de la dire. Ne savez-vous pas que chaque fois que vous la dites, le Ciel rayonne de la joie de Dieu? Ne diriez-vous que ce mot, avec un amour véritable, vous feriez déjà une prière agréable au Seigneur. “Père! Mon père!” disent les petits à leur père. C’est la parole qu’ils disent la première: “Mère, père”. Vous êtes les petits enfants de Dieu. Je vous ai engendrés du vieil homme que vous étiez. Ce vieil homme, je l’ai détruit par mon amour, pour faire naître l’homme nouveau, le chrétien. Appelez donc du nom que les petits connaissent le premier le Père Très Saint qui est aux Cieux.

203.7“Que ton Nom soit sanctifié”.

Oh! Nom, plus que tout autre, saint et suave, Nom que la terreur du coupable vous a appris à voiler sous un autre nom. Non, plus Adonaï, plus. C’est Dieu. C’est le Dieu qui dans un excès d’amour a créé l’humanité.

Que l’Humanité de l’avenir, avec les lèvres purifiées par le bain que je prépare, l’appelle de son Nom, se réservant de comprendre avec la plénitude de la sagesse le sens de cet Incompréhensible lorsque, fondue avec Lui, l’Humanité avec les meilleurs de ses enfants, sera élevée jusqu’au Royaume que je suis venu fonder DIEU LE PÈRE : Que je suis venu fonder : sur une copie dactylographiée, Maria Valtorta a écrit : "Comme Jésus 'a révélé le Père' (Jean 1,18) durant son ministère de Maître et de la manière dont il pouvait le révéler aux vivants, de même ce sera toujours par le Verbe, le Fils du Père, que les citoyens du Royaume de Dieu connaîtront Dieu." .

203.8“Que vienne ton Règne sur la terre comme au Ciel”.