Mais nous t’avons montré ces scènes pour pouvoir appliquer à toi-même et aux autres le sens surnaturel qui en découle et vous le donner comme règle de vie.
Le Décalogue, c’est la Loi. Mon Évangile, c’est la Doctrine qui vous rend plus claire cette Loi et plus aimable à la suivre. Il suffirait de cette Loi et de cette Doctrine pour faire des hommes des saints.
Mais vous êtes tellement empêtrés par votre humanité, qui domine exagérément en vous l’esprit, que vous ne pouvez suivre ces chemins qu’ils vous indiquent et vous tombez, ou bien vous vous arrêtez, découragés. Vous vous dites à vous-mêmes et à ceux qui voudraient vous faire progresser en citant les exemples de l’Évangile: “Mais Jésus, mais Marie, mais Joseph (et ainsi de suite pour les saints) n’étaient pas comme nous: ils étaient forts. Ils ont été tout de suite consolés dans leurs douleurs et même en ce peu de douleurs qu’ils ont supporté. Ils ne sentaient pas les passions. C’était déjà des êtres étrangers à la terre”.
Ce peu de douleur! Hors d’atteinte des passions!
35.8 - La douleur a été pour nous l’amie fidèle. Elle eut tous les aspects et noms les plus différents.
Les passions.., N’employez pas des mots mal appropriés en appelant “passions ” les vices qui vous égarent, Appelez-les carrément “vices”, et capitaux par-dessus le marché.
Ceux-là ce n’est pas dit que nous les ignorions. Nous avions des yeux et des oreilles pour voir et entendre, et Satan faisait miroiter ces vices devant nous et autour de nous, en les montrant en action avec leur ordure, ou en nous tentant par ses insinuations. Mais, la volonté étant tendue dans l’intention d’être agréables à Dieu, cette ordure et ces insinuations, au lieu d’atteindre le but que Satan se proposait, amenaient l’effet contraire. Et plus il s’acharnait, et plus nous nous réfugiions dans la lumière de Dieu par dégoût des ténèbres fangeuses qu’il présentait à nos yeux du corps et de l’esprit.
Mais, les passions - au sens philosophique - nous ne les ignorions pas en nous. Nous avons aimé notre patrie, notre petite ville de Nazareth, plus que les autres cités de la Palestine. Nous avons senti des sentiments d’affection pour notre maison, pour les parents, pour les amis. Pourquoi n’aurions-nous pas dû les éprouver? Mais nous ne nous en sommes pas rendus esclaves parce que rien ne pouvait nous être un maître en dehors de Dieu. Mais nous nous en sommes faits de bons compagnons.
Ma Mère a poussé un cri de joie quand, après environ quatre ans, elle est retournée à Nazareth, quand elle est rentrée dans sa maison, quand elle a embrassé les murs où son “Oui” a ouvert son sein pour recevoir le Germe de Dieu. Joseph a salué avec joie ses parents et ses neveux Alphée, son frère aîné, Marie de Cléophas, sa belle-sœur, et leurs enfants dont Jacques et Jude les futurs apôtres , augmentés en nombre et grandis. Il a joui de constater que ses concitoyens se souvenaient de lui et tout de suite ils le demandaient pour sa compétence. J’ai été sensible aux amitiés et j’ai souffert comme d’une crucifixion morale, de la trahison de Judas. Et, pour autant, ni ma Mère ni Joseph n’ont fait passer leur amour pour la maison et les parents avant la volonté de Dieu.
35.9 - Et moi, je n’ai pas retenu les paroles, quand il fallait les dire, susceptibles de m’attirer soit la haine des Hébreux, soit l’animosité de Judas. Je savais — et j’aurais pu le faire — que l’argent aurait suffi pour l’attacher à moi: non pas à moi Rédempteur, mais à moi riche. Moi qui ai multiplié les pains, je pouvais faire foisonner l’argent si je l’avais voulu. Mais je n’étais pas venu pour procurer des satisfactions humaines à personne. Moins encore à ceux que j’avais appelés. J’avais prêché le sacrifice, le détachement, une vie chaste, l’humilité de condition. Quel Maître aurai-je été et quel Juste, si j’avais donné à quelqu’un, parce que c’était le moyen de le retenir, de l’argent pour flatter sa cupidité et sa sensualité?
