Jésus regarde Pierre si sévèrement que Pierre rougit comme un coquelicot et baisse la tête, en s’arrêtant, de sorte qu’il passe du premier rang au dernier du groupe des apôtres.

94.7 – Jésus a pris place. Après des cantiques et des prières faites avec le peuple, il se retourne pour parler. Le chef de la synagogue Lui demande s’il veut un rouleau, mais Jésus répond:

“Je n’en ai pas besoin. J’ai déjà le sujet”.

Et il commence Il commence à commenter le péché et le repentir de David (racontés en 2 Samuel 11-12 | Psaume 50 (Hébreu 51) et poursuit par un commentaire de l'histoire de Samson (rapportée en Juges 13-16). DAVID : En dehors des simples citations de son nom, il en est encore parlé en EMV 215.2 | EMV 217.3 | EMV 263.2 | EMV 337.2 | EMV 389.2 | EMV 394.2 | EMV 447.2 | EMV 558.1 | EMV 580.3 | EMV 588.6 | EMV 632.33. SAMSON, quant à lui, est encore mentionné en EMV 104.4 | EMV 215.2 | EMV 218.3 | EMV 376.9/10 | EMV 467.9 | EMV 625.1. :

“Le grand roi d’Israël, David de Bethléem après avoir péché Meurtre d'Urie le hittite, mari de Bethsabée (qui deviendra mère de Salomon) de qui David était tombé amoureux et qu'il épousa par la suite. pleura, le cœur contrit, criant à Dieu son repentir et demandant à Dieu son pardon. David avait eu l’esprit obscurci par le brouillard des sens, et cela l’avait empêché de voir le Visage de Dieu et de comprendre ses paroles.

J’ai dit: le Visage. Dans le cœur de l’homme, il est un point qui garde le souvenir du Visage de Dieu, un point particulièrement choisi qui est notre “Saint des Saints” d’où lui viennent les saintes inspirations et les saintes résolutions, un endroit qui parfume comme un autel, qui brille comme un bûcher, résonne de chant: comme la demeure des séraphins. Mais, quand le péché répand en nous sa fumée, voici que ce point s’assombrit tellement que disparaissent la lumière, le parfum, les chants, et il ne reste que l’odeur suffocante d’une lourde fumée et un goût de cendre. Mais quand la clarté revient, parce qu’un serviteur de Dieu la porte aux malheureux sans lumière, voilà qu’alors il voit sa laideur, sa déchéance et, horrifié de lui-même, s’écrie comme le roi David “Aie pitié de moi, Seigneur, selon ta grande miséricorde et, à cause de ton infinie bonté, lave-moi de mon péché” Psaume 50 (Hébreu 51),1-4. . Il ne dit pas: “Je ne puis être pardonné, et pour cela je reste dans mon péché”, mail il dit: “Je suis humilié, j’ai le cœur brisé, mais, je t’en prie, Toi qui sais comment je suis né dans le péché, de m’asperger et de m’inonder pour que je redevienne semblable à la neige des cimes” Mais, il dit encore: “Ce ne sera pas pour moi un holocauste de béliers et de bœufs, mais un vrai brisement de mon cœur, car je sais que c’est lui que Tu veux de nous et que Tu ne le méprises pas”.

Voilà ce que disait David après son péché et après que Nathan le serviteur du Seigneur, l’eut amené à se repentir. C’est encore ça et à plus forte raison, que doivent dire les pécheurs, maintenant que le Seigneur leur envoie non pas un de ses serviteurs, mais le Rédempteur lui-même, son Verbe. C’est Lui le Juste, le Maître non seulement des hommes mais des êtres célestes et des infernaux. Il est sorti du milieu de son peuple, comme sort de l’aurore la lumière qui, au lever matinal du soleil, resplendit dans un air sans nuages.

94.8 – Vous avez déjà lu comment l’homme, proie de Mammon, est plus faible qu’un poitrinaire qui va mourir, même si auparavant il était le fort. Vous savez comment Samson fut réduit à rien après avoir cédé à la sensualité. Je veux que vous connaissiez la leçon que nous donne Samson, fils de Manoah, destiné à vaincre les Philistins qui opprimaient Israël Juges 13, 1-14. .

La première condition pour remplir sa mission était que, dès sa conception, il fut tenu vierge de tout ce qui excite les sens, et associe les viscères de l’homme à des chairs impures: c’est à dire le vin et les viandes grasses qui allument dans les reins un feu impur. La seconde condition, pour être le libérateur, était qu’il fût consacré au Seigneur dès l’enfance et le restât dans un nazirat perpétuel. Consacré est celui qui se garde non seulement dans une sainteté extérieure, mais dans une sainteté intérieure.

