“N’aie pas peur!… J’ai la lèpre d’appartenir à Jésus! La plus odieuse pour ceux du Temple à part quelques exceptions.”
“Non! Ne le dis pas!”
“C’est la vérité et il faut la dire… Aussi, je crains qu’ils ne soient cruels avec le petit à cause de moi et de Jésus. Et puis je ne sais pas comment il sait la Loi, l’Halakha, l’Haggadah et les Midrashim. Jésus dit qu’il en sait assez… Pour la sauvegarde de la Loi, base religieuse et juridique de la communauté juive, les rabbins l'entourèrent, après l'exil, d'une exégèse appelée Midrash (Interprétation). Les midrashim sont des commentaires sur des passages des Écritures. Parmi les auteurs réputés de ces traditions midrashiques on peut citer Hillel, Schammei et Gamaliel. Midrash désigne aussi la branche du savoir rabbinique qui a trait aux règles de la loi traditionnelle (écrite), par opposition à la Michna (tradition orale). Cette interprétation de la Loi mosaïque donna des prescriptions nouvelles, des règles de conduite qu'il fallait suivre sur le culte et le droit (les Halâkoth). L'interprétation des parties historiques du Pentateuque donna des récits et des légendes (l'Haggadah). Toutefois, par égard pour la Loi mosaïque, ces midrashim ne devaient être transmis de génération en génération qu'oralement, quoique leur autorité finît par égaler pratiquement celle de la Loi. ”
“Hé! mais si Jésus le dit, n’aie pas peur!”
“Mais pour me faire de la peine ceux-là…”
“Tu aimes bien ce petit! Tu le gardes toujours avec toi?”
“Je ne peux pas!… Je suis toujours en marche… L’enfant est petit et chétif…”
“Mais moi, je viendrais volontiers avec toi…” dit Yabeç que les caresses de Joseph ont rassuré.
Pierre rayonne de joie… Mais il dit: “Le Maître dit que l’on ne doit pas, et nous ne le ferons pas… Mais nous nous verrons tout de même… Joseph… Tu m’aides?”
“Mais oui! Je viendrai avec toi. Devant moi, ils ne feront pas d’injustices. Quand est-ce?”
197.4 - Oh! Maître! Donne-moi ta bénédiction!”
“La paix à toi, Joseph. Je suis heureux de te voir, et en bonne santé.”
“Moi aussi, Maître, et même les amis te verront avec joie. Tu es à Gethsémani?”
“J’y étais. Après la prière, je vais à Béthanie.”
“Chez Lazare?”
“Non, chez Simon. Il y a aussi ma Mère et la mère de mes frères et celle de Jean et Jacques. Viendras-tu me trouver?”
“Tu le demandes? C’est pour moi une grande joie et un grand honneur. Je te remercie. Je viendrai avec plusieurs amis…”
“Vas-y doucement, Joseph, avec les amis!…” conseille Simon le Zélote.
“Oh! vous les connaissez déjà. La prudence dit: “Que l’air n’entende pas”. Mais quand vous les verrez, vous comprendrez que ce sont des amis.”
“Alors…”
“Maître, Simon de Jonas me parlait de la cérémonie du petit. Tu es venu au moment où je demandais quand vous avez l’intention de la faire. Je veux y être, moi aussi.”
“Le mercredi avant la Pâque. Je veux qu’il fasse sa Pâque en fils de la Loi.”
“Très bien. C’est entendu. Je viendrai vous prendre à Béthanie. Mais lundi je viendrai avec des amis.”
“C’est entendu.”
“Maître, je te quitte. La paix soit avec Toi. C’est l’heure de l’encens.”
“Adieu, Joseph. La paix soit avec toi.
197.5 - Viens, Yabeç. C’est l’heure la plus solennelle de la journée. il y en a une autre du même genre le matin, mais celle-ci est encore plus solennelle. Le matin c’est le commencement du jour. Et c’est bien que l’homme bénisse le Seigneur pour en être béni pendant la journée, dans tous ses travaux. Mais le soir c’est encore plus solennel. La lumière s’éloigne, le travail cesse, la nuit arrive. La lumière qui s’éloigne nous rappelle la chute dans le mal, et réellement les mauvaises actions arrivent d’ordinaire pendant la nuit. Pourquoi? Parce que l’homme n’est plus occupé par son travail. Il lui arrive plus facilement d’être entouré par le Malin qui envoie ses appels et ses cauchemars. Aussi c’est bien, après avoir remercié Dieu de sa protection pendant la journée, de Le supplier qu’il éloigne de nous les fantômes de la nuit et les tentations. La nuit, le sommeil… symbole de la mort. Mais heureux ceux qui ayant vécu avec la bénédiction du Seigneur s’endorment, non dans les ténèbres, mais dans une lumineuse aurore. Le prêtre qui offre l’encens le fait au nom de nous tous. il prie pour tout le peuple, en communion avec Dieu, et Dieu lui confie sa bénédiction pour le peuple de ses fils. Vois-tu combien est grand le ministère du prêtre?”
“Il me plairait… il me semblerait être encore plus près de maman…”
“Si tu es toujours un bon disciple et un bon fils de Pierre, tu le deviendras. Viens maintenant. Voici que les trompettes annoncent que l’heure est arrivée. Allons avec vénération louer Geové.” (Jésus prononce ainsi, avec le “g” qui devient long: un Sgiéveee très chantant, avec les derniers “e” très ouverts comme si c’était “a” alors que celui qui suit le “g” est très fermé).