Jésus me dit également ces paroles sur le rôle de certaines âmes dans le monde. Je le fais, même si, faible et tourmentée comme je le suis, j’ai la tête qui tourne comme une girouette.
«As-tu compris, maintenant, le but des couvents de clôture? Leur raison d’être?
Tous n’ont pas le temps de prier, pris comme ils le sont dans la vie active. Il est vrai qu’une activité honnête est déjà prière, et il s’ensuit que ceux qui prient tout en travaillant sont justifiés. Mais les besoins de l’homme sont grands et il y a bien des gens qui ne prient pas du tout. Les claustrés prient pour tous ceux qui ne veulent ou ne peuvent prier de manière à obtenir un jour ce nombre d’actes de dévotion que la Divinité requiert (pensez que, au ciel, le “Gloire à Dieu” ne s’arrête pas). Ils prient Dieu pour l’honorer, ils le prient pour l’apaiser, ils le prient pour l’implorer. Ils sont les bras ouverts sur ceux qui combattent, et demandent pour tous.
Dans ta maison, tu es la petite claustrée qui prie pour tous. Mais ta charité doit être aussi vaste que le monde. Plus encore: aussi vaste que toute la création, et envahir même le ciel. Mieux, commencer par lui.
Prier pour louer Dieu et réparer les blasphèmes commis par tellement de gens.
Prier pour ceux qui ne prient pas.
Prier pour l’Église.
Prier pour le sacerdoce, car sans lui, s’il ne revient pas à la splendeur du martyr Laurent, vous devenez de plus en plus idolâtres.
Prier pour la société humaine, afin qu’elle vienne à Dieu si elle veut être sauvée.
Prier pour la patrie, afin qu’elle obtienne paix et bien.
Prier pour ceux qui souffrent, qui ont faim ou sont sans toit.
Prier pour ceux qui doutent et sentent le désespoir s’emparer d’eux.
Prier, prier, prier.
En dernier lieu, prier pour toi.
N’ayez pas peur. Même si, vous qui priez pour tous, ne priiez pas pour vous, moi je prie le Père pour vous. Soyez tranquilles.
Les âmes qui prient à travers le monde, celles qui savent faire de leur infirmité non pas une oisiveté forcée mais une activité sainte, celles-là sont les petites âmes cloîtrées que je sème comme des fleurs dans le monde pour aider les grandes clôtures et, par cette somme de prières inlassables, apaiser le Père et réconforter l’humanité.»
Je vous dirai, mon Père, que j’ai été tout émue de la bonté de Dieu par laquelle votre lettre m’est arrivée. C’est Jésus qui vous l’a inspirée. Je désirais tant appartenir au tiers-ordre de Notre-Dame des Douleurs! Si je n’avais été une fervente de saint François d’Assise depuis ma jeunesse, et si je n’avais pas connu beaucoup d’expériences pénibles avec des prêtres servites de Marie lorsque j’ai décidé, en 1926, d’entrer dans un tiers-ordre, je me serais tournée vers celui de Notre-Dame des Douleurs ou vers celui du Carmel. Je voulais en effet appartenir à Marie même quand… j’étais une bourrique, comme dit Jésus Voir les dictées des 4 et 24 juin, dans "Les cahiers de 1943" ainsi que le dernier paragraphe de la dictée du 15 mars 1944. . Je l’aimais mal puisque je la connaissais peu mais, instinctivement, j’allais vers elle.
Maintenant, depuis que l’ai vu souffrir, je l’aime comme j’aime son Fils: “de toutes mes forces”, et mon désir d’appartenir à Notre-Dame des Douleurs Les Servites de Marie sont consacrés à la Vierge des sept douleurs (Maria Addolorata). était devenu plus intense. Je me taisais, mais j’avais l’épine du désir en travers de la gorge.
Merci à Jésus et à sa Mère qui vous l’ont dit, et merci à vous d’avoir compris. C’est maintenant inutile. Depuis l’an dernier, je vous ai dit que Notre-Dame des Douleurs a toujours agi avec puissance à mon égard. Elle a voulu que je sois dirigée spirituellement par l’un de ses fils Le P. Romualdo M. Migliorini, de l'ordre des servites de Marie, directeur spirituel de l'écrivain de 1942 à 1946. , elle a voulu pour son autel un travail effectué pour d’autres autels Il s'agissait d'un ouvrage en dentelle effectué par l'écrivain pour la nappe d'un autel. , elle veut maintenant que je meure sous son habit De tertiaire de l'ordre des servites de Marie. . Eh bien! Espérons qu’elle voudra de la part de son Fils ce que je demande pour tous (la paix) et ce que je demande pour moi: le salut de ma pauvre âme. Ainsi, elle aura, elle aussi, sa Fernanda Lorenzoni Fernanda Paola Lorenzoni, tertiaire de Notre-Dame des Douleurs (= Servites de Marie) (1906-1930). Elle est de nouveau évoquée dans la dictée du 16 février 1946. Le Père Roschini a écrit un ouvrage sur elle bien avant de connaître Maria Valtorta. Morte jeune, il semble qu'elle ait eut une vie d'âme victime similaire à celle de Maria Valtorta. .
Mais en voilà assez maintenant, sinon je vais m’évanouir.