“Paix et bénédiction à Toi, Maître, et nombreuses années de sainte félicité.”

Ils s’embrassent.

“Certains de nos amis m’ont dit que tu es né pendant que Bethléem étincelait d’une lointaine Encénie. Nous jubilons de te posséder ce soir, nous et eux. Tu ne demandes pas qui sont-ils?”

“Je n’ai d’autres amis qui ne soient pas mes disciples et mes chers amis de Béthanie, en dehors des bergers. C’est donc eux. Ils sont venus? Pourquoi?”

“Pour t’adorer, notre Messie. Jonathas nous a annoncé ta présence et nous sommes ici C'est ainsi que les cinq bergers de la Nativité (sur douze), présents en Judée, ont pu se réunir. . Avec nos troupeaux qui sont maintenant dans les étables de Lazare, et avec nos cœurs, maintenant et toujours sous tes pieds saints.”

Isaac a parlé au nom d’Élie, de Lévi, de Joseph et de Jonathas qui sont tous prosternés à ses pieds. Jonathas a sa belle tenue d’intendant, il est très aimé de son maître, Isaac dans la sienne d’infatigable pèlerin, une épaisse laine marron foncé imperméable à l’eau. Lévi, Joseph, Élie, sont habillés de neuf par Lazare pour pouvoir prendre place aux tables sans le pauvre vêtement déchiré et imprégné par l’odeur des troupeaux des bergers.

“C’est pour cela que vous m’avez envoyé au jardin? Que Dieu vous bénisse tous! Il ne manque que la Mère à mon bonheur. Levez-vous, levez-vous. C’est mon premier anniversaire en l’absence de la Mère Confirmation que Jésus est parti en mission juste après son anniversaire de 30 ans. . Mais votre présence m’enlève la tristesse, la nostalgie de son baiser.”

136.4 – Tout le monde entre dans la salle du banquet. Ici les lampes, en plus grande partie, sont en or. Le métal est avivé par la lueur de la lumière et la lumière semble plus brillante, réfléchie par tant d’or. La table a été disposée en U pour donner une place à tant de gens et pour faciliter le travail des écuyers tranchants et des serveurs. En plus de Lazare, il y a les apôtres, les bergers et Maximin, le vieux serviteur de Simon.

Marthe surveille la répartition des places et voudrait rester debout. Mais Jésus s’y oppose:

“Aujourd’hui, tu n’es pas l’hôtesse: tu es la sœur, et tu prends place avec Moi comme si nous étions du même sang. Nous sommes une famille. Les règles tombent pour laisser la place à l’amour. Ici, à mon côté, et près de toi Jean. Moi avec Lazare. Mais, donnez-Moi une lampe. Entre Moi et Marthe qu’une lumière veille… une flamme, pour les absentes mais présentes à notre esprit. Pour celles que nous aimons, que nous attendons, pour les femmes qui nous sont chères et loin d’ici. Pour toutes.

La flamme a des paroles lumineuses, l’amour des paroles enflammées, et elles vont loin ces paroles, sur les ondes immatérielles des esprits qui se retrouvent toujours, au-delà des monts et des mers et apportent baisers et bénédictions… Elles apportent tout. N’est-il pas vrai?”

Marthe pose la lampe où Jésus veut, à une place qui reste vide… et Marthe, comprenant son intention, se penche pour baiser la main de Jésus qui la lui met sur sa tête brune, la bénissant et la réconfortant.

136.5 – Le repas commence. Les trois bergers sont un peu gênés au début. Isaac est déjà plus sûr et Jonathas ne manifeste pas de gêne. Mais ils s’enhardissent à mesure que le repas avance, et après avoir gardé le silence ils commencent à parler. Et de quoi doivent ils parler, sinon de leur souvenir?

“Je m’étais retiré depuis peu, dit Lévi, et j’avais tellement froid que je m’étais réfugié parmi les troupeaux. Je pleurais et j’aurais voulu être avec ma maman…”

“Moi, je pensais à la jeune Mère que j’avais rencontrée peu avant et je me disais: “Aura-t-elle trouvé une place?” Si j’avais su qu’Elle était dans une étable! Je l’aurais conduite dans notre parc!… Mais Elle était si gentille: un lis de nos vallées, que j’aurais cru l’offenser de lui dire: “Viens parmi nous”. Mais je pensais à Elle… et je sentais encore plus le froid, en pensant qu’Elle devait en souffrir. Te rappelles-tu la lumière de ce soir-là? Et ta peur?”

“Oui… mais ensuite… l’ange… Oh!… ”

Lévi, un peu perdu dans son rêve, sourit à son souvenir.

“Oh! écoutez, amis. Nous ne savons que peu et nous sommes mal renseignés. Nous avons entendu parler d’anges, de crèches, de troupeaux, de Bethléem… Pour nous, nous savons que Lui est Galiléen et menuisier… Il n’est pas juste que nous ne soyons pas au courant, nous! J’ai questionné le Maître à “La Belle Eau”… mais ensuite on a parlé d’autre chose. Celui-ci qui sait, ne m’a rien dit Jésus avait remarqué devant Pierre, à La Belle Eau, que Jean avait su se taire (Cf. EMV 132.7). … Oui, c’est à toi que je parle, Jean de Zébédée. Tu as du beau respect pour moi qui suis âgé! Tu gardes tout pour toi et me laisses grandir comme un disciple borné. Ne le suis-je déjà que trop!”

On rit de l’indignation de Pierre, mais lui se tourne vers son Maître:

“Ils rient, mais c’est moi qui ai raison” et puis, s’adressant à Barthélemy, Philippe, Matthieu, Thomas, Jacques et André:

“Allons, dites-le, vous aussi. Protestez avec moi! Pourquoi ne savons-nous rien, nous?”

“Vraiment… Où étiez-vous quand mourut Jonas Jonas meurt dans la vision béatifique des anges de la Nativité (Cf. EMV 109.15). ? Où étiez-vous au Liban?”

“Tu as raison, mais pour Jonas, moi, du moins j’ai cru que c’était un délire de mourant, et au Liban… j’étais fatigué et endormi C'était effectivement après une longue marche depuis Capharnaüm. . Pardonne-moi, Maître, mais c’est la vérité.”

“Et ce sera la vérité pour tant de gens! Le monde de ceux qui ont été évangélisés répondra souvent au Juge Éternel, pour excuser son ignorance malgré l’enseignement de mes apôtres, il répondra ce que tu viens de dire: “Je croyais que c’était du délire… J’étais fatigué et endormi”. Et souvent il n’admettra pas la vérité car il la prendra pour du délire et il ne se rappellera pas la vérité parce qu’il sera fatigué par trop de choses inutiles, passagères, coupables même. Une seule chose est nécessaire: connaître Dieu.”

“Eh bien, maintenant que tu nous as dit ce que nous méritons, raconte-nous les choses comme elles se sont passées… À ton Pierre. Ensuite, je le dirai aux gens. Sinon… je te l’ai dit: que puis-je dire? Le passé, je l’ignore, les prophéties et le Livre, je ne sais pas les expliquer, l’avenir… oh! pauvre de moi! Et, qu’est-ce que je vais annoncer, alors?”