35 – La fuite en Égypte

9 juin 1944

Vision du vendredi 9 juin 1944

(édition de 1985).

35.1 - Je vois en esprit la scène suivante:

C’est la nuit. Joseph dort sur sa couchette dans sa chambre minuscule. Un sommeil tranquille de qui se repose de beaucoup de travail accompli honnêtement et soigneusement.

Je le vois dans l’obscurité de la pièce, à peine amoindrie par un filet de lumière lunaire qui entre par la fente de la fenêtre à peine entrebâillée mais pas fermée complètement, comme si Joseph avait chaud dans ce petit local, ou comme s’il voulait avoir ce petit filet de lumière pour pouvoir se régler sur l’aube et se lever promptement. Il repose sur un côté, et dans son sommeil sourit à je ne sais quelle vision, qu’il a, à un songe. Mais le sourire se change en effroi. Il soupire profondément comme s’il avait un cauchemar et s’éveille en sursaut Matthieu 2,13 Après leur départ (des Mages), voici que l’Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit: "Lève-toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte; et restes-y jusqu’à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr." .

Il s’assied sur le lit, se frotte les yeux et regarde autour de lui. Il regarde vers la petite fenêtre d’où vient le filet de lumière, La nuit est profonde, mais il saisit le vêtement étendu au pied du lit, et toujours assis sur le lit l’enfile sur la tunique blanche aux manches courtes qu’il a sur la peau. Il écarte les couvertures, met les pieds à terre et cherche ses sandales. Il les enfile et les lace. il se lève et se dirige vers la porte en face de son lit, pas celle qui est sur le côté du lit et qui conduit à la pièce où furent accueillis les Mages. Il frappe doucement, à peine un tic-tic, avec l’extrémité des doigts.

Il doit comprendre qu’on l’invite à entrer, car il ouvre précautionneusement la porte et la referme sans bruit. Avant de se diriger vers la porte, il a allumé une petite lampe à huile à une seule flamme et s’éclaire avec elle.

Il entre, dans une chambre un peu plus grande que la sienne et où se trouve une couchette basse près d’un berceau. Il y a déjà une veilleuse allumée dont la petite flamme qui tremble dans un coin semble une petite étoile lumineuse faible et dorée qui permet de voir sans gêner le sommeil de qui dort.

35.2 - Mais Marie ne dort pas. Elle est agenouillée près du berceau dans son vêtement clair et elle prie, veillant Jésus qui dort tranquillement. Jésus qui a l’âge où je l’ai vu dans la vision des Mages. Un enfant d’un an environ, beau, rose et blond avec sa jolie petite tête aux cheveux bouclés enfoncée dans l’oreiller et une main fermée sous la gorge.

“Tu ne dors pas? demande Joseph à voix basse, étonné. Pourquoi? Jésus n’est pas bien?”

“Oh, non! Il est bien. Je prie. Mais je dormirai après. Pourquoi es-tu venu, Joseph?” Marie parle en restant à genoux comme elle était.

Joseph parle à voix très basse pour ne pas éveiller le Bébé mais avec animation.

“Il faut partir tout de suite d’ici, mais tout de suite. Prépare le coffre et un sac avec tout ce que tu peux y mettre. Je préparerai le reste. J’emporterai le plus de choses possible… À l’aube nous fuyons. Je le ferais encore plus tôt, mais je dois parler à la propriétaire de la maison…”

“Mais pourquoi cette fuite?”

“Je t’expliquerai après, c’est pour Jésus. Un ange me l’a dit: “Prends l’Enfant et la Mère et fuis en Égypte”. Ne perds pas de temps. Je vais préparer tout ce que je puis.”

35.3 - Pas besoin de dire à Marie de ne pas perdre de temps. Dès qu’elle a entendu parler d’un ange, de Jésus et de fuir, elle a compris qu’il y a danger pour sa Créature et a bondi debout plus pâle avec son visage de cire, en portant angoissée une main sur son cœur. Elle a commencé à marcher, rapide et légère, à ranger les vêtements dans le coffre et dans un grand sac qu’elle a étendu sur son lit encore intact, Elle est angoissée mais elle ne perd pas la tête, elle fait les choses avec empressement mais aussi avec ordre. De temps en temps en passant près du berceau, elle regarde le Bébé qui dort, sans savoir.

“As-tu besoin d’aide?” demande de temps à autre Joseph en passant la tête à la porte entrebâillée.

“Non, merci” répond toujours Marie.

Seulement quand le sac est plein et il doit être lourd, elle appelle Joseph pour qu’il l’aide à le fermer et à l’enlever du lit. Mais Joseph ne veut pas qu’on l’aide et se débrouille seul en prenant le long paquet et en le portant dans sa petite pièce.

“Est-ce que je dois prendre les couvertures de laine?” demande Marie.

“Prends le plus possible, car le reste nous le perdrons. Mais prends tout ce que tu peux. Ce sera utile parce que… parce que nous devons rester loin longtemps, Marie!…” Joseph est très triste en disant cela.

Et pour Marie on peut penser ce qu’il en est. Elle plie en soupirant ses couvertures et celles de Joseph, qui les lie avec une corde.