“Moi aussi je veillerai sur elle. Je suis prêtre et j’ai mes entrées. J’en profiterai pour cet ange. Et Élisabeth viendra souvent la voir… Zacharie et Élisabeth demeurent à Hébron, et peuvent donc venir plus facilement que Joachim et Anne qui demeurent alors à Nazareth.

“Oh! pour sûr! J’ai grand besoin de Dieu et je viendrai le dire à cette Enfant pour qu’elle le dise à l’Éternel.”

8.4 – Anne a repris courage; Élisabeth, pour la remonter encore plus, lui demande:

“N’est-ce pas ton voile d’épouse? Ou bien as- tu filé du nouveau byssus?”

“C’est mon voile Au mariage de Marie, Élisabeth évoque ce trousseau préparé par Anne alors disparue (EMV 13.3). , je le consacre avec elle au Seigneur. Je n’y vois plus clair…et puis les ressources ont bien diminué à cause des impôts et des revers de fortune… Ce revers de fortune est évoqué plusieurs fois dans l’œuvre, notamment en EMV 9. Je ne pouvais faire de lourdes dépenses. J’ai seulement préparé un riche trousseau pour son séjour à la Maison de Dieu et pour après… parce que je pense que ce ne sera pas moi qui l’habillerai pour ses noces… et je veux que ce soit toujours la main de sa maman, même froide et inerte, qui la pare pour son mariage et lui file les linges et les vêtements d’épouse.”

“Oh! pourquoi ces tristes pensées?!”

“Je suis vieille, cousine On présente généralement Élizabeth comme la nièce d'Anne et la cousine de Marie. Ici elle serait plutôt cousine germaine d'Anne. À moins qu’il s’agisse d’une appellation d’usage comme l’était "frère" pour désigner les cousins. . Jamais, comme sous le poids de cette douleur, je ne l’avais ressenti. Les dernières forces de ma vie, je les ai données à cette fleur, pour la porter et la nourrir, et maintenant… maintenant… la douleur de la perdre souffle sur ces dernières forces et les dissipe.”

“Il ne faut pas parler comme ça, à côté de Joachim.”

“Tu as raison. Je penserai à vivre pour mon homme.”

Joachim a fait semblant de ne rien entendre, attentif envers Zacharie, mais il a entendu et pousse un profond soupir, les yeux mouillés de larmes.

“Nous sommes exactement entre la troisième et la sixième heure 10h30 du matin. C'est l'heure de l'offrande matinale (Exode 29,38-39; Exode 30,7; Nombres 28,3-4), évoquée aussi au EMV 197.5, et en EMV 518.1. L'offrande du matin était moins solennelle que celle de la neuvième heure. , je crois que ce serait le moment d’aller” dit Zacharie.

8.5 – Ils se lèvent pour remettre les manteaux et partir.

Mais, avant de sortir, Marie s’agenouille sur le seuil, bras ouverts: un petit chérubin qui implore:

“Père! Mère! Votre bénédiction!”

Elle ne pleure pas, la courageuse petite, mais ses petites lèvres tremblent et la voix, brisée par un sanglot retenu, a plus que jamais le gémissement tremblant de la tourterelle. Le visage est plus pâle et l’œil a un regard d’angoisse résignée. Plus fort, jusqu’à devenir insoutenable, sans en souffrir profondément, je le verrai au Calvaire et au Sépulcre.

Les parents la bénissent et l’embrassent, une, deux, dix fois. Ils ne peuvent s’en rassasier…Élisabeth pleure silencieusement et Zacharie bien qu’il ne veuille pas le montrer est profondément remué.

Ils sortent, Marie entre son père et sa mère comme auparavant. Par devant, Zacharie et sa femme. Les voilà à l’intérieur des murs du Temple.

“Je vais chez le Souverain Prêtre. Vous, montez jusqu’à la grande terrasse.”

Ils traversent trois cours et trois porches superposés À partir de l'enceinte extérieure, on franchit effectivement 3 portes pour atteindre la cour des femmes. On verra avec intérêt le site consacré à : "Le Beth Hamikdach Temple de Jérusalem" ainsi que le chapitre 5 de l'œuvre de Maïmonide "Lois de la Maison d'Élection" (Beth Habe'hirah). Maïmonide, de son nom Rabbi Moshe ben Maimon (רבי משה בן מיימון), dit le Rambam (30 mars 1135, Cordoue - 13 décembre 1204, Fostat), est un philosophe et théologien juif, Nagid (chef de la communauté) des juifs d’Égypte et médecin à la cour de Saladin. C'est une figure majeure du judaïsme rabbinique ayant exercé une influence considérable sur la philosophie médiévale. Les Chrétiens le connaissent sous le nom de Moïse Maïmonide et les Musulmans sous le nom de Mussa bin Maimun ibn Abdallah al-Kurtubi al-Israili. . Les voilà au pied d’un vaste cube de marbre couronné d’or Le Temple a la forme d'un vaste cube, auquel on accède par un escalier monumental de 15 marches circulaires, entouré à son sommet de pointes d'or. . Chaque coupole convexe qui ressemble à une moitié d’une énorme orange resplendit au soleil Maïmoïde décrit des coupoles sur les bâtiments annexes dans la cour d'Israël, mais les maquettes récentes du Temple ne montrent aucune coupole. La présence de coupoles "resplendissantes" est mentionnée à plusieurs reprises par Maria Valtorta en EMV 53.1 et en EMV 169.7. On peut en voir peut-être une confirmation dans le "feu" de cette citation de Maïmoïde : "À droite du Temple, un grand pavillon, la Maison du Feu est reconnaissable au dôme qui le coiffe". qui, maintenant, sur le midi, tombe à pic sur une vaste cour entourant un bâtiment majestueux, et remplit le vaste palier et l’escalier monumental qui conduit au Temple. Seul le portique qui fait face au perron le long de la façade est à l’ombre et la gigantesque porte de bronze et d’or La porte de Nikanor, orientée à l'Est, est bien dans l'ombre à partir de midi. En EMV 6.3 Maria Valtorta décrit "un travail de broderie en bronze massif laminé d'argent" et non d’or. Ces portes en bronze, fabriquées à Alexandrie, furent offertes par Nicanor. Elles furent laissées en l'état lorsque plus tard toutes les autres portes du Temple, en bois, furent revêtues d'or et d'argent (Flavius Josèphe, Guerre des juifs, V, 5, 3). Mais leur bronze continuait à briller "comme de l'or". est encore plus sombre et solennelle contrastant avec tant de lumière.

