“Cette fille est donc consacrée au Seigneur? Sa bénédiction l’accompagnera et vous pareillement, Voici (une autre) Anne qui arrive. Ce sera une de ses maîtresses: Anne de Phanouel de la tribu d’Azer. Viens, femme, cet enfant on l’offre au Temple, tu seras sa maîtresse et sous ta garde elle croîtra en sainteté. Comme une hostie de louange.”
Anne de Phanouel, déjà toute blanche, caresse l’enfant qui s’est éveillée et regarde de ses yeux innocents et étonnés toute cette blancheur, tout cet or qui brille au soleil.
La cérémonie doit être achevée. Je n’ai pas vu de rite spécial pour l’offrande de Marie. Peut-être suffisait-il de le dire au prêtre et surtout à Dieu, auprès du lieu sacré.
6.5 – “Je voudrais faire l’offrande au Temple et me rendre là où j’ai vu la lumière l’an dernier” dit Anne.
Ils y vont, accompagnés d’Anne de Phanouel. Ils n’entrent pas dans le Temple proprement dit. On le comprend, il s’agit de femmes et d’une fille. Ils ne vont donc pas à l’endroit où Marie alla offrir son Fils. Mais, tout près de la porte grande-ouverte, ils regardent l’intérieur semi-obscur d’où arrivent de doux chants de jeunes filles, et où brillent des lumières précieuses qui répandent une clarté dorée sur la tête des deux rangées voilées de blanc: deux vraies rangées de lys.
“Dans trois ans, tu seras là aussi, mon Lys” promet Anne à Marie qui regarde comme fascinée vers l’intérieur et sourit au lent cantique.
“Elle semble comprendre, dit Anne de Phanouel. C’est une belle petite. Elle me sera chère comme si elle était à moi. Je t’en fais la promesse, mère, si l’âge me permet de la réaliser.”
“Tu seras là, femme, dit Zacharie, Tu la recevras parmi les jeunes filles consacrées. Moi aussi, j’y serai. Je veux y être ce jour-là pour lui dire de prier pour nous dès son entrée…”
Il regarde sa femme qui comprend et pousse un soupir.
La cérémonie est terminée et Anne de Phanouel se retire, pendant que les autres sortent du Temple, parlant entre eux.
J’entends Joachim qui dit:
“Pas seulement mes deux meilleurs agneaux, mais je les aurais tous donnés pour cette joie et pour louer Dieu!”
Je ne vois rien d’autre.
Travaux de Jean-François Lavère/Jean Aulagnier.6.6 – Jésus parle:
“Salomon fait dire à la Sagesse: “Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi” Proverbes 9, 4. . Et réellement de sa forteresse, des murs de sa cité, l’Éternelle Sagesse disait à l’Éternelle Enfant: “Viens à Moi”. Il brûlait de la posséder. Plus tard, le Fils de la Toute Pure Enfant dira Dira : en EMV 378.8. : “Laissez venir à Moi les petits enfants car le Royaume des Cieux est à eux et qui ne leur devient semblable n’aura pas de place en mon Royaume”.
Les voix se rencontrent, et pendant que la voix du Ciel crie à la toute petite Marie: “Viens à moi”, la voix de l’Homme dit, et pense à sa Mère en disant: “Venez à Moi si vous savez être de tout petits enfants”.
Le modèle, je vous le donne en ma Mère.
Voici la parfaite Enfant, au cœur de colombe, simple et pur. Celle que les années et le contact du monde n’ont pas atteinte par la barbarie de leur corruption, de leurs voies tortueuses, et mensongères. Marie a repoussé ce contact. Venez vers Moi en la regardant.
6.7 – Toi qui la vois, dis-moi: son regard d’enfant est-il bien différent de celui que tu lui as vu au pied de la Croix ou dans la jubilation de la Pentecôte ou à l’heure où ses paupières ont voilé ses yeux de gazelle pour le dernier sommeil? Non. Ici c’est le regard incertain et étonné de l’enfant, puis ce sera le regard étonné et respectueux de l’Annonciation, et puis le bienheureux de la Mère de Bethléem, et puis le regard d’adoration de ma première sublime Disciple, puis le regard déchirant de la Torturée du Golgotha, puis le regard radieux de la Résurrection et de la Pentecôte, puis celui voilé, du sommeil extatique de la dernière vision. Mais aussi soit qu’il s’ouvre pour la première vision que lorsqu’il se ferme épuisé sur la dernière. lumière, après la vision de tant de joies et d’horreurs, l’œil est serein, pur, tranquille pan de ciel qui resplendit, toujours égal, sous le front de Marie. Colère, mensonge, orgueil, impureté, haine, curiosité, ne l’ont jamais souillé de leurs nuages fumeux.
C’est l’œil qui regarde Dieu avec amour, au milieu des pleurs ou des rires, et qui pour l’amour de Dieu caresse et pardonne, et supporte tout, et l’amour envers son Dieu le rend invulnérable aux assauts du Mal, qui tant de fois a utilisé l’œil pour pénétrer dans le cœur. L’œil pur, paisible, bienveillant que possèdent les purs, les saints, ceux qui sont enamourés de Dieu.
Je l’ai dit Je l'ai dit : en Matthieu 6, 22-23 (EMV 174.9) et en Luc 11, 34-35 (EMV 413.7). : “La lumière de ton corps, c’est l’œil. Si l’œil est pur, tout ton corps sera dans la lumière, mais si l’œil est trouble, toute ta personne sera dans les ténèbres”. Les saints ont eu cet œil qui est lumière pour l’esprit et salut pour la chair parce que, comme Marie, pendant toute leur vie ils n’ont regardé que Dieu et même plus encore: ils se sont souvenus de Dieu.
Je t’expliquerai, petite voix, le sens de cette dernière parole que je t’ai dite.”