“Mais le voyage?…Qui sait quelle foule! Trouverons-nous un bon logement? Aurons-nous le temps de retourner? Et si… si tu devais être Mère, là-bas, comment ferons-nous? Nous n’avons pas de maison… Nous ne connaissons plus personne…”

“Ne crains pas, tout ira bien. Dieu fait trouver un refuge à l’animal qui doit avoir son petit. Voudrais-tu qu’Il ne le fasse pas trouver pour son Messie? Fions-nous à Lui. N’est-ce pas? Fions-nous toujours à Lui. Plus l’épreuve est grande et plus il faut avoir confiance. Comme deux enfants, mettons notre main dans sa main de Père. Lui nous guide. Soyons-Lui tout à fait abandonnés. Vois comme Il nous a conduits jusqu’ici avec amour. Un père, le meilleur des pères, n’aurait pu nous apporter tant d’attention. Soyons ses fils et ses serviteurs, accomplissons sa volonté, Rien de mal ne peut nous arriver. Même cet édit, c’est sa volonté. Qui est-il donc César? Un instrument entre les mains de Dieu. Depuis le moment où le Père décida de pardonner à l’homme, Il a fixé d’avance les évènements pour que son Christ naquît à Bethléem. Elle, la plus petite cité de Juda, n’existait pas encore et déjà sa gloire était annoncée.

Il fallait que cette gloire se manifeste, la Parole de Dieu ne saurait mentir - et elle mentirait si le Messie naissait ailleurs - et voilà qu’un puissant se lève, si loin d’ici. Il nous a conquis et veut connaître le nombre de ses sujets, maintenant, et alors que le monde est en paix… Oh! qu’est-ce que notre petite fatigue, si nous pensons à la beauté de cet instant de paix, Joseph? Penses-y: un temps où il n’y a pas de haine dans le monde! Peut-il exister une heure plus heureuse pour le lever de “l’Étoile”, dont la lumière est divine et l’influence est rédemption? Oh! n’aie pas peur, Joseph. Si les routes ne sont pas sûres, si la foule rend difficile le voyage, les anges nous défendront et nous feront escorte. Pas à nous, mais à leur Roi. Si nous ne trouverons pas de refuge, ils nous abriteront sous leurs ailes. Rien de mal ne nous arrivera. Rien ne peut arriver: Dieu est avec nous.

27.4 – Joseph la regarde et l’écoute, extasié. Les rides de son front s’effacent, le sourire revient. Il se dresse sans ennui et sans tristesse. Il sourit.

“Tu es la bénie, Soleil de mon âme! Toi, la bénie, tu sais tout voir dans la lumière de la Grâce dont tu es remplie! Ne perdons pas de temps, alors. Il faut partir, au plus vite et… revenir au plus vite car tout, ici, est prêt pour le… pour le…”

“Pour notre Fils, Joseph. Tel il doit paraître aux yeux du monde, rappelle-toi-le. Le Père a entouré de mystère sa venue et ce n’est pas à nous d’en enlever le voile. Lui, Jésus, le fera, quand ce sera l’heure…”

La beauté du visage, du regard, de la physionomie, de la voix de Marie quand elle dit: “Jésus” ne peut pas se décrire. C’est déjà l’extase. Et sur cette extase la vision s’évanouit.

27.5 – Marie dit:

“Je n’ajoute pas grand-chose, car mes paroles sont déjà un enseignement.

J’attire pourtant l’attention des épouses sur un point. Trop d’unions se défont par la faute des femmes qui n’ont pas cet amour qui est tout: gentillesse, pitié, attention affectueuse, réconfort pour le mari. Sur l’homme ne pèse pas la souffrance physique qui pèse lourdement sur la femme.

Mais sur lui pèsent toutes les préoccupations morales: nécessité du travail, décisions à prendre, responsabilité devant les pouvoirs constitués et devant sa propre famille… Oh! Que de choses ne pèsent-elles pas sur l’homme! Et combien il a besoin lui aussi de réconfort! Et bien, l’égoïsme est tel qu’au mari fatigué, découragé, méconnu, préoccupé, la femme ajoute le poids de ses plaintes inutiles et parfois injustes. Tout cela parce qu’elle est égoïste. Elle n’aime pas.

Aimer ce n’est pas chercher sa propre satisfaction sensible ou intéressée. Aimer c’est satisfaire celui qu’on aime en dépassant la sensibilité et l’intérêt, c’est donner à son esprit l’aide dont il a besoin pour pouvoir tenir ses ailes ouvertes dans les cieux de l’espérance et de la paix.

27.6 – Autre point sur lequel j’attire votre attention. J’en ai déjà parlé, mais j’insiste: la confiance en Dieu.

La confiance résume en elle les vertus théologales. Qui a confiance, cela veut dire qu’il a la foi. Avoir confiance suppose qu’on espère. Avoir confiance, c’est faire preuve d’amour. Aimer une personne, espérer et croire en elle, c’est là la confiance. Autrement, non. Dieu mérite une telle confiance qui doit être la nôtre. Si nous l’accordons à de pauvres hommes capables de n’y pas correspondre, pourquoi la refuser à Dieu qui ne nous manque jamais?

La confiance est aussi humilité. L’orgueilleux dit: “Je me suffis à moi-même. Je ne me fie pas à celui-ci parce que c’est un incapable, un menteur, un prétentieux…”. L’humble dit: “Je me fie à lui. Pourquoi ne m’y fierai-je pas? Pourquoi devrai-je penser que je suis meilleur que lui?”. Et avec plus de raison encore, il parle ainsi de Dieu: “Pourquoi dois-je me défier de Celui qui est bon? Pourquoi dois-je penser que je puis me suffire à moi-même?” Dieu se donne à celui qui est humble, mais s’éloigne de l’orgueilleux.

La confiance est aussi obéissance. Et Dieu aime l’obéissant. L’obéissance signifie que nous nous reconnaissons pour ses fils et que nous reconnaissons Dieu pour notre Père. Et un père ne peut qu’aimer lorsqu’il est un vrai père. Dieu est notre vrai Père et un Père parfait.

27.7 – Le troisième point que je veux que vous méditiez, se base toujours sur la confiance. Aucun évènement ne peut survenir sans la permission de Dieu. Es-tu donc un puissant? Tu l’es parce que Dieu l’a permis. Es-tu soumis à l’autorité? Tu l’es parce que Dieu l’a permis.

“Cherche donc, ô puissant, à ne pas faire de ta puissance un mal. Ce serait toujours “ton mal” même si, pour commencer, c’était le mal des autres. Parce que si Dieu permet, il ne permet pas tout, et si tu dépasses les bornes, il te frappe et te brise. De ton côté, toi qui est simple sujet, cherche à faire, de cette condition qui est la tienne, un aimant qui attire sur toit la protection céleste. Et ne maudis jamais. Laisses-en à Dieu le soin. C’est à Lui, Seigneur de tous les hommes, qu’il appartient de bénir et de maudire ses créatures.

“Va en paix”.