“Tu as plus de chance que moi! Et dire que nous avons vécu à ses côtés!…et que nous ne croyons pas, nous qui sommes de sa famille… et que nous disons ou plutôt qu’ils disent: “Il a perdu la tête!”

56.4 – “Voilà, voilà un groupe de personnes” crie Simon. C’est Lui, c’est Lui! Je reconnais sa tête blonde. Oh! venez! courons!”

Ils se mettent à marcher rapidement vers le sud. Les arbres, maintenant qu’ils ont rejoint le sommet de l’arc cachent la suite de la route, de façon que les deux groupes se trouvent en face l’un de l’autre, au moment où ils s’y attendaient le moins. On dirait que Jésus sorte du fleuve parce qu’il se trouve entre les arbres de la berge.

“Maître! ”

“Jésus! ”

“Seigneur! ”

Les trois cris du disciple, du cousin, du miraculé retentissent exprimant l’adoration et la joie.

“Paix à vous!”

Voilà la belle voix, qui ne peut se confondre avec une autre, pleine, sonore, paisible, expressive, nette, virile, douce et pénétrante.

56.5 – “Toi aussi, Jude, mon cousin?”

Ils s’embrassent. Jude pleure. “Pourquoi ces larmes?”

“Oh! Jésus! Je veux rester avec Toi!”

“Je t’ai toujours attendu. Pourquoi n’es-tu pas venu?” Jude baisse la tête et se tait.

“Ils n’ont pas voulu! Et maintenant?”

“Jésus, moi… moi, je ne peux leur obéir. Je ne veux obéir qu’à Toi seul.”

“Mais, Moi, je ne t’ai pas donné d’ordre.”

“Non, Toi, non; mais c’est ta mission qui commande. C’est Celui qui t’a envoyé qui parle ici, au milieu de mon cœur et qui me dit: ” Va vers Lui”. C’est Celle qui t’a engendré et qui m’a été une douce maîtresse, qui de son regard de colombe me dit, sans paroles: “Sois à Jésus”. Puis-je, moi, ne pas tenir compte de cette voix d’en Haut qui me pénètre le cœur? De cette prière d’une Sainte qui, sûrement, me supplie pour mon bien? Alors que je suis ton cousin, par Joseph, ne dois-je pas te connaître pour ce que Tu es alors que le Baptiste t’a reconnu, lui qui ne t’avait jamais vu, ici, sur les rives de ce fleuve et t’a salué “Agneau de Dieu”?

Et moi, moi qui ai grandi avec Toi, qui me suis rendu bon en te suivant, moi qui suis devenu fils de la Loi grâce à ta Mère et qui ai aspiré en moi, non seulement les 613 préceptes des rabbins en plus de l’Écriture et des prières, mais leur âme à eux tous, je ne devrais être capable de rien?”

“Et ton père?”

“Mon père? Il ne lui manque ni le pain, ni l’assistance… et puis Tu m’as donné l’exemple. Tu as pensé au bien du peuple plutôt qu’au bien particulier de Marie. Et Elle est seule. Dis-moi, Toi mon Maître, n’est-il pas peut-être permis, sans manquer de respect à un père de lui dire: “Père, je t’aime. Mais au-dessus de toi il y a Dieu, et je Le suis?”

“Jude, parent et ami, je te le dis: tu es très avancé sur le chemin de la Lumière. Viens. Il est permis de parler ainsi à son père quand c’est Dieu qui appelle. Il n’y a rien au-dessus de Dieu. Même les lois du sang disparaissent, ou plutôt se subliment parce que, avec nos larmes, nous donnons à nos parents, aux mères un plus grand secours, et pour un but éternel auprès duquel ne compte pas la journée du monde. Avec nous, nous les attirons vers le Ciel et, par la même voie du sacrifice des affections, ver Dieu. Reste donc, Jude, je t’ai attendu et je suis heureux de t’avoir de nouveau, ami de ma vie de Nazareth.”

Jude est profondément ému.

56.6 – Jésus se tourne vers Thomas:

“Tu as obéi fidèlement. Première vertu du disciple.”

“Je suis venu pour t’être fidèle.”