- Nous donnons à cet esprit le nom de “démon”, non de pythie. Il y a celui qui parle et celui qui est muet. Celui qui trompe par des raisons teintées de vérités et celui qui n’est que désordre mental. Le premier de ces deux est le plus complet et le plus dangereux. Ton frère a le second. Mais maintenant, il va en sortir.
- Comment?
- Lui-même te le dira.»
Jésus ordonne:
«Quitte cet homme! Retourne à ton abîme.
- J’y vais. Contre toi, mon pouvoir est trop faible. Tu me chasses et me muselles. Pourquoi es-tu toujours victorieux…?» L’esprit a parlé par la bouche de l’homme qui s’affaisse ensuite, comme épuisé.
«Il est guéri. Déliez-le sans crainte.
- Guéri? En es-tu sûr? Mais… mais moi, je t’adore!»
Le Romain veut se prosterner, mais Jésus refuse.
«Elève ton âme. C’est au Ciel qu’est Dieu. Adore-le et va à lui. Adieu.
- Non. Pour ça, non. Accepte au moins quelque chose. Permets-moi de te traiter comme les prêtres d’Esculape. Permets-moi de t’entendre parler… Permets-moi de parler de toi dans ma patrie…
- D’accord, et viens avec ton frère.»
Le frère regarde autour de lui, stupéfait, et demande:
«Mais où suis-je? Ce n’est pas Cintium La même ville semble-t-il que celle de Jean d'En-Dor à Chypre. , ici! Où est la mer?
- Tu étais…»
Jésus fait un signe pour lui imposer le silence:
«Tu étais pris par une grande fièvre et on t’a conduit sous un autre climat. Maintenant, tu vas mieux. Viens.»
Ils vont tous dans la grande salle, mais tous ne sont pas émus de la même manière: il y a les admirateurs et ceux qui critiquent la guérison du païen.
129.4. - Jésus gagne sa place; justement, les Romains se placent au premier rang de l’assemblée.
«Permettez-moi de vous citer un passage des Rois 2Rois 5,1 .
On y dit que le roi de Syrie, étant sur le point de déclarer la guerre à Israël, avait à sa cour un homme puissant et respecté du nom de Naamân, qui était lépreux. Une petite fille juive, prise par les Syriens, était devenue son esclave 2Rois 5,2 et lui dit: “Si mon seigneur s’était adressé au prophète de Samarie, certainement, il l’aurait guéri de la lèpre 2Rois 5,3 .” À la suite de cela, Naamân demanda au roi la permission de suivre le conseil de la petite fille 2Rois 5,4 . Mais le roi d’Israël fut fortement troublé et dit: “Suis-je donc Dieu pour que le roi de Syrie m’envoie les malades? C’est un piège pour déclarer la guerre 2Rois 5,7 .” Mais le prophète Élisée, mis au courant, dit: “Que ce lépreux vienne me trouver, je le guérirai et il saura qu’il y a un prophète en Israël 2Rois 5,8 .” Naamân se rendit alors chez Élisée, mais Élisée ne le reçut pas 2Rois 5,9 . Il lui envoya dire: “Va te baigner sept fois dans le Jourdain et tu seras purifié 2Rois 5,10 .” Naamân s’indigna, car il lui parut avoir fait pour rien une si longue route, et il était sur le point de repartir 2Rois 5,11-12 . Mais ses serviteurs lui firent observer: ” Il t’a seulement demandé de te laver sept fois, et même s’il t’avait commandé beaucoup plus, tu aurais dû le faire parce que c’est un prophète 2Rois 5,13 .” Alors Naamân se rendit à ces raisons. Il alla au fleuve, se lava et fut guéri 2Rois 5,14 . Ravi, il revint chez le serviteur de Dieu et lui dit: “Je sais désormais la vérité: il n’y a pas d’autre Dieu sur toute la terre que le Dieu d’Israël 2Rois 5,15 .” Et comme Élisée refusait ses cadeaux, il lui demanda la permission de prendre de la terre, suffisamment pour pouvoir sacrifier au Dieu vrai sur de la terre d’Israël 2Rois 5,17 .
Je sais que vous n’approuvez pas tous ce que j’ai fait. Je sais aussi que je ne suis pas tenu de me justifier devant vous. Mais puisque je vous aime d’un amour vrai, je veux que vous compreniez mon geste et qu’il vous éclaire, et que toute pensée de critique ou de scandale disparaisse de votre âme. Nous avons là deux sujets d’un État païen. L’un était malade et on leur a dit par l’intermédiaire d’un parent, mais certainement par la bouche d’un juif: ” Si vous allez trouver le Messie d’Israël, il guérira le malade. ” Et eux, de très loin, sont venus à moi. Leur confiance était plus grande encore que celle de Naamân, car ils ne savaient rien d’Israël et du Messie, tandis que le Syrien appartenait à une nation voisine et était en contact permanent avec les esclaves d’Israël; par conséquent, il savait déjà qu’en Israël il y a Dieu. Le vrai Dieu. N’est-ce pas une bonne chose qu’un païen puisse retourner dans sa patrie en proclamant désormais: ” Vraiment, il existe en Israël un homme de Dieu et en Israël on adore le vrai Dieu 2Rois 5,15 ”?
Je n’ai pas dit: “Lave-toi sept fois 2Rois 5,10 .” Mais j’ai parlé de Dieu et de l’âme, deux choses qu’ils ignorent et qui, telles les bouches d’une fontaine intarissable, apportent les sept dons. Car là où se trouve l’idée de Dieu et de l’âme, ainsi que le désir de les trouver, naissent les arbres de la foi, de l’espérance, de la charité, de la justice, de la tempérance, de la force et de la prudence. Or ces vertus restent ignorées de ceux qui ne peuvent que copier chez leurs dieux les passions humaines communes, plus perverses parce que possédées par des êtres supposés supérieurs. Désormais, ils retournent dans leur patrie mais, plus que la joie d’avoir été exaucés, ils ont celle de dire: “Nous savons que nous ne sommes pas des brutes, mais qu’après la vie il y a encore une autre Vie. Nous savons que le vrai Dieu est bonté, qu’il nous aime, nous aussi, et nous fait du bien pour nous persuader d’aller à lui.”
129.5 - Que croyez-vous donc? Qu’eux seuls ignorent la vérité? Tout à l’heure un de mes disciples croyait que je ne pourrais guérir le malade parce qu’il avait une âme païenne. Mais l’âme, qu’est-elle? Et d’où vient-elle? L’âme est l’essence spirituelle de l’homme. C’est elle qui, créée à un âge parfait, investit, accompagne, anime toute la vie de la chair et continue à vivre lorsque la chair n’est plus, car elle est immortelle comme celui qui l’a créée: Dieu. Puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y a pas d’âmes de païens ou d’âmes de non-païens créées par différents dieux. Il n’y a qu’une seule force qui crée les âmes: celle du Créateur, de notre Dieu, unique, puissant, saint, bon, n’ayant d’autre passion que l’amour, la charité parfaite, toute spirituelle; comme j’ai employé, pour être compris de ces Romains, le terme de: charité, je précise: charité toute morale. Car l’idée d’esprit n’est pas comprise par ces enfants qui ne savent rien des termes saints.