Marie paraît encore plus comme neige sous ce grand soleil. La voilà au pied de l’escalier. Entre son père et sa mère, Comme le cœur doit leur battre à tous les trois! Élisabeth est à côté d’Anne, mais un peu en retrait d’un demi-pas.

8.6 – Un son de trombe argentin et la porte tourne sur ses gonds. On dirait le son d’avertissement d’une cithare pendant que la porte tourne sur les sphères de bronze. L’intérieur du Temple apparaît avec ses lampes au fond et un cortège s’avance vers la porte, venant de l’intérieur. Un cortège majestueux avec sonnerie de trompettes d’argent, nuages d’encens et lumières.

Le voilà au seuil. En avant, celui qui devait être le Souverain Prêtre. Un vieillard solennel, vêtu de lin très fin et par dessus ce premier vêtement une tunique plus courte, de lin aussi, et par dessus encore une sorte de chasuble, quelque chose d’intermédiaire entre la chasuble et l’habit des diacres, multicolore: pourpre et or, violet et blanc s’y alternent et brillent comme des gemmes au soleil; deux gemmes authentiques, par dessus tout cela brillent encore plus vivement à la hauteur des épaules. Ce sont peut-être des boucles avec leurs chatons précieux. Sur la poitrine, une large plaque toute étincelante de gemmes soutenue par une chaîne d’or. Des pendentifs et autres ornements brillent en bas de la tunique courte et l’or éclate sur le front à la partie supérieure d’une coiffure qui me rappelle celle des prêtres orthodoxes, leur mitre arrondie au lieu d’être pointue comme celle des catholiques Description conforme à la tenue traditionnelle du grand prêtre: Ephod, pectoral, tiare…, dont Maria Valtorta semble ignorer alors les noms. Le grand prêtre du Temple entre -23 à -6, (donc lorsque la Vierge Marie était au Temple) était Simon ben Boethos, dont 2 des fils furent grand prêtres comme lui, peu après la naissance de Jésus, puis membres du Sanhédrin au temps de la vie publique de Jésus. Simon ben Boethos devait donc avoir au moins 55 ans à cette époque. .

Le solennel personnage avance seul, en avant jusqu’au commencement du perron, dans la lumière dorée du soleil qui le rend encore plus splendide. Les autres attendent, rangés en cercle en dehors de la porte, sous le portique ombragé. À gauche, il y a un groupe de jeunes filles en vêtements blancs avec la prophétesse Anne et d’autres femmes âgées, certainement des maîtresses.

Le Souverain Prêtre a regardé la Petite et sourit. Elle devait lui paraître bien petite au pied de ce perron digne d’un temple égyptien! Il lève, en priant, les bras au ciel. Tous baissent la tête comme anéantis devant la majesté sacerdotale en communion avec la Majesté Éternelle.

Puis, voilà. Un signe à Marie. Et elle se sépare de son père et de sa mère et elle monte, comme fascinée elle gravit les marches La description de Maria Valtorta est comme un écho remarquable de ce texte du 7e/8e siècle de St Jean Damascène: "Marie gravit en courant les quinze marches sans se retourner pour regarder en arrière et sans regarder ses parents comme le font les petits enfants. Et cela frappa d'étonnement toute l'assistance, au point que les prêtres du Temple eux-mêmes étaient dans l'admiration" . Elle sourit. Elle sourit à l’ombre du Temple là où descend le Voile précieux… Elle est au haut du perron aux pieds du Souverain Prêtre qui lui pose les mains sur la tête. La victime est agréée. Quelle hostie plus pure avait jamais vu le Temple?

Puis, il se retourne et lui mettant la main sur l’épaule comme pour la conduire à l’autel, elle, l’Agnelle sans tache, il la mène vers la porte du Temple. Avant de la faire entrer, il lui demande:

“Marie de David, est-ce ton vœu?”

Un “oui” argentin lui répond.

Il s’écrie:

“Entre, alors, marche en ma présence et sois parfaite.”

Et Marie entre, et l’ombre l’engloutit, puis le groupe des vierges et des maîtresses, suivi de celui des lévites, la dérobe toujours plus, la sépare…

Elle n’y est plus… Maintenant, avec un son harmonieux, la porte roule sur ses gonds. Une ouverture, de plus en plus étroite laisse voir le cortège qui se dirige vers le Saint. Maintenant, ce n’est plus qu’une fente, puis plus rien, c’est la clôture.

Au dernier accord des gonds sonores répond un sanglot des deux vieillards et un cri unique:

“Marie! Fille!”

Puis deux gémissements qui s’entrecroisent:

“Anne!”, “Joachim!” et ils concluent:

“Rendons gloire au Seigneur qui la reçoit dans sa Maison et la conduit sur sa route.”