“Oh! Élisabeth!” Marie devient triste, triste et elle saisit les mains que sa parente tient croisées sur son sein gonflé. “Dis-moi, toi, qui à mon arrivée as été remplie de l’Esprit du Seigneur et qui as prophétisé ce que le monde ignore. Dis-moi: que devra faire pour sauver le monde, ma Créature? Les Prophètes… Oh! les Prophètes qui parlent du Sauveur! Isaïe… tu te rappelles Isaïe? “C’est l’Homme des douleurs. C’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. Il a été percé et blessé à cause de nos crimes… Le Seigneur veut le consumer dans les souffrances… Après la condamnation on l’a élevé… Isaïe 52, 3-12. ” De quelle élévation parle-t-il? On l’appelle Agneau et moi, je pense… à l’agneau pascal, à l’agneau de Moïse et je le rapproche du serpent que Moïse éleva sur une croix "élevé par Moïse", comme cela est relaté en Nombres 21, 8- 9.. Cette citation reviendra fréquemment dans luvre, à partir dEMV 116.9. Dautres faits concernant Moïse sont rapportés, une fois pour toutes, en : EMV 114.6 (prodiges) EMV 119.4 (les dix commandements) EMV 212.5 (le veau dor, le renouvellement de lAlliance, les tables de la Loi) EMV 229.3 (sa naissance et son enfance) EMV 295.5 (avec Josué) EMV 324.10 (la formule de bénédiction) EMV 340.9 (le passage de la mer Rouge) EMV 354.9 (la manne dans le désert) EMV 354.12 (larche dalliance) EMV 411.6 (sa mort) EMV 436.2 (prophète du Christ) EMV 457.2 (les eaux de Mériba, le refus dEdom, la mort dAaron) EMV 506.3 (manifestations divines) EMV 588.6 (malédictions) EMV 625.6 (loppression des Hébreux en Egypte). On trouvera dautres citations dans lépisode de la Transfiguration (EMV 349) ainsi quen : EMV 402.6 EMV 483.9 EMV 549.8 EMV 594.6 EMV 630.5 EMV 635.7. Dans lédition italienne, les notes sur les lois Mosaïques sont rappelées dans lindex thématique, à la fin du volume, sous les termes Fêtes juives et Lois. , Élisabeth!… Élisabeth!… Que feront-ils à ma Créature? Que devra-t-il souffrir pour sauver le monde?” Marie pleure.
Élisabeth la console.
“Marie ne pleure pas. C’est ton Fils, mais c’est aussi le Fils de Dieu. Dieu pensera à son Fils et à toi qui es sa Mère. Et s’il y en a tant qui se montreront cruels envers Lui, il yen aura tant qui l’aimeront. Tant!… Pendant des siècles et des siècles. Le monde regardera vers ton Enfant et te bénira avec Lui. Toi: Source d’où jaillit la rédemption. Le sort de ton Fils! Élevé à la royauté sur toute la création, Penses-y Marie. Roi: parce qu’il aura racheté tout ce qui a été créé, et comme tel, il en sera le Roi universel. Et aussi sur la terre, au cours des temps, il sera aimé. Mon fils précédera le tien et l’aimera. L’ange l’a dit à Zacharie Luc 1, 5-22. et lui me l’a écrit Il ne pouvait plus, en effet, parler. …
22.4 – Ah! quelle douleur que de le voir muet mon Zacharie! Mais j’espère que, quand l’enfant sera né; le père aussi sera libéré du, châtiment qui l’a frappé. Prie, toi qui es le Siège de la Puissance de Dieu et la Cause de la joie du monde. Pour l’obtenir, j’offre, comme je puis, ma créature au Seigneur. Elle est à Lui, en effet, Il l’a prêtée à sa servante pour lui donner la joie de s’entendre appeler “mère”. C’est le témoignage de ce que Dieu a fait pour moi. Je veux qu’on l’appelle “Jean Jean (yoHanan) veut dire "lÉternel a fait grâce". ”. Est-ce que par hasard ce n’est pas une grâce, mon petit? Et n’est-ce pas Dieu qui me l’a faite?”
“Et Dieu, j’en suis bien convaincue, te fera cette grâce. Je prierai avec toi.”
“J’ai tant de peine de le voir muet!…” Élisabeth pleure. “Quand il écrit, puisqu’il ne peut plus parler, il me semble qu’il y ait des monts et mers entre moi et mon Zacharie. Après tant d’années de douces paroles, maintenant sa bouche reste silencieuse. Et maintenant spécialement, où il serait si beau de parler de ce qui va arriver. Je me retiens même de parler pour ne pas le voir se fatiguer. à faire des gestes pour me répondre. J’ai tant pleuré! Je t’ai tant attendue! Le pays regarde, bavarde et critique. Le monde est fait ainsi. Et quand on a une peine ou une joie, on a besoin de compréhension et pas de critique.
Maintenant, il me semble que la vie soit toute à fait meilleure. Je sens la joie en moi depuis que tu es avec moi. Je sens que mon épreuve va passer et que je serai bientôt tout à fait heureuse. Il en sera ainsi, n’est-ce pas? Je me résigne à tout. Mais, si Dieu pardonnait à mon époux! Pouvoir l’entendre prier comme avant!”
22.5 – Marie la caresse, la réconforte et pour la distraire, l’invite à faire un tour dans le jardin ensoleillé.
Elles se rendent sous une tonnelle bien entretenue jusqu’à une petite tour rustique dans les trous de laquelle les colombes font leurs nids.
Marie répand des graines, en riant. Les colombes se précipitent sur elle avec des roucoulements en des vols qui décrivent tout autour des cercles iridescents. Sur la tête, sur les épaules, sur les bras et sur les mains, elles se posent, allongeant leurs becs roses pour saisir les graines dans le creux des mains, becquetant gracieusement les lèvres roses de la Vierge et ses dents qui brillent au soleil. Marie tire d’un sac les graines blondes et rit au milieu de cette joute d’avidité envahissante.
“Comme elles t’aiment!” dit Élisabeth. “Il n’y a que quelques jours que tu es avec nous et elles t’aiment plus que moi qui les ai toujours soignées.”
La promenade se poursuit jusqu’à un enclos fermé, au fond du verger, où se trouvent une vingtaine de chèvres avec leurs chevreaux.
“Tu es revenu du pâturage?” dit Marie à un jeune berger qu’elle caresse.
“Oui, car mon père m’a dit: “Va à la maison parce que bientôt il va pleuvoir et il y a des bêtes qui vont avoir les petits. Aie soin qu’elles aient de l’herbe sèche et une litière toute prête”. Le voilà qui vient.” Et il fait signe au-delà du bois d’où vient un. bêlement tremblotant.
Marie caresse un chevreau blond comme un enfant, qui la frôle et avec Élisabeth boit du lait tout frais tiré que le petit berger lui offre.
Le troupeau arrive avec un berger hirsute comme un ours. Mais ce doit être un brave homme car il porte sur ses épaules une brebis toute plaintive. Il la pose doucement par terre et il explique:
“Elle va avoir un agneau et elle ne pouvait plus marcher que difficilement. Je l’ai chargée sur mes épaules et j’ai fait très vite pour arriver à temps”
La brebis, qui boite douloureusement, est conduite au bercail par l’enfant.