Mais la chair, c’est la chair, et Satan c’est la Tentation. Et la Tentation se sert pour combattre Dieu dans un cœur et dans ses saints décrets, de la chair qui excite l’homme: de la femme. Voici alors la force du “fort” tremble et il devient un faible qui gâche les prérogatives que Dieu lui avait accordées. Et maintenant, écoutez: Samson fut lié avec sept cordes de nerfs frais, avec sept cordes neuves, fixé au sol avec sept tresses de ses cheveux. Et il avait toujours vaincu. Mais on ne met pas en vain à l’épreuve le Seigneur, pas même en sa bonté. Ce n’est pas permis. Lui pardonne, pardonne, pardonne. Mais Il exige la volonté de sortir du péché pour continuer à pardonner. Sot est celui qui dit: “Seigneur, pardon” et ensuite ne fuit pas ce qui le pousse continuellement au péché! Samson, victorieux trois fois, n’a pas fui Dalila, la sensualité, le péché, et ennuyé jusqu’à la mort, dit le Livre, et sa force d’âme une fois amoindrie, dit encore le Livre, il révéla le secret: “Ma force réside dans mes sept tresses” Juges 16,4-21. .

N’y a-t-il personne parmi vous, qui las de la grande lassitude du péché, ne sente s’affaiblir son âme, car rien n’accable autant que la conscience du mal consenti, et ne se trouve sur le point de se livrer vaincu à l’Ennemi? Non, qui que tu sois, non, ne le fais pas. Samson livra à la tentation le secret de vaincre ses sept vertus: les sept tresses symboliques, ses vertus, c’est à dire sa fidélité au nazirat. Il s’endormit fatigué sur le sein de la femme et fut vaincu. Aveugle, esclave, impuissant pour avoir refusé de reste fidèle à son vœu. Il ne redevint le “fort”, le “libérateur” que lorsque, dans la douleur d’un vrai repentir, il retrouva sa force.

Repentir, patience, constance, héroïsme et puis, ô pécheurs, je vous promets que vous serez vos propres libérateurs. En vérité je vous dis qu’il n’est pas de baptême qui vaille, ni de rite qui serve, s’il n’y a pas le repentir et la volonté de renoncer au péché. En vérité je vous le dis qu’il n’y a pas pécheur si grand qu’il ne puisse faire renaître par ses pleurs de repentir les vertus que le péché a arrachées de son cœur.

94.9 – Aujourd’hui une femme, une pécheresse d’Israël, punie par Dieu de son péché, a obtenu miséricorde par son repentir. J’ai dit: miséricorde. Ils en auront moins ceux qui n’en eurent pas pour elle et sur la pauvre déjà punie s’acharnèrent sans pitié. Ces gens là n’avaient-ils pas en eux la lèpre de leur faute? Que chacun s’examine… et aie pitié pour mériter, pour lui même, la pitié. Je vous tends la main pour cette repentie qui revient parmi les vivants après avoir été reléguée parmi les morts. C’est Simon de Jonas pas Moi qui recueillera l’obole pour la repentie, qui sur le point de quitter la vie, revient à la Vie véritable. Et ne murmurez pas vous, les grands. Ne murmurez pas. Je n’étais pas au monde quand elle était la Belle. Vous, vous y étiez. Et avec ça, je n’ajoute plus rien.”

“Tu nous accuses d’avoir été ses amants?” demande avec rancœur un des deux anciens.

“Que chacun considère son cœur et sa conduite. Pour moi, je n’accuse pas. Je parle au nom de la Justice. Partons.”

Et Jésus sort avec les siens.

Mais Judas Iscariote se trouve retenu par deux hommes qui semblent le connaître assez L'un d'eux est Éli le pharisien qui en garde un souvenir cuisant (Cf. EMV 97). . J’entends qu’ils disent:

“Même toi, tu es avec Lui? Est-il saint, réellement?”

L’Iscariote a une de ses répliques imprévues:

“Je vous souhaite d’arriver au moins à comprendre sa sainteté.”

“Mais pourtant c’est le sabbat qu’il a guéri.”

“Non. Il a pardonné le jour du sabbat. Quel jour est plus indiqué pour le pardon que le sabbat? Ne me donnez-vous rien pour celle qui a été rachetée?”

“Nous ne donnons pas notre argent aux prostituées. C’est l’offrande pour le Temple saint.”

Irrévérencieusement, Judas éclate de rire et les plante là pour rejoindre le Maître. Jésus va rentrer dans la maison de Pierre qui est en train de lui dire:

“Voilà, le petit Jacques, au sortir de la synagogue, m’a donné aujourd’hui deux bourses au lieu d’une, et toujours de la part de cet inconnu. Mais qui est-il, Maître? Il s'agit de Matthieu qui vient d'entendre l'enseignement sur le péché et le pardon. Tu le sais… Dis-le-moi.”

Jésus sourit:

“Je te le dirai quand tu auras appris à ne médire de personne.”

Et tout prend fin.