72 – En direction de Bethléem avec Jean, Simon le Zélote et Judas Iscariote
7 janvier 1945
Le dimanche 7 janvier 1945.
72.1 – Je vois, de très bon matin Jésus qui, toujours à la même Porte, se joint aux disciples Simon et Judas. Jésus, est déjà avec Jean. Et je l’entends qui dit: “Amis, je vous demande de venir avec Moi à travers la Judée, si cela ne vous est pas trop pénible, spécialement pour toi, Simon.”
“Pourquoi? Maître.”
“Il est pénible de cheminer sur les montagnes de Judée… et peut-être il te sera plus pénible de rencontrer certains qui t’on fait du mal.”
“Pour la marche, je t’assure, encore une fois que depuis que tu m’as guéri, je suis plus résistant qu’un jeune homme et qu’aucune fatigue ne me pèse, surtout quand c’est pour Toi, et à présent avec Toi. Pour les rencontres avec ceux qui m’ont nui, je n’éprouve plus de ressentiment pénible; il n’y a pas pour eux la moindre aversion dans le cœur de Simon depuis qu’il est à Toi. La haine est tombée, en même temps que les écailles du mal. Et je ne sais, crois-le bien, si je dois te dire que tu as fait un plus grand miracle en guérissant ma chair rongée par le mal ou bien l’âme brûlée par la rancœur.
Je pense ne pas me tromper en disant que le miracle plus grand fut ce dernier. Il est moins facile de guérir une plaie de l’esprit… Et tu m’as guéri d’un seul coup. Voilà le miracle. C’est qu’un homme ne guérit pas d’un seul coup, même s’il y emploie toutes ses forces, il ne guérit pas ainsi d’un habitus moral, si tu ne l’anéantis pas par ta volonté sainte.”
“Tu ne te trompes pas dans ton jugement.”
72.2 – “Pourquoi n’agis-tu pas ainsi avec tous?” demande Judas, la voix contrariée.
“Mais il le fait, Judas. Pourquoi parles-tu ainsi au Maître? Ne te sens-tu pas différent depuis le jour que tu l’as approché? Moi, j’étais déjà disciple de Jean le Baptiste, mais je me suis trouvé tout changé à partir du moment où il m’a dit: “Viens”.
Jean, qui généralement n’intervient jamais et spécialement s’il s’agit de se produire devant le Maître ne le fait jamais, cette fois il ne peut se taire. Doux et affectueux, il a posé une main sur le bras de Judas comme pour le calmer et il lui parle d’un air essoufflé et persuasif. Puis, s’apercevant qu’il a parlé avant Jésus, il rougit et dit:
“Pardon, Maître. J’ai parlé à ta place… mais, je voulais… je voulais que Judas ne te contriste pas.”
“Oui, Jean. Mais il ne m’a pas contristé comme disciple. Quand il le sera, alors, s’il persiste dans sa manière de penser, alors il me chagrinera.
72.3 – La seule chose qui m’attriste, c’est de constater à quel point l’homme est corrompu par Satan qui lui dévie sa pensée. Sachez-le, tous. Tous vous avez votre pensée troublée par lui! Mais, il viendra, oh! il viendra le jour où tous aurez en vous la Force de Dieu, la Grâce. Vous aurez la Sagesse, avec son Esprit… Alors, vous aurez tout pour juger avec justice.”
“Et nous jugerons tous avec justice?”
“Non, Judas.”
“Mais, parles-tu pour nous disciples ou pour tous les hommes?”
“Je parle d’abord pour vous, puis pour tous les autres. Quand ce sera l’heure le Maître créera ses ouvriers et les enverra par le monde…”
“Ne le fais-tu pas déjà?”
“Pour l’heure, je ne me sers de vous que pour dire: “Il y a le Messie, venez à Lui”. Alors je vous rendrai capables de prêcher mon nom, d’accomplir des miracles en mon nom…”
“Oh! même des miracles?”
“Oui, sur les corps et sur les âmes.”
“Oh! comme on nous admirera alors!”
À cette idée, Judas est dans la jubilation.