Dans mon Royaume on devient “grand” en se faisant “petit”. Qui veut être “grand” aux yeux du monde n’est pas capable de régner dans mon Royaume Cf. Matthieu 18,1-4. . C’est de la paille pour le lit des démons. Car la grandeur mondaine est en opposition avec la Loi de Dieu.
Le monde appelle “grands” ceux qui, presque toujours par des moyens illicites, savent s’emparer des meilleures places.
Pour y arriver ils utilisent le prochain comme un escabeau sur lequel ils s’élèvent en le foulant aux pieds. Il appelle “grands” ceux qui, pour régner, savent tuer, tuer moralement ou physiquement, qui extorquent les places ou conquièrent les pays et s’enrichissent eux-mêmes en dépouillant autrui des richesses particulières ou collectives. Souvent le monde donne le titre de “grands” à des criminels. Non. La “grandeur” n’est pas compatible avec le crime.
Elle réside dans la bonté, l’honnêteté, l’amour, la justice. Voyez vos “grands” quels fruits empoisonnés ils vous offrent, ils les cueillent dans la perversion démoniaque de leur jardin intérieur!
35.10 - La dernière vision — puisque je veux en parler et ne pas m’arrêter à parler d’autre chose qu’il serait inutile de proposer à un monde qui ne veut pas entendre la vérité qui le concerne — cette dernière vision éclaire un point particulier cité deux fois dans l’Évangile de Matthieu, une phrase répétée deux fois: “Lève-toi, prends l’Enfant et sa Mère et parts en Égypte” (Cf. Matthieu 2,13); “Lève-toi, prends l’Enfant et la Mère de Celui-ci et regagne le pays d’Israël” (Cf. Matthieu 2,20). Et tu as vu que Marie était seule, dans sa pièce, avec le Bébé.
Elle est très combattue par ceux qui étant fange et pourriture n’admettent pas qu’une créature humaine comme eux, puisse être aile et lumière, la virginité de Marie après l’enfantement et la chasteté de Joseph. Ils sont déchus en leur âme tellement corrompue, en leur esprit prostitué à la chair, au point d’être incapables de penser qu’un homme puisse respecter la femme en voyant en elle l’âme et non la chair et s’élever au point de vivre dans une atmosphère surnaturelle, désirant non ce qui est charnel, mais ce qui est divin.
Eh bien, à ces négateurs de la beauté suprême, à ces vers incapables de devenir papillons, à ces reptiles souillés de la bave de leurs passions, incapables de comprendre la beauté d’un lys, Moi, je dis que Marie fut et demeura vierge, et que l’âme seulement fut mariée à Joseph, comme son esprit fut uniquement uni à l’Esprit de Dieu et par son opération conçut l’Unique qu’Elle porta: Moi, Jésus Christ, Fils Unique de Dieu et de Marie.
Ce n’est pas une tradition qui a fleuri par la suite à cause d’un amoureux respect pour la Bienheureuse qui fut ma Mère. C’est une vérité et dès les premiers temps elle fut connue.
Matthieu n’est pas né dans les siècles suivants. Il était contemporain de Marie. Matthieu n’était pas un pauvre ignorant, un sauvage crédule et susceptible de croire à une quelconque histoire. C’était un receveur, diriez-vous maintenant, un gabelou, disions-nous alors. Il savait voir, entendre, comprendre, distinguer la vérité de l’erreur. Matthieu n’a pas appris les choses par ouï-dire, par des personnes interposées. Il a recueilli ses renseignements des lèvres de Marie à laquelle son amour pour le Maître et la vérité, l’avait engagé à demander des renseignements.
Je ne pense pas que ces négateurs de l’inviolabilité de Marie pensent qu’elle ait pu mentir. Mes parents eux-mêmes auraient pu la démentir si elle avait eu d’autres enfants. Jacques, Jude, Simon et Joseph étaient des contemporains de Matthieu. Il était donc facile à ce dernier de confronter les versions s’il avait existé plusieurs versions. Or Matthieu ne dit jamais: “Lève-toi et prends ta femme”. Il dit: “Prends la Mère de Celui-ci”. Il dit d’abord: “Vierge épousée à Joseph”; “Joseph son époux”.
