“Tu es plus qu’Hillel, Toi qui sans maître dis connaître toute doctrine? Comment quelqu’un peut-il se former s’il n’y a personne qui le forme?”
“Comme s’est formé David, pastoureau inconnu, devenu roi puissant et sage par la volonté du Seigneur.”
“Ton nom.”
“Jésus de Joseph de Nazareth de Jacob de la race de David, et de Marie de Joachim de la race de David et de Anne d’Aaron, Marie, la Vierge dont le mariage a été célébré au Temple, parce qu’elle était orpheline, par le Grand Prêtre, selon la Loi d’Israël.”
“Qu’est-ce qui le prouve?”
“Il doit y avoir encore des lévites qui se souviennent du fait et qui étaient contemporains de Zacharie, de la classe d’Abia, mon parent. Interroge-les, si tu doutes de ma sincérité.”
“Je te fais confiance. Mais qu’est-ce qui me prouve que tu es capable d’enseigner?”
“Écoute-moi, et tu jugeras par toi-même.”
“Tu es libre de le faire, mais… n’es-tu pas Nazaréen?”
“Je suis né à Bethléem du Juda, à l’époque du recensement ordonné par César. Proscrits par des ordres injustes les descendants de David se trouvent partout. Mais la race est de Juda.”
“Tu sais… les pharisiens… toute la Judée… à l’égard de la Galilée…”
“Je le sais, mais rassure-toi. C’est à Bethléem que j’ai vu le jour, à Bethléem Ephrata d’où vient ma race. Si maintenant je vis en Galilée ce n’est que pour s’accomplisse ce qui a été annoncé.”
Le magistrat s’éloigne de quelques mètres, accourant où on l’appelle.
68.3 – Judas demande:
“Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu étais le Messie?”
“Mes paroles le diront.”
“Quelle est la chose annoncée qui doit s’accomplir?”
“La réunion d’Israël tout entier sous l’enseignement de la parole du Christ. Je suis le Pasteur dont ont parlé les Prophètes et je viens rassembler les brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarées au bon pâturage.
Il n’y a pas, pour Moi, Judée ou Galilée, Décapole ou Idumée. Il n’y a qu’une seule chose: l’Amour qui embrasse d’un seul regard et unit dans un embrassement unique pour sauver…” Jésus est inspiré. Il semble émettre des rayons tant il sourit à son rêve. Judas le regarde avec admiration.
Des gens curieux s’approchent des deux qui attirent et frappent par une allure bien différente.
Jésus abaisse son regard et sourit à cette petite foule. Un sourire dont jamais aucun peintre ne pourra rendre la douceur et que nul croyant ne peut imaginer s’il ne l’a pas vu. Et il dit:
“Venez, si vous y pousse le désir d’une parole éternelle.”
68.4 – Il se dirige sous un arc du portique et, adossé à une colonne, il commence à parler. Il emprunte son sujet à l’évènement de la matinée.
“Ce matin, en entrant dans Sion, j’ai vu que pour quelques deniers, deux fils d’Abraham étaient prêts à se tuer. Au Nom de Dieu, j’aurais pu les maudire, car Dieu dit: “Tu ne tueras point” et dit aussi que qui n’obéit pas à la Loi sera maudit. Mais j’eu pitié de leur ignorance de l’esprit de la Loi et je me suis borné à empêcher l’homicide pour leur donner la possibilité de se repentir, de connaître Dieu, de le servir dans l’obéissance, en aimant non seulement ceux qui les aiment mais même ceux qui sont leur ennemis.
Oui, Israël. Un jour nouveau se lève pour toi et encore plus lumineux devient le précepte de l’amour. L’année commence peut être avec le pluvieux mois d’Etanim ou bien avec le triste mois de Casleu aux journées plus courtes qu’un rêve, aux nuits longues comme un jour sans pain? Non, elle commence avec le mois de Nisan fleuri, ensoleillé, joyeux où tout est riant, où le cœur de l’homme, même le plus pauvre et le plus triste, s’ouvre à l’espérance parce que vient l’été. C’est le temps des moissons, les jours de soleil, les fruits, la douceur même du sommeil sur un pré de fleurs sous la clarté des étoiles. Il est facile de se nourrir, car tout lopin de terre porte légumes et fruits pour apaiser la faim de l’homme.