Plusieurs points sèment en effet le doute sur le personnage tel qu’on l’imagine et sur les œuvres qu’on lui attribue.

- Galien, auteur de nombreux ouvrages, semble atteint de dédoublement de la personnalité. Dans son ouvrage de l’Utilité des parties du corps, il démontre «une ignorance absolue de l’anatomie humaine», mais dans son Manuel des dissections, c’est tout le contraire Œuvres médicales et philosophiques de Galien, introduction de Philippe Remacle. .

- Il se réclame d’Esculape, le dieu guérisseur, mais il en fait le dieu créateur dans les extraits mentionnés, ce qui est surprenant dans l’Olympe. L’ouvrage se réfère même à la Bible et à Moîse.

- Galien est médecin, mais en pleine peste, il se fait théologien.

- Dans un manuscrit grec, trouvé récemment, il répertorie ses livres, mais ne fait pas mention de l’Utilité des parties du corps où se trouvent les textes repris dans Maria Valtorta.

- Enfin, sur 83 ouvrages qu’on lui attribue, 45 sont apocryphes, soit plus de la moitié. C’est beaucoup!

Il est donc plus que probable que ses œuvres rassemblées au XVème siècle (1453) sont un recueil épars de plusieurs sources et de plusieurs auteurs. Il y a donc plus d’une chance sur deux que la citation de Jésus dans Maria Valtorta soit effectivement celle d’un auteur qui n’est pas ce Galien du second siècle.

Mais qui est-il?

Les hypothèses. Il peut s’agir d’un homonyme. La tradition populaire a ainsi confondu saint Martial du Ier siècle et saint Martial du IIIème siècle, tous deux dans le Limousin, jusqu’à ce que le rationalisme constatant – et pour cause – de nombreuses incohérences, décide qu’il s’agissait d’une légende. Mais la tradition n’est pas la légende.

Ici, «Galien l’ancien» et «Galien le jeune» seraient fondus dans un seul personnage prolixe et polyvalent, ce que les études scientifiques récentes commencent à contredire sérieusement.

Mais qui pourrait donc être «Galien l’ancien», ce «philosophe» réputé comme le qualifie le romain? Nul ne répond à ce nom dans les auteurs connus de l’époque.

David Amos, cherchant la proximité de nom avec Galeno, avance GaioCornelio Gallo (Caius Cornelius Gallus, 69 à 26 avant Jésus-Christ).

Ce personnage, célèbre à l’époque, fut un homme politique et un poète connu pour avoir introduit l’élégie à Rome. Il fut cité par de nombreux auteurs, mais son œuvre est en grande partie disparue, comme tant d’autres écrits de l’époque.

Mais qu’est-ce qui fait qu’une œuvre ancienne disparaisse? Deux causes principales: sa destruction ou son attribution à un autre auteur, ce qui serait le cas ici.

Certes l’élégie amoureuse semble éloignée des textes chantant le Créateur et sa Création, mais Gallus fut un ami et un protecteur de Virgile (70- 26 av. JC) qui parle de Gallus dans sa dixième églogue. C’est ce grand poète qui annonce la venue du Messie dans la 4ème églogue de ses Bucoliques:

Voici les derniers temps marqués par l’oracle de la Sibylle de Cumes: la longue série des siècles recommence. Voici venir la Vierge, et le règne de Saturne. Voici descendre du ciel une race nouvelle. Un enfant nouveau-né sous le règne de l’Empereur Auguste éliminera la génération de fer et suscitera par tout le monde une génération d’or.

Jésus le commente en EMV 426.

Si Virgile parle ainsi, que pouvait donc dire son ami et protecteur dans ses œuvres aujourd’hui perdues? Quelle culture avait donc ramenée Gallus de l’Égypte et d’Alexandrie où il séjourna?

Conclusion. L’identité de «Galien l’ancien» reste encore inconnue. Mais les travaux menés à ce jour concluent indubitablement à rendre crédible les citations de Jésus dans Maria Valtorta.

Il fallait à Maria Valtorta une confiance et une obéissance absolues aux visions inspirées pour qu’elle ose écrire ce qui apparaissait pourtant comme un anachronisme, tant Galien était connu.

Mais cette affirmation contre toute logique, milite en faveur de l’authenticité des écrits.

Jésus s’en explique:

Toute personne qui décrit, tout prophète, est esclave de son temps. Au moment où il écrit et où il voit (je parle de ceux qui écrivent de par la volonté de Dieu), il le fait en décrivant parfaitement, même à l’encontre de sa propre façon de voir, conforme à son époque. Il s’étonne, par exemple, de ne pas voir ceci ou cela, ou bien de remarquer des objets et des formes de vie différentes de celles de son temps, mais il les décrit telles qu’il les voit. S’il lui faut en revanche répéter toute une série de visions en ne les ayant plus sous les yeux, après un long intervalle de temps, il retombe sans cesse dans sa propre personnalité et dans les habitudes de son époque. Ceux qui viennent après s’effarent donc de certaines traces trop humaines dans la description d’un tableau d’origine divine Cahiers de 1944, dictée du 24 septembre. .

En mars 1945, ces citations d’un certain Galien appelaient l’opprobre sur les écrits de Maria Valtorta et ce fut longtemps ainsi. Soixante-dix ans après, l’affirmation devient crédible. Demain elle sera preuve de son inspiration.

C’est un peu l’image symbolique de la Vie de Jésus révélée à Maria Valtorta.