«Des baisers, ce sont des baisers que je te donne, belle Anne, bonne Anne, maman Anne!…»

Lorsqu’Anne s’entend appeler “Maman Anne”, elle pousse un vrai cri de tendresse et de joie et serre l’enfant sur son cœur en s’exclamant:

«Quelle joie! Mon chéri! Mon chéri! Mon chéri!»

À chaque “mon chéri”, un baiser descend sur les joues roses. Ils se dirigent ensuite vers une étagère et sortent des galettes de miel d’un plat.

«Je les ai faites pour toi, beauté de la pauvre Anne, pour toi qui m’aimes bien. Mais, dis-moi, tu m’aimes comment?»

Alors l’enfant, pensant à ce qui l’a le plus impressionné, répond:

«Comme le Temple du Seigneur.»

Anne embrasse encore ses yeux pétillants de vie, ses lèvres roses, et l’enfant se frotte contre elle comme un petit chat.

Sa mère va et vient avec le broc plein, et rit sans rien dire. Elle les laisse à leurs épanchements.

2.3 - Un homme âgé arrive du jardin. Un peu plus petit qu’Anne, il a la tête couverte d’une épaisse chevelure toute blanche. Son visage clair est encadré par une barbe taillée au carré. Ses yeux bleu turquoise brillent entre des cils châtain clair, presque blonds. Son vêtement est marron foncé.

Anne ne le voit pas, parce qu’elle tourne le dos à l’entrée. Il arrive derrière elle en disant:

«Et il n’y a rien pour moi?»

Anne se retourne et s’exclame:

«Joachim! Tu as terminé ton travail?»

En même temps, le petit Alphée se précipite contre ses genoux en s’écriant:

«Pour toi aussi, pour toi aussi!»

Et quand le vieillard s’incline pour l’embrasser, l’enfant lui passe les bras autour du cou, lui caresse la barbe de ses petites mains et le couvre de baisers.

Joachim a lui aussi son cadeau: il lève la main gauche, qu’il tenait derrière son dos, et lui offre une pomme L'œuvre évoque plusieurs fois les raisins (comme ci-dessus) et les pommes de la maison de Nazareth. Voir, par exemple, EMV 14.1. La maturité de ces fruits et la proximité de la fête évoquent la mi-septembre si belle qu’on la croirait en céramique.

«Attends que je te la coupe en quartiers, dit-il à l’enfant qui tend une main avide. Tu ne peux pas la manger comme ça: elle est plus grosse que toi!»

Avec un grand couteau qu’il porte à la ceinture, un couteau de jardinier, il la coupe en tranches et en bouchées. Il semble donner la becquée à un oiseau au nid tant il met de soin à présenter les morceaux à la petite bouche ouverte, qui ne cesse d’avaler.

«Regarde donc ces yeux, Joachim! Ne dirait-on pas deux petits fragments de la mer de Galilée En hébreu le mot jam (mer) désignait toute étendue d'eau, de même que le mot grec thalassa. Dans l'œuvre, les personnages évoquent plutôt "la mer de Galilée" quand Maria Valtorta décrit souvent le lac de Tibériade ou le lac de Génésareth. Cf. Marie en EMV 22.9; Jésus en EMV 171.1 ; EMV 185.5 ; EMV 292.1 ; Pierre en EMV 183.3 ; EMV 219.1, etc. Les indices d'authenticité de la vision se placent parfois dans des éléments vraiment anodins. quand le vent du soir étend un voile de nuages sur le ciel?»

Anne parle en gardant une main appuyée sur l’épaule de son mari et en s’appuyant légèrement contre lui, en un geste qui révèle son profond amour d’épouse, un amour intact après tant d’années de mariage.

Joachim la regarde avec amour et approuve:

«Très beaux! Et ses petites boucles? N’ont-ils pas la couleur des blés mûrs? Regarde, à l’intérieur, ce mélange d’or et de cuivre…

2.4 – Ah, si nous avions eu un enfant, je l’aurais voulu comme cela, avec ces yeux et ces cheveux…»