35.11 - Qu’ils ne viennent pas me dire, ces négateurs, que c’était une manière de parler des Hébreux, comme si le terme de “femme” eût été infamant. Non, négateurs de la Pureté. Dès les premières paroles de la Bible, on lit: “…et il s’unira à sa femme” Genèse 2,24. . Avant la consommation du mariage, on l’appelle “compagne” et après “femme” à diverses reprises et en plusieurs chapitres. Il en est ainsi pour les épouses des fils d’Adam Genèse 6,2. . De même de Sara appelée “femme” d’Abraham: “Sara ta femme” Genèse 18,9. . Et: “Prends ta femme et tes deux filles”, est-il dit à Lot Genèse 19,15. . Dans le livre de Ruth est-il écrit: “La Moabite femme de Mahlôn” Ruth 4,10. . Dans le premier Livre des Rois, on dit “Elqana eut deux femmes” 1Samuel 1,2. Dans la Bible des Septante (LXX) en usage au temps de Jésus, il y avait quatre livres intitulés "Livres des Rois". Les deux premiers sont devenus "Livres de Samuel" dans la Vulgate, ancêtre de nos Bibles contemporaines. Maria Valtorta ne fait donc pas d'anachronisme en intitulant "Premier livre des Rois", le premier Livre de Samuel. ; et de plus: “Puis Elqana connut sa femme Anne” 1 Samuel 1,19. ; et encore “Elle bénit Elqana et la femme de celui-ci” 1Samuel 2,20. . Et, toujours au Livre des Rois, il est dit: “Bethsabée, femme d’Urie le Hittite, devint femme de David et lui donna un fils” Naissance de Salomon : 2 Samuel 12,24. Bethsabée avait eu un premier enfant de David (2 Samuel 11,27), mais il mourut. . Et que lit-on dans le Livre de Tobie, livre d’azur que l’Église vous chante à vos noces pour vous conseiller d’être saints dans le mariage? On lit: “Or quand Tobie accompagné de sa femme et de son fils arriva… Tobie 1,11. ” et encore: “Tobie réussit à s’enfuir avec son fils et sa femme Tobie 1,23. ”.
Et dans les Évangiles, c’est-à-dire à l’époque du Christ où par conséquent on écrivait en langage moderne - moderne pour ce temps-là - et où il n’y avait pas lieu par conséquent de supposer possibles des erreurs de transcription, il est dit précisément dans Matthieu au chapitre 22: “…et le premier, ayant pris femme, mourut et laissa sa femme à son frère” Matthieu 22,25. . Et Marc au chapitre 10: “qui répudie sa femme” Marc 10,11. . Et Luc appelle Élisabeth femme de Zacharie, quatre fois de suite. Et au chapitre 8: “Jeanne, femme de Chouza”. Luc 8,3.
Comme vous le voyez, ce nom n’était pas un vocable proscrit par ceux qui suivaient les chemins du Seigneur, un vocable impur qu’il ne fallait pas proférer et encore moins écrire, là où il était question de Dieu et de ses œuvres admirables. Et l’ange en disant: “l’Enfant et la Mère de Celui-ci” vous montre que Marie fut la vraie Mère de Jésus sans être la femme de Joseph. Elle restera toujours la Vierge épouse de Joseph.
Voilà le dernier enseignement de ces visions. C’est une auréole qui resplendit sur la tête de Marie et de Joseph. La Vierge Inviolée. L’homme chaste et juste. Les deux lys au milieu desquels j’ai grandi, n’entendant parler que de parfum de pureté.
À toi, petit Jean Surnom affectueux de Maria Valtorta donné par Jésus dans ses dictées. , je pourrais parler de la douleur déchirante de Marie arrachée à sa maison et à sa patrie, mais il n’est pas besoin de paroles. Tu sais ce que c’est et tu en meurs. Donne-Moi ta douleur, je ne veux que cela. C’est plus que toute autre chose que tu pourrais me donner. C’est vendredi, Marie: pense à ma douleur et à celle de Marie au Golgotha pour pouvoir porter ta croix. La paix et notre amour restent avec toi.”