Elle me dit: “Qui es-tu? Pourquoi as-tu pitié?”

Je lui dis:

“Parce que je suis disciple de la Pitié”.

“Qui est-il?”

“C’est Jésus de Galilée”.

“Et il vous enseigne à avoir pitié de nous?”.

“De tout le monde”.

“Mais, tu sais qui je suis?”.

“Tu es la Belle de Chorazeïn, maintenant, la lépreuse ”.

“Et même pour moi, il y a de la pitié?”

“Lui dit que sa pitié s’adresse à tous, et nous, pour être comme Lui, nous devons avoir de la pitié pour tous”.

Ici, Maître, la lépreuse a blasphémé sans le vouloir. Elle a dit:

“Alors, Lui aussi doit avoir été un grand pécheur”.

Je voulais lui dire: “Sois maudite à cause de ta langue, mais je lui ai dit: “Non, c’est le Messie, le saint de Dieu”. Je ne lui ai pas dit autre chose parce que j’ai pensé: “Dans sa détresse, elle ne peut penser à la miséricorde divine”.

Alors, elle s’est mise à pleurer et elle a dit:

“Oh! s’il est le Saint, il ne peut, il ne peut avoir pitié de la Belle. Pour la lépreuse il pourrait… mais pour la Belle, non. Et moi qui espérais…”

J’ai demandé:

“Qu’espérais-tu, femme?”

“La guérison… retourner dans le monde… parmi les hommes… mourir mendiante, mais parmi les hommes… non comme une bête fauve, dans une tanière de fauves à qui je fais horreur”.

Je lui ai dit:

“Me jures-tu que si tu reviens au monde tu seras honnête?”

Et elle:

“Oui, Dieu m’a punie justement pour mes péchés. Je me repens profondément. Mon âme subit l’expiation, mais déteste le péché, éternellement”.

Il m’a semblé alors pouvoir lui promettre en ton nom le salut. Elle m’a dit:

“Reviens, reviens encore… Parle-moi de Lui. Que mon âme le connaisse avant que mon œil ne le voie… ”.