179 – La parabole du semeur. À Chorazeïn avec Élie, le nouveau disciple

4 juin 1945

Le lundi 4 juin 1945

179.1 – Jésus me dit en me montrant le cours du Jourdain, ou plutôt l’endroit où il débouche dans le lac de Tibériade, là où s’étend la cité de Bethsaïda sur la rive droite du fleuve par rapport à celui qui regarde le nord:

“Maintenant la ville ne semble plus être sur les rives du lac mais un peu vers l’intérieur dans les terres et cela déconcerte les spécialistes. On doit chercher l’explication dans le fait que de ce côté le lac a été comblé par vingt siècles d’alluvions apportées par le fleuve et par les éboulis descendus des collines de Bethsaïde L'emplacement exact de Bethsaïde était encore ignoré en 1945, quand Maria Valtorta écrivit ces lignes. . La ville était alors exactement à l’embouchure du fleuve dans le lac et même les barques les plus petites, aux saisons où les eaux du fleuve étaient plus hautes, remontaient sur un assez long parcours jusqu’à la hauteur de Chorazeïn, le fleuve lui-même qui servait cependant toujours de port et d’abri aux barques de Bethsaïda aux jours de tempête sur le lac. Ceci n’est pas pour toi à qui la chose importe peu, mais pour les docteurs difficiles. Et maintenant va de l’avant.” Ce n'est qu'en 1987, quarante ans après cette dictée, que des fouilles ont permis de situer cet ancien village de pêcheurs sur une colline à 1,5 km du lac. Voir, à l'appui, la photo des alluvions déversées par le Jourdain dans le lac de Tibériade.

179.2 – Les barques des apôtres, après avoir parcouru la portion assez courte du lac qui sépare Capharnaüm de Bethsaïde Soit un parcours en barque d'environ 5 à 6 km, au temps de Jésus. , amarrent dans cette ville. Mais d’autres barques les ont suivies et beaucoup de gens en descendent et s’unissent à ceux venus de Bethsaïde pour saluer le Maître qui entre dans la maison de Pierre où… se trouve de nouveau son épouse qui a préféré vivre seule plutôt que d’entendre les plaintes constantes de sa mère envers son mari Le couple s'était installé à Capharnaüm, dans la maison maternelle de Porphyrée. À l'issue d'une cohabitation difficile, ils sont retournés à Bethsaïde, dans la maison de Pierre. .

Les gens, au dehors, réclament à grands cris le Maître. Cela ennuie Pierre qui monte sur la terrasse et harangue ses concitoyens ou du moins, leur dit qu’il faudrait un peu de respect et de politesse. Lui, maintenant qu’il l’a dans sa maison, voudrait bien jouir un peu paisiblement de la présence du Maître. Au contraire, il n’a pas le temps et le plaisir de Lui offrir seulement un peu d’hydromel parmi les nombreuses choses qu’il a dit à sa femme d’apporter, et il grommelle quelque peu.

Jésus le regarde en souriant et hoche la tête en disant:

“On dirait que tu ne me vois jamais et qu’il est exceptionnel de se trouver ensemble!”

“Mais il en est ainsi! Quand nous sommes par le monde, sommes-nous par hasard Toi et moi? Jamais de la vie! Entre Toi et moi, il y a le monde avec ses malades, avec ceux qui sont dans l’affliction, avec les auditeurs, les curieux, les calomniateurs, les ennemis, mais nous ne sommes jamais Toi et moi. Aujourd’hui, au contraire, tu es avec moi, dans ma maison et ils devraient le comprendre!”

Il est vraiment fâché.

“Mais je ne vois pas de différence, Simon. Mon amour est le même. Ma parole est la même. Que je te la dise à toi en privé, ou que je la dise pour tous, n’est-ce pas la même chose?”

179.3 – Pierre avoue alors sa grande peine:

“C’est que je suis têtu et que je suis facilement distrait.

Quand tu parles sur une place, sur une montagne, au milieu d’une si grande foule, moi, je ne sais pourquoi, je comprends tout mais je ne me rappelle de rien. Je l’ai dit aussi aux compagnons et ils m’ont donné raison. Les autres, je veux dire le peuple qui t’écoute, te comprend et se souvient de ce que tu dis. Combien de fois nous avons entendu quelqu’un avouer: “Je n’ai plus fait cette chose parce que tu l’as dit”, ou encore: “Je suis venu parce qu’une fois je t’ai entendu dire telle autre chose dont mon esprit a été frappé”. Nous, au contraire… hum! c’est comme un courant d’eau qui passe sans s’arrêter. La rive ne l’a plus, cette eau qui est passée. Il en vient d’autre, toujours d’autre, et toujours tant. Mais elle passe, passe, passe… Et moi, je pense avec terreur que, s’il en est comme tu dis, que viendra le moment que tu ne seras plus là pour jouer le rôle du fleuve et… et moi… Qu’aurai-je à donner à ceux qui ont soif, si je ne garde pas une seule goutte de ce que tu me donnes?”

Les autres aussi appuient les plaintes de Pierre, se lamentant de ne jamais rien retrouver de ce qu’ils entendent quand ils voudraient le retrouver pour répondre aux nombreuses personnes qui les interrogent.

Jésus sourit et répond:

“Mais il ne me semble pas. Les gens sont très contents de vous aussi…”

“Oh! oui! Pour ce que nous faisons! Te faire de la place, et pour cela jouer des coudes, porter les malades, recueillir les oboles et dire: “Oui, le Maître c’est celui-ci!” C’est du propre, en vérité!”

“Ne te rabaisse pas trop, Simon.”

“Je ne me rabaisse pas, je me connais.”

C’est la plus difficile des sagesses. Mais je veux t’enlever cette grande peur. Quand j’ai parlé et que vous n’avez pu tout comprendre et retenir, demandez-moi sans craindre de paraître ennuyeux ou de me décourager. Nous avons toujours des heures d’intimité. Ouvrez-moi alors votre cœur. Je donne tant à tant de gens. Et que ne vous donnerais-je pas à vous que j’aime comme Dieu ne le pourrait davantage? Tu as parlé du courant qui passe sans que la rive n’en garde rien. Un jour viendra où tu t’apercevras que chaque flot t’a déposé une semence et que chaque semence t’a donné une plante. Tu trouveras à ta portée fleurs et plantes pour tous les cas, et tu seras étonné de toi-même en disant: “Mais, que m’a fait le Seigneur?” car alors tu seras racheté de l’esclavage du péché et tes vertus actuelles se seront élevées à une haute perfection.”

“Tu le dis, Seigneur, et je me repose sur cette parole.”

179.4 – “Maintenant allons trouver ceux qui nous attendent. Venez. Paix à toi, femme. Je serai ton hôte ce soir.”

Ils sortent, et Jésus se dirige vers le lac pour n’être pas bousculé par la foule. Pierre a soin d’éloigner la barque de quelques mètres de la rive de façon que tous puissent entendre la voix de Jésus Matthieu 13,1-2 et Marc 4,1-2 dans leur récit précisent effectivement que Jésus donne sa parabole depuis la barque, au bord du lac. , mais qu’il y ait un peu d’espace entre Lui et les auditeurs.