“Voilà du lait. Prends, Femme. ”
“Mais il est froid. Il faut du chaud. Où est Élie? C’est lui qui a la brebis.”
Élie doit être l’homme au lait, mais il n’est pas là. Il s’est arrêté dehors et regarde par une fente et il est perdu dans l’obscurité de la nuit.
“Qui vous a amenés ici?”
“Un ange nous a dit de venir et Élie nous a conduits. Mais où est-il à présent?”
Un bêlement de la brebis le trahit.
“Avance, on demande de toi.”
Il entre avec la brebis, intimidé d’être le plus remarqué.
“C’est toi?” dit Joseph qui le reconnaît. Et Marie lui sourit en disant:
“Tu es bon.”
Ils traient la brebis, et trempant l’extrémité d’un linge dans le lait chaud et écumeux, Marie baigne les lèvres du Petit qui suce cette douceur crémeuse. Ils sourient tous, et plus encore lorsque avec le coin de la toile encore entre les lèvres, Jésus s’endort dans la tiédeur de la laine.
30.8 – “Mais vous ne pouvez rester ici. Il fait froid et humide. Et puis… avec cette odeur d’animaux! Ça ne va pas… et ça ne va pas pour le Sauveur.”
“Je le sais” dit Marie avec un grand soupir. “Mais il n’y a pas de place pour nous à Bethléem.”
“Prends courage, ô Femme. Nous allons te chercher une maison.”
“Je vais en parler à ma patronne, dit l’homme au lait, Élie. Elle est bonne. Elle vous accueillera, dut-elle vous céder sa pièce. Dès qu’il va faire jour, je lui en parle. Elle a sa maison toute pleine, mais elle vous donnera une place.”
“Pour le Petit au moins. Moi et Joseph, n’importe si nous restons encore par terre. Mais pour le Petit…”
“Ne soupire pas, Femme, j’y pense. Je raconterai à beaucoup de gens ce qui nous a été dit. Vous ne manquerez de rien. Pour le moment, prenez ce que notre pauvreté peut vous donner. Nous sommes des bergers…”
“Nous sommes pauvres, nous aussi” dit Joseph. “Et ne pouvons vous dédommager.”
“Oh! nous ne voulons pas! Même si vous le pouviez nous ne le voudrions pas! Le Seigneur nous a déjà récompensés. La paix, il l’a promise à tout le monde. Les anges disaient: “Paix aux hommes de bonne volonté”. Mais à nous, il l’a déjà donnée car l’ange a dit que cet Enfant, c’est le Sauveur, le Christ, le Seigneur. Nous sommes pauvres et ignorants, mais nous savons que les Prophètes disent que le Sauveur sera le Prince de la Paix et à nous il a dit d’aller l’adorer. Ainsi il nous a donné sa paix. Gloire à Dieu au plus haut des Cieux et gloire à celui qui est son Christ! Et toi, sois bénie, Femme qui l’a engendré! Tu es Sainte puisque tu as mérité de le porter! Commande-nous, comme une Reine, car nous serons contents de te servir. Que pouvons-nous faire pour toi?”
“Aimer mon Fils, et avoir toujours dans le cœur vos pensées de maintenant.”
“Mais pour toi, tu ne désires rien? Tu n’as pas de parents à qui faire savoir que ton Fils est né?”
“Oui, j’en aurais. Mais ils ne sont pas près d’ici. Ils sont à Hébron…”
“J’y vais moi” dit Élie. “Qui sont-ils?”
“Zacharie, le prêtre, et Élisabeth ma cousine.”
“Zacharie, oh! Je le connais bien. En été je vais sur ces montagnes où il y a de riches et beaux pâturages et je suis l’ami de son berger. Quand je vais te savoir arrangée, je vais chez Zacharie.”