“Oui, Seigneur.”
L’épouse de Jonas, le régisseur de l’oliveraie, qui s’est approchée tout doucement, dit:
“Pourquoi ne l’y conduis-tu pas? L’enfant le désire…”
Jésus la fixe avec insistance sans parler.
La femme comprend et le dit:
“J’ai compris! Mais je dois avoir encore un petit manteau de Marc. Je vais le chercher” et elle part en courant.
Yabeç tire Jean par la manche:
“Seront-ils sévères les maîtres?”
“Oh! non. N’aie pas peur et puis ce n’est pas pour aujourd’hui.
Dans quelques jours, avec la Mère, tu seras plus sage qu’un docteur” dit Jean pour le réconforter.
Les autres entendent et sourient de l’appréhension de Yabeç.
“Mais qui le présentera en qualité de père?” demande Matthieu.
“Moi. C’est naturel! À moins… que le Maître ne veuille le présenter” dit Pierre.
“Non, Simon. Je ne le ferai pas. Je te laisse cet honneur.”
“Merci, Maître. Mais… tu y seras Toi aussi?”
“Certainement. Nous y serons tous. C’est “notre” enfant…”
Marie de Jonas revient avec un manteau violet foncé encore en bon état. Mais quelle couleur! Elle-même le dit:
“Marc ne voulait pas le porter parce que la couleur ne lui plaisait pas.”
Je crois bien! C’est atroce! Et le pauvre Yabeç, avec son teint olivâtre, semble un noyé avec cette couleur violente. Mais lui ne se voit pas… aussi il est heureux avec ce manteau où il peut se draper comme un homme…
“Le repas est prêt, Maître. La servante a déjà enlevé l’agneau de la broche.”
“Allons-y alors.”
Et descendant de l’endroit Où ils se trouvent, ils entrent dans la vaste cuisine pour